‹ Poésies légèresChapitre 98 sur 132 · LE VASE DE SORBET · texte numérisé non relu

LE VASE DE SORBET

APOLOGUE ORIEKTAL.

Au temps du conquérant Thamas, L'Indoustan était le partage D'un prince faible et sans courage; On le nommait Muhamet-Shas.

Au fond de son harem , dans un repos funeste , Il s'abandonnait au plaisir,

Et, tout occupé de jouir, Il s'en remettait pour le reste Aux soins de son visir.

Eveille -toi , sultan , et songe à ta défense.

Il n'était bruit dans ce temps à Delhy

Que de la profonde science D'un vieux dervis appelé Soudhaly.

La réputation d'un sage

Pénétra jusques à la cour ,

Et l'empereur se fit un jour

Amener le saint personnage.

Dans l'asile des voluptés

On introduit le philosophe.

Des femmes , aux désirs par leur vue excités , Sur des coussins de la plus riche étoffe , De leurs jeunes appas prodiguaient les beautés ; L'Amour s'abandonnait aux caresses des Grâces ,

Et dans ce séjour enchanteur

Le Luxe à grands frais , sur ses traces ,

Traînait le cortège imposteur

Des besoins dont il est l'auteur.

Le dervis à peine remarque Tout cet appareil fastueux , Et , d'un air à-la-fois libre et respectueux , Il s'avance vers le monarque.

Sa majesté reposait mollement

Entre les bras de ses maîtresses , Et savourait avec enivrement

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