LE JOUR DE SAINTE FRANÇOISE
L'hiver a fui ^ douce verdure Va bientôt embellir nos champs , Et cet espoir de la nature Semble aussi ranimer mes chants.
Flore et sa première conquête A Françoise appartient toujours ; Le ciel dut placer votre fête Au premier signe des beaux jours.
Dans ce mois que le vieil Homère A surnommé le bienfaisant, L'amante du dieu delà guerre Fit au monde un bien doux présent ; C'est en mars , nous dit le poète , Que l'aveugle enfant vit le jour ; Le ciel dut placer votre fête Dans le mois où naquit l'Amour.
ly'^ POESIES LEGERES.
A M™« STÉPHAINIE LE C...
Vous crierez à la calomnie ; N'importe, vous le méritez; Pour votre fête , Stéphanie , Je vous dirai vos vérités :
Ici chacun sans être habile Peut vous louer à tout propos ; Je prends la tâche difficile, Je vais parler de vos défauts.
La nature avec complaisance
Sur vous épuisa ses bienfaits;
Je ne nierai pas l'évidence ,
Je conviens de tous vos attraits :
Mais que d'autres vantent vos charmes ,
Je ne flatte pas les tyrans :
Je tremble quand je vois des armes
Entre les mains des conquérants.
Que dire d'une humeur mobile
Qui nous charme de cent façons ?
De cet esprit vif et facile
Qui prend à-la-fois tous les tons ?
Par une constance nouvelle
Qu'on doit blâmer eu l'imitant,
Afin de vous rester fidèle ,
Il faut changera chaque instant.
En vous croyez-vous que je prise
Cette aimable simplicité?
Ce cœur si noble qui méprise
Les hochets de la vanité ?
Pour ces biens où chacun aspire
Je puis expliquer vos froideurs :
Lorsque l'on possède un empire
On peut dédaigner les grandeurs. ^