AGAR DANS LE DÉSERT
( Agar , égarée avec son fils Ismael au milieu d'un désert, s'est arrêtée près d'' une roche aride ^ au pied de laquelle Ismael est endormi. )
AGAR
Solitude immense et profonde !....
Partout le silence et l'effroi !....
Plus d'espoir.... je suis seule au monde : Que dis-je ! hélas ! mon fils est avec moi.
Mon fils ! ô douleur accablante !....
Le sommeil un moment a suspendu ses maux ;
Mais bientôt Tine soif brûlante, Et des vents du désert l'haleine dévorante
Vont l'arracher à ce fatal repos.
{Elle s^approche de lui, et le regarde avec attendrissement.) Que SQs traits sont changés ! qu'il respire avec peine !
Couché sur une ardente arène
Qu'embrasent les feux du midi , A^ainement de mon corps je lui prête l'abri.
AIR
Seul témoin des maux que j'endure , Dieu de clémence et de bonté, Mon cœur supporte sans murmure Le malheur que j'ai mérité :
Punis ma coupable imprudence j Sous la main de ta providence Je courbe un front religieux ; Mais de mon fils soutiens l'enfance, Et que les jours de Pinnocencc Trouvent grâce devant les ycut.
l88 POÉSIES LÉGÈRES.
iSMAEL , se réveillant.
Ma mère
AGAR
Il s'éveille !
ISMAEL
J'expire Si tu n'éteins le feu qui brûle dans mon flanc ; Une goutte d'eau peut suffire.
AGAR
Je la paierais de tout mon sang.
Hélas! mon cher enfant, de cette terre aride J'ai, durant ton sommeil, sondé la profondeur;
En vain mon œil avide D'une plante , d'un fruit , ou d'une feuille humide , Chercha sur ce rocher le secours bienfaiteur.
Dt'O.
Chw Ismaèl , le ciel nous abandonne.
ISMAEL
Je l'avais tant prié pour toi.
AGAR
Tu pâlis!.... la mort t'environne?....
ISMAEL
Ma mère, approchez- vous de moi:
Donnez-moi votre main , que je la baise encore.
AGAR
Dieu ! la tienne est glacée ! ô mon ûLs , mon cher fila !.
ISMAEL
Je me meurs ! ô vous que j'adore , Bénissez Ismaèl , et ses vœux sont remplis.
ENSEMBLE
Hélas ! sur ma faible paupière S'étend le voile du trépas; Heureux , à mon heure dernière , D'entrevoir, d'embrassermamère, Et de mourir entre ses bras.
Déjà sur ta faible paupière S'étend le voile du trépas; Témoin de ton heure dernière , Du moins ta malheureuse mère, Mon fils, ne te survivra pas.
ÂGÀB.
AIR
Il succombe ! moment terrible \....
Ismaël ?.... Il ne m^entend plus !....
Pour ranimer ce cœur désormais insensible, Mes baisers , mes soupirs , mes pleurs sont superflus. Jouis de ton ouvrage , Implacable Sara 1 Va , les maux qui sont mon partage , Ton cœur un jour les connaîtra. La douleur a brisé mon ame ; Dieu clément , prends pitié de mes tourments affreux , Et dans la mort qu'elle réclame Rejoins Agar à son fils malheureux.
( Elle tombe auprès d'Ismael. ) ( Une symphonie douce annonce Vajpparilion de Vange. )
l'akge.
Agar !
AGAR
Quelle voix m'appelle?
l'akge.
Levez-vous , essuyez vos pleurs ; De Dieu la bonté paternelle En ce jour finit vos malheurs.
AGAR
Il nie rend donc mon fils ?
t'AHGE , frappant le rocher de su palme , en fait sortir une
source.
Sur sa lèvre altérée
igO POÉSIES LÉGÈRES.
Faites couler cette eau qui jaillit à ma voix,
AGAR
Il se rauime!.... O clémence adorée!....
ISMAEL
Je renais.
AGAR
Ismaèl! mon fils, je te revois !
ishael.
Je retrouve ma mère !.... 0 divine assistance î....
AGAPv.
Elle te presse sur son cœur !....
Ministre saint d'un Dieu consolateur , De quel prix acquitter les biens qu'il nous dispense ?.
l'a>'Ge , en prenant son vol vers le ciel.
Louez , adorez le Seigneur , Il punit avec indulgence , Et sans mesure il récompense :
Dans la joie ou dans la douleur, Toujours soumis à sa puissance , Louez, adorez le Seigneur.
EySEMBLE.
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Il punit avec indulgence ,
Et sans mesure il récompense :
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POESIES LEGERES. IQl
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