‹ Poésies légèresChapitre 75 sur 132 · AGAR DANS LE DÉSERT · texte numérisé non relu

AGAR DANS LE DÉSERT

( Agar , égarée avec son fils Ismael au milieu d'un désert, s'est arrêtée près d'' une roche aride ^ au pied de laquelle Ismael est endormi. )

AGAR

Solitude immense et profonde !....

Partout le silence et l'effroi !....

Plus d'espoir.... je suis seule au monde : Que dis-je ! hélas ! mon fils est avec moi.

Mon fils ! ô douleur accablante !....

Le sommeil un moment a suspendu ses maux ;

Mais bientôt Tine soif brûlante, Et des vents du désert l'haleine dévorante

Vont l'arracher à ce fatal repos.

{Elle s^approche de lui, et le regarde avec attendrissement.) Que SQs traits sont changés ! qu'il respire avec peine !

Couché sur une ardente arène

Qu'embrasent les feux du midi , A^ainement de mon corps je lui prête l'abri.

AIR

Seul témoin des maux que j'endure , Dieu de clémence et de bonté, Mon cœur supporte sans murmure Le malheur que j'ai mérité :

Punis ma coupable imprudence j Sous la main de ta providence Je courbe un front religieux ; Mais de mon fils soutiens l'enfance, Et que les jours de Pinnocencc Trouvent grâce devant les ycut.

l88 POÉSIES LÉGÈRES.

iSMAEL , se réveillant.

Ma mère

AGAR

Il s'éveille !

ISMAEL

J'expire Si tu n'éteins le feu qui brûle dans mon flanc ; Une goutte d'eau peut suffire.

AGAR

Je la paierais de tout mon sang.

Hélas! mon cher enfant, de cette terre aride J'ai, durant ton sommeil, sondé la profondeur;

En vain mon œil avide D'une plante , d'un fruit , ou d'une feuille humide , Chercha sur ce rocher le secours bienfaiteur.

Dt'O.

Chw Ismaèl , le ciel nous abandonne.

ISMAEL

Je l'avais tant prié pour toi.

AGAR

Tu pâlis!.... la mort t'environne?....

ISMAEL

Ma mère, approchez- vous de moi:

Donnez-moi votre main , que je la baise encore.

AGAR

Dieu ! la tienne est glacée ! ô mon ûLs , mon cher fila !.

ISMAEL

Je me meurs ! ô vous que j'adore , Bénissez Ismaèl , et ses vœux sont remplis.

ENSEMBLE

Hélas ! sur ma faible paupière S'étend le voile du trépas; Heureux , à mon heure dernière , D'entrevoir, d'embrassermamère, Et de mourir entre ses bras.

Déjà sur ta faible paupière S'étend le voile du trépas; Témoin de ton heure dernière , Du moins ta malheureuse mère, Mon fils, ne te survivra pas.

ÂGÀB.

AIR

Il succombe ! moment terrible \....

Ismaël ?.... Il ne m^entend plus !....

Pour ranimer ce cœur désormais insensible, Mes baisers , mes soupirs , mes pleurs sont superflus. Jouis de ton ouvrage , Implacable Sara 1 Va , les maux qui sont mon partage , Ton cœur un jour les connaîtra. La douleur a brisé mon ame ; Dieu clément , prends pitié de mes tourments affreux , Et dans la mort qu'elle réclame Rejoins Agar à son fils malheureux.

( Elle tombe auprès d'Ismael. ) ( Une symphonie douce annonce Vajpparilion de Vange. )

l'akge.

Agar !

AGAR

Quelle voix m'appelle?

l'akge.

Levez-vous , essuyez vos pleurs ; De Dieu la bonté paternelle En ce jour finit vos malheurs.

AGAR

Il nie rend donc mon fils ?

t'AHGE , frappant le rocher de su palme , en fait sortir une

source.

Sur sa lèvre altérée

igO POÉSIES LÉGÈRES.

Faites couler cette eau qui jaillit à ma voix,

AGAR

Il se rauime!.... O clémence adorée!....

ISMAEL

Je renais.

AGAR

Ismaèl! mon fils, je te revois !

ishael.

Je retrouve ma mère !.... 0 divine assistance î....

AGAPv.

Elle te presse sur son cœur !....

Ministre saint d'un Dieu consolateur , De quel prix acquitter les biens qu'il nous dispense ?.

l'a>'Ge , en prenant son vol vers le ciel.

Louez , adorez le Seigneur , Il punit avec indulgence , Et sans mesure il récompense :

Dans la joie ou dans la douleur, Toujours soumis à sa puissance , Louez, adorez le Seigneur.

EySEMBLE.

Louez , adorez | , ^ .

T j > le bei5ueur :

Louons , adorons i

Il punit avec indulgence ,

Et sans mesure il récompense :

Dans la joie ou dans la douleur ,

Toujours soumis à sa puissance,

Louez, adorez ^ i o •

' , } le Seigneur.

Louons, adorons ) °

POESIES LEGERES. IQl

LES DERNIERS MOiAIENTS DU TASSE.

Page 1