‹ PoésiesChapitre 4 sur 107 · LIVRE L i · texte numérisé non relu

LIVRE L i

c« Mon ami » me dit elle , ëcoate encor ma voix ; « Je revieni ici-bas poiu' adoucir ton sort, ce Cesse de me pleurer et cesse de te plaindre. « Un amour yëritable existe seul eu Dieu, ce C'est là l'objet rëel de la flamme secrète , ce De ce besoin d'aimer qui ti'ouMe les mortels ; ce Le penchant, qui jadis nous unit Tun à l'autre , ce Pour nous unir enoor doit s'adresser k lui»

ce Crois-moi , l'amour divin est le seul véritable, ce Quelle est la créature exempte de matière ? ce Les transports de vos sens ne sont que des erreurs. « Oui, l'amour le plus pur n'est chez vous qu'une image, ce Une ombre fugitive et qu'on n'arrête pas , ce Dont la réalité n'existe que Ik haut, ce Viens bientAt y go&ter les délices du cœur , « Et plaindre des mortels les plaisirs dégo&tans.

Elle dit » et soudain disparut comme un trait. — Grand Dieu I que ton amour s'empare donc de moi , Dépouillé dn cortège et des suites amères De la matière , objet d'une trop longue erreur. Je souffire , tu le sais , et vis avec effort » Et je respire hélas i comme un autre soupire , Mais , lorsque la douleur m'entraîne lentement » L'espoir de ton secours me soutient et console.

i6 POÉSIES.

Qu'iœpoFle d« tomber li ma frilé enveloppe Que sans cesse le lems frappe^ entraîne , dëtruît ? Qu'importe l'Infortune à notre ame immortelle Qui y captive ici-bas « doit y rester si peu ? La jouissance vraie est celle qui demeure^ Exister pour soufiErir ce n'est pas un malheur , C'est mériter un jour , c'est mëriter hient&t » Le bonheur éternel et le seul véritable.

iPiB&ikiBa<

J e croi<> en un seul Dieu , je crois à l'autre vie ,

Moi , faible créature » errailte et si fragile!

Moi, qu'un souffle sotttiebt , qu'un souffle peut ébattre ,

Et porte f cependant en mon sein renferme »

De durëe et de tœox u*. germe indestructible ;

M<n 9 de qui la pensëe embrasse à volonté

Le passe » le présent/ l'incertain avenir;

Moi 9 si sujet aux maux et si plein d'espérance t . • .

Tout me prouve, grand Dieu , ton suprême pouvoir ; En moi même , an dehors,' je sens son idfluènce. > ' Un être tout-puissant » lui seul a pu former Ce ciel inconcevable eh son immensité , Boni la voÀte' admirée est malgré sa grandetii' Une seule partie ' ou la route première ; Ce del dont le soleil'^ prodigue de bienfaits , N'est, malgré son ëdat, qu'un seul point aperçu.

i8 POÉSIES.

Je reconnau , j'adore an divûf rédempteur , Ce fils de l'Étemel qui , pour moi^ iniërèt , Descendit ici-bas m'instruire et me sauver »

Pai' l'exemple suUime et facile à la fois , De sa vertu réelle et d'un amour parfait , 11 vécut pour changer mon cœur dégénéré »

Il mourut pour m'apprendre à pratiquer sa loi » Pour expier mes torts , s'ofi&ant en holocauste.

Quand serons-nous v mon Dieu , digne» de tes Uenfaits t , Dignes de cette loi si parfiÛM » si douce 1 Nulle humaine raison avimt elle jamûs N'avait ouvert nos coeurs au plaisir yif et pur. De pardonna le mal » d'aimer un ennemi »

D'aimer k se priver » à souffrir pour autrui. Si l'on peut surpasser la morale jdti mond^^ . On ne peut dépasser celle de l'Svaogile, .

Autejor.de tous les biens» accepte mon hommage • Toi qu'adopte mon coeur , que chérit tqa raison. Sublime créateur des deux et de l'abtme , Maître , arbitre et soutien de tout ce qui respire , Seul but et seul appui de ma firèle existence » De ce souffle divin tout.pr^t à s'échapper »

Daigne exaucer mes vœçx » prçndf pitié 4e.mon êtlre , Et , quels que soient mes torts , ne m-ahândoolie point.

Page 1