‹ PoésiesChapitre 16 sur 107 · A ELISE · texte numérisé non relu

A ELISE

xltureux cdai qu'Elise % prëfôré { Qaî , chaque jour , peut la voir et Penleadre ; Est-il un sort au»i digne d'envie ?

Est-il au monde un mortel plus heureux ?

Pour lui le jour s'écoiile promptement »

.L'amour le guide , et l'amitië le siût ; L'un , sur la route amène les plaisirs L'autre ou prévient , ou chasse les malheurs I

Et quels malheurs pourraient donc l'affliger ? Tout lui sourit quand Elise a souri :

Le nœud si doux qui l'attache à la vie À ae$ regards embellit l'univers.

Fidèle ëpouse et digne du bonheur »

Elise a su le rëpandre autour d'elle ; Heureux celui qui près d'elle respii^ I Heureux celui qu'Elise k prëfôrë I

5a POÉSIES.

Le papillon , quand l'hiver se retire > Etre nouveau , s'ëlance dans les airs Libre , joyeux , plein d'espoir , de gattë; Tous les objets reçoivent son hommage.

Ainsi jouit un enfant près d'atteindre Et d'entamer les plus beaux de ses jours :

Tous les malheurs se cachent à ses yeux , Tous les plaisirs s^empressent sur sa route.

11 est heureux l'aimable adolescent Plein de santé , de coiu'age et de force , Au fier combat spit qu'il marche en vainqueur » Dans ses amours soit qu'il semble tinude.

Il est chéri des hommes déjà mûrs , 11 est l'orgueil de ses parens charmés ; S'il a des torts , s'il commet quelque faute « On l'aime trop pour ne point l'excuser.

Plus tard encor le mortel est heureux S'il est époux et fidèle et constant ; Chef de famille et père vénéré , D'un petit monde il est le souverain.

A son vouloir tout son peuple obéit Sans long discours et sans retardemens ; Il ne craint pas d'assembler ses états »

Il ne craint pas ses penples insurgés.

LIVliB I. 53

El la beaulé , ce céleste présent t Ce doax accord qui charme le regard » ^ Et du regard pénètre jus^'k l'ame :

Il rend heureux^ puûqu'il rend plus aimable.

À la beauté se joint l'art de charmer « À ce pouvoir le besoin d*ètre aimé :

Lorsqu'un amant a su captiver l'oeil Il a bient&t pénétré jusqu'au c;œur»

Mais sans ton aide , 6 brillante santé »

FiUe du ciel parmi nous outragée »

Est-il des biens dont on puisse jouir P Est-il des i;ttaux qui n'afiSigent nos sens ? L'homme sou£Erant de lui même est divers* Le jour ainsi par l'orage s'altère Au sombre aspect des nuages pressés En voile épais sur les airs étendus.

Celui qu'Hygie a toujours prot%é »

Robuste et sain jouit seul de la vie ; Et seul connaît la force de son être »

Et d'un mortel tontes les facultés.

Tout est plaisir pour l'être vigoureux \ Même l'ennui ne aaurait le saisir ; Les durs travaux , la peine , les besoins Sont des rivaux dont il reste vainqueur.

Heureux cent fols qui possède an atml f Qui dans un monde » hëlasf t sauvent cruel , Dans ses erreurs » dans son incertitude »

Est toujours sûr de n^èire jamais seid I De son bien être il sent ileux fois le prix ; £t les malheurs , il les sent à moitié :

Ah ! si l'amour est le plus grand plaisir »

L'amitié vraie est le plus grand ^es biens.

Miais quand l'ëpoax d'Ëlise est fortuné Tous les amans le sont-ils comme. lui ?

Tous les vainqueurs savent^ls résister Gomme à l'envie aux méchans flagorneurs* Le courtisan et le riche ■oi'guéillettx »

Et la beauté comme 1 -adolescent.

L'enfant , Pépoux » Phomme sain et chéri ; Toujours ont-ils le destin k plus d*Ma ?

Ils sont heureux s'ils saveift i^econnatire Et séparer les vrais biens du meittoiige :

Il ne leur faut que l'éclat des vertus.

Pour éclairer le sentier du bonheur.

 ce fanal nuit et jour allumé L'homme aisément peut connaître sa route ; II sent du ciel la voix pnre et «ect^te Au fond du cœur s^agiter coDstMoment.

UVRB I. 55

Comme l'on voit PabeîUe iiida«trieiMe Autour du bois choâsir la fleur plu$ douée , Ainsi Ton doit , ioi-luis , rediercher Le vrai bonheur que famsement on nîe : ' Ah ! quand la nuit recouvre de son voile Et les coteaux et les tr^soi*8 des ekamps ; Ou quand l'aviçugle ignore leurs beaute's , Ces vrais trésors- eii 8out«-ils mokis ri^ls ?

Doux souvenir de mes plus jeunes ans ; Retrace moi le bon^ur vâdlable Et les attraits de la veitu- sevive / En mé dictant rmfiortmied'Eiisel ^ ^

Elle habitait ^wr les rianta coteaux • . . « . De cette ville où xîaquk Marc AurèLe , ^C^) - ' Où la nature et les arts à ^en^d. -'. -

Semblent unir leur paiaaance.et leur lustre.

On respirait l'innocence et la paix Dans sa demeure ëlëgante et modeste.

Elle véfÇEOàl «m* son ëpoux heure^x , Et stA enfan» à l'^>^vi l'adoraient.

^s serviteurs » dans sa retraits aimable , honnêtes « bon» , étaient des amis sûrs.

Elle avait su réunir autour d'elle , A la Yertu , la plus douce^attë.

[*) Lyon y seconde ville de France , bâtie au connuent da Rhône et de la Saône.

te V0115 le voyez ce champèire aëjonr , Nous dit un joar l'aimable ëponx d'Elitfe i ce II ne contient que des êtres joyeux ; ce Et ce bonheur est l'œuvre d'une femme* ce Epouse tendre , incapable de crainte »

ire Et par le sort longuement ëprouvëe <r Elle est pour nous une autre providence , ec Et ses attraiM «égalent ie$ vertus »

ce Je sus long^^tem» ménter mon destin s ce Elise ëtait l'idole de mon ame* ce  son vouloir constanmient dévoué , ce Dans l'Univers ye ne voyais ^'Eltse • * « ce Un seul moment des amis imposteurs ; ce Sous les dehors du plus tendre intérêt' »

ce Surent changer et eonompre mon cœur ; et Le ciel » le ciel pouvait seul me sauver : ee II m'envoya le doux secours d'Elise^

ce Un lourd sommeil dans la nuit m'oppressait ce Sans rafraîchir mes esprits abattus ; ce Je me plaignais du sort de mes enfans , ce De mon ëpou8e...»et leurs noms m^ëdiappaient. ce Quand une voix et bien douce et bien dière , a En un instant rappela mes esprits»

ce Je reconnus sa touchante douceur :

Ci Je crus entendre une cëleste voix.

Page 1