LIVRE II. i
Dans les épreuves inutiles Je laisse épuiser des souhaits ^
Que ses penchans trop difficiles Ici ne rempliront jamais I
Mais après l'humaine eatisience.
Sans )oie et sans rien redouter , Je recevrai ma ricompense.
Où j'aurai cru la mériter I
lO
SA omwm mùMiWm^
VUae summa brè¥is Spem nos vetatinchoare longam,
HoR.
Jue roseau que l'air en furie Courbe et ne peut déraciner , Aux vers rongeurs, à l'incendie.
Gomment pourrait-il résister?
En vain d'un ennemi perfide »
Il croit éviter la rigueur, La flamme où le venin rapide Ont déjà pénétré son cœm* I
Sans mon aveu je vins à naître ^ Mon premier jour me vit souffii'ir; Je m'aperçus sans me connaître jEt j'ai grandi sans réfléchir !
De ma carrière commencée Quand j'examine enfin le coui?s , Je la trouve presque passée Et je n'ai plus que peu de joui's.
UVREIIk 147
Des chagrios profonds çt rapides' .
Je ressens les tristes effets I La pâle vieillesse et ses. rides Oat déjà sillonné mes traits; Je ressemble «u mourant 4ebile Qui dn trépas fuit les hoiTeurs, En dérobant le fil fragile Au ciseau des fatales sœm'sf
Autrefois avec Tespérance Le ciel m'accordant la santé ; A voulu que mon existence Ne fut point sans félicité 1 Mais quoi? dupe de ma jeunesse Des pervers et des imposteurs »
Je tombe en ma verte vieillesse Flétri par toutes les douleurs!
i/' Quoi » grand Qieu I quand ma vie aqic^'e
S'écoule dans un long tourpient* .
Ta loi respectée et sévère De m'y soustraire me défend 1 Mais sur la terre ouverte au crime Tous s<mt dupes, ou criminels»
fy suis une ûiible victime Abandonnée aux.. loups .cruels t ,.
Ahl «i du moins de mon automne J'avais vn les premiers instansl Si de l'âge qui m'abandonne J'avais connu les agrànens t Mais sans vivre sortir du monde»
Et depuis le triste berceau Sentir en une nuit profonde La longue approche du tombeau I
Moi qui n'ai demandé sans cesse Par mes désirs , par mes regrets , Que des travaux dans ma jeunesse, Marie et le repos après 1 Mais enfin si l'ordre suprême - Veut m'éprouver par le malheur , Mes vœux, ma félicité même,' Doivent être dans la douleur!
Que sont , insensés que nous sommes , Les peines du plus triste sort , Ces grands revers , efiroi des honunes ?
Kien de plus qu'un seul mot : la mort f Envisageons d'un œil paisible De mes desiîns le plus cruel ; Eh bien ! qu'a-t-il de si téiTÎblé Puisqu'il ne touche qu'un mortel P