LIVRE I. G
Si souvent ^gne de pitié , Quel peut donc être ton espoir I Un jour que rien ne peut changer , Ne dois-tu pas aussi couvrir La terre de tes ossemens ?
Est-il bien vrai qu'en ses dd^eris L'homme sauvage , errant , groissier , Est plus que nous iafdrtMOé « Faible , timide et sans raison?
Âhl si Ton peut lui reprocher Son ignorance et ses excès , Et $a brutale oisiveté :
Nos arts nous rendent-ils meilleurs ?
N'immolons-noua point de victimes ?
Ici n'est-il plus de bespius ?
L'inconséqueuce et les ennuis , D'injustes lois » des soins Uompcurs Les durs travaux ou l'esclavage , Et les supplices et la mort , Sont ici-bas les résultats De nos lumières , de nos voeu:|^ , .
Et des efforts de notre esprit ; Notre bien-être est sans progrès ; , Tel endiatné , le fier coursier Frappe du pied sans avancer.
Que pensent-ilfi de notre sort Les habitans heureux du Ciel ?
Je croîs entendre leurs discours :
ce Abandonnés sur un rocher ce Qu'ils vont quitter incessamment , ce Où tout leur dit que l'avenir ce Est seul durable et seul rëel , ce Les fils des hommes sur la terre ce En méprisent les biens trompeurs »
ce Indigne image des vrais biens.
« ce L'un l'autre ils s'aiment constamment ce Dans ce trajet pénible et court, ce Des prodiges de leur auteur^ ce De ses bienfaits environnés , ce Us admirent , sans se lasser »
ce Et sa puissance et son génie ce Et son amour inépuisable , ce En sa présence prosternés »
ce Devant ses œuvres confondus , ce Us ne songent qu'à l'adorer.
Tels nous étions dans l'âge d'or , Cet âge , hélas! reviendra-t-îl ?
Apprendrons-nous enfin un jour Nos vrais devoirs et nos vrais biens ?
Quand verrons-nous l'horrible guerre »