CHANT QUATRIEME
LES GOMPAGHES
JLie jour le plus brillant succède k la nuit sombre ,
De l'aurore déjà s'écbappent les vapeurs ;
La vierge de la veiUe a perdu ses terreurs ,
Et son esprit se livre à des pensers sans nombre.
Elle parait craintive et souffrir en son cœur ,
Mais son trouble lui-même est l'effet dn bonheur*
Observons dès le seuil la couche nuptiale.
De l'ëpouse admirons la jeunesse et l'ëclat : Le trouble est dans ses yeux , sur ses traits l'incarnat : La pompe de son lit est riche et triomphale.
De l'hymen satisfait l'ëtendard 'rougissant , D'une double victoire est l'assure garant.
De ce nouveau logis admirons le parterre , L'amandier , le lilas , sur les vitraux ouverts Présentent leurs bouquets , qu'agite dans les airs , Des tourtereaux plaintifs la troupe aventurière. Des bords de l'horizon le soleil radieux »
A travers les jrameaux darde ses premiers feux.
3o» P0ÉSIE5;.
Ici l'on voit unis lefs aru et la nature ; Ce parquet reluisant et ce mur festonne ^ Et ce lit exliaussé de roses couronne , Brillent d'une ëlégance aussi riche que pure» Les fleurs , la soie , et Por , sur ces lambris nouveaux , Se forment en couroone ou tressent leurs rameaux.
De l?^K«8e ëooatons la chanson nuitinalel Des vierges elle était le plus bel ornement » Elle paratt plu» belle eaoMw en: ce moment , Sa touchante bemté sendEile encor virginale.
De l'amour triom|^ant les feux et les secret». Ont augmenté l'échut de ses jeunes attraits.
l'epoctse
Oui , ma couche est de fleurs et de pv&ens chargée ^ Cependant à mes feux ont succédé mes pleurs ; Les regrets ont suivi mes naïves terreut*s , Je pleure en me voyant si promptement changée 1 O printems » dont j'aimais l'éclat piu: et ai doux , La vierge de la veille est indigne de vous.
Naguère^je voyais* îna robe vii^nsKe, Biîllante d'innocence, et paré de s^J^endeôr $ Et chacpiê: lendemain sa délicate fleur S'embellissait eilcore à l'aube matinale.
Aujourd'hui cesttrésôirs sont à jamais perdus; - La nuit me les ràvit , et ne les rêndnt ph»..
LitRË m. iog
Mes oKoipagned y ma mère , aunii»*)e dû Tauendre ? Au débile moBrant le cîel rend la Htntë ; La fortune revient » le printems , la beauté ; Mais ce que f ai perdu rien ne peut me le rendre I La pureté constante est seule au Tout*poisslNiC y Le trop faible moitel ne l'obtient fja'm imiant.
LÀ MÈRE
Eh bien I il est passé ce moment de tourmente « ïon esprit éclairé doit ignorer l'effroi ; D'où vient ton embarras ? regarde autour de Un , Dis ; vois-tu quelqu'objet d'horreur ou d'épouvanté ? L'homme que tu craignais , ce supeibe vainqueur , T'inspire-t-il encoi^ une injuste frayeur ?
L'BPOUiB
Non ; î'aime le mortel qui fit couler mes laiinés ; Il cherche ailleurs pour moi tous les présens d'amour , Il veut orner encore un splendide séjoin' , Dont lui seul à mes yeux assemble tous les charmes. Sa présence est le jour dont la vive lomit.
Donne seule aux objets leur fonne et leur couleur.
Ma mère , assurez-vôiis » ;votre fiUé est heureuse ; Elle aime en son époux et le maître et l'amant ; S'il est par fois terrible il est compatissant ; Ses soins ont adouci ma plainte douleureuse.
11 excuse mes pleurs , je souffre mon destin ; Mais qu'ils sont singuliers les secrets de l'hymen I
3io POÉSIES.
En voyant son ardeur et son regard terrible # Ma mère » je craignais d'approcher de ses bras ; Mais il sut ménager jusqu'à mon embarras »
Et l'amour le plus vif me l'a rendu sensible. J'ai dormi, sur son sein où m'a trouve le jour : Ma mère , qu'il est doux le cfaevet de l'amour t
Eb quoi 1 n'est-il donc pas de bonheur sans mâange ? Il nous faut acheter le plus simple plaisir ; Au moment le plus doux \e me scntai» mourir r L'amour pur satisfait , lui-même est bien étrange I On excuse mes pleurs » je souffre mon destin*, Hais qu'ils sont singidrers les secrets de l'bjrmen I
Je ressens moins d'effroi que je n'ai de tendresse p Et désire ardemment le maitre de mon eœurr Lui seul sait adoucir ma constante douleur.
Ma blessure a besoin de sa seule caresse.
Il viendra daps mcRS brafi .aussit At son retour } Ma mère » qu'il e$t doux le ^<vet de l'amour I
LES COMPAGNES
Trion^he sur ta couche » épouse encor nouvelle » Et brille d'un éclat céleste et radieux ; Tel parait k l'instant le soleil à nos yeux : O rose , à son retpur tu nous parais plus belle t Sa clarté jusqu'à toi sait envain parvenir ; Elle ajoute à u>n lustre ^ et ne peut le ternir^