‹ Poésies légèresChapitre 65 sur 132 · LE JOUR DE SAINTE FRANÇOISE · texte numérisé non relu

LE JOUR DE SAINTE FRANÇOISE

L'hiver a fui ^ douce verdure Va bientôt embellir nos champs , Et cet espoir de la nature Semble aussi ranimer mes chants.

Flore et sa première conquête A Françoise appartient toujours ; Le ciel dut placer votre fête Au premier signe des beaux jours.

Dans ce mois que le vieil Homère A surnommé le bienfaisant, L'amante du dieu delà guerre Fit au monde un bien doux présent ; C'est en mars , nous dit le poète , Que l'aveugle enfant vit le jour ; Le ciel dut placer votre fête Dans le mois où naquit l'Amour.

ly'^ POESIES LEGERES.

A M™« STÉPHAINIE LE C...

Vous crierez à la calomnie ; N'importe, vous le méritez; Pour votre fête , Stéphanie , Je vous dirai vos vérités :

Ici chacun sans être habile Peut vous louer à tout propos ; Je prends la tâche difficile, Je vais parler de vos défauts.

La nature avec complaisance

Sur vous épuisa ses bienfaits;

Je ne nierai pas l'évidence ,

Je conviens de tous vos attraits :

Mais que d'autres vantent vos charmes ,

Je ne flatte pas les tyrans :

Je tremble quand je vois des armes

Entre les mains des conquérants.

Que dire d'une humeur mobile

Qui nous charme de cent façons ?

De cet esprit vif et facile

Qui prend à-la-fois tous les tons ?

Par une constance nouvelle

Qu'on doit blâmer eu l'imitant,

Afin de vous rester fidèle ,

Il faut changera chaque instant.

En vous croyez-vous que je prise

Cette aimable simplicité?

Ce cœur si noble qui méprise

Les hochets de la vanité ?

Pour ces biens où chacun aspire

Je puis expliquer vos froideurs :

Lorsque l'on possède un empire

On peut dédaigner les grandeurs. ^

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