‹ PoésiesChapitre 104 sur 107 · CHANT QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHANT QUATRIEME

LES GOMPAGHES

JLie jour le plus brillant succède k la nuit sombre ,

De l'aurore déjà s'écbappent les vapeurs ;

La vierge de la veiUe a perdu ses terreurs ,

Et son esprit se livre à des pensers sans nombre.

Elle parait craintive et souffrir en son cœur ,

Mais son trouble lui-même est l'effet dn bonheur*

Observons dès le seuil la couche nuptiale.

De l'ëpouse admirons la jeunesse et l'ëclat : Le trouble est dans ses yeux , sur ses traits l'incarnat : La pompe de son lit est riche et triomphale.

De l'hymen satisfait l'ëtendard 'rougissant , D'une double victoire est l'assure garant.

De ce nouveau logis admirons le parterre , L'amandier , le lilas , sur les vitraux ouverts Présentent leurs bouquets , qu'agite dans les airs , Des tourtereaux plaintifs la troupe aventurière. Des bords de l'horizon le soleil radieux »

A travers les jrameaux darde ses premiers feux.

3o» P0ÉSIE5;.

Ici l'on voit unis lefs aru et la nature ; Ce parquet reluisant et ce mur festonne ^ Et ce lit exliaussé de roses couronne , Brillent d'une ëlégance aussi riche que pure» Les fleurs , la soie , et Por , sur ces lambris nouveaux , Se forment en couroone ou tressent leurs rameaux.

De l?^K«8e ëooatons la chanson nuitinalel Des vierges elle était le plus bel ornement » Elle paratt plu» belle eaoMw en: ce moment , Sa touchante bemté sendEile encor virginale.

De l'amour triom|^ant les feux et les secret». Ont augmenté l'échut de ses jeunes attraits.

l'epoctse

Oui , ma couche est de fleurs et de pv&ens chargée ^ Cependant à mes feux ont succédé mes pleurs ; Les regrets ont suivi mes naïves terreut*s , Je pleure en me voyant si promptement changée 1 O printems » dont j'aimais l'éclat piu: et ai doux , La vierge de la veille est indigne de vous.

Naguère^je voyais* îna robe vii^nsKe, Biîllante d'innocence, et paré de s^J^endeôr $ Et chacpiê: lendemain sa délicate fleur S'embellissait eilcore à l'aube matinale.

Aujourd'hui cesttrésôirs sont à jamais perdus; - La nuit me les ràvit , et ne les rêndnt ph»..

LitRË m. iog

Mes oKoipagned y ma mère , aunii»*)e dû Tauendre ? Au débile moBrant le cîel rend la Htntë ; La fortune revient » le printems , la beauté ; Mais ce que f ai perdu rien ne peut me le rendre I La pureté constante est seule au Tout*poisslNiC y Le trop faible moitel ne l'obtient fja'm imiant.

LÀ MÈRE

Eh bien I il est passé ce moment de tourmente « ïon esprit éclairé doit ignorer l'effroi ; D'où vient ton embarras ? regarde autour de Un , Dis ; vois-tu quelqu'objet d'horreur ou d'épouvanté ? L'homme que tu craignais , ce supeibe vainqueur , T'inspire-t-il encoi^ une injuste frayeur ?

L'BPOUiB

Non ; î'aime le mortel qui fit couler mes laiinés ; Il cherche ailleurs pour moi tous les présens d'amour , Il veut orner encore un splendide séjoin' , Dont lui seul à mes yeux assemble tous les charmes. Sa présence est le jour dont la vive lomit.

Donne seule aux objets leur fonne et leur couleur.

Ma mère , assurez-vôiis » ;votre fiUé est heureuse ; Elle aime en son époux et le maître et l'amant ; S'il est par fois terrible il est compatissant ; Ses soins ont adouci ma plainte douleureuse.

11 excuse mes pleurs , je souffre mon destin ; Mais qu'ils sont singuliers les secrets de l'hymen I

3io POÉSIES.

En voyant son ardeur et son regard terrible # Ma mère » je craignais d'approcher de ses bras ; Mais il sut ménager jusqu'à mon embarras »

Et l'amour le plus vif me l'a rendu sensible. J'ai dormi, sur son sein où m'a trouve le jour : Ma mère , qu'il est doux le cfaevet de l'amour t

Eb quoi 1 n'est-il donc pas de bonheur sans mâange ? Il nous faut acheter le plus simple plaisir ; Au moment le plus doux \e me scntai» mourir r L'amour pur satisfait , lui-même est bien étrange I On excuse mes pleurs » je souffre mon destin*, Hais qu'ils sont singidrers les secrets de l'bjrmen I

Je ressens moins d'effroi que je n'ai de tendresse p Et désire ardemment le maitre de mon eœurr Lui seul sait adoucir ma constante douleur.

Ma blessure a besoin de sa seule caresse.

Il viendra daps mcRS brafi .aussit At son retour } Ma mère » qu'il e$t doux le ^<vet de l'amour I

LES COMPAGNES

Trion^he sur ta couche » épouse encor nouvelle » Et brille d'un éclat céleste et radieux ; Tel parait k l'instant le soleil à nos yeux : O rose , à son retpur tu nous parais plus belle t Sa clarté jusqu'à toi sait envain parvenir ; Elle ajoute à u>n lustre ^ et ne peut le ternir^

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