‹ PoésiesChapitre 47 sur 107 · LIVRÉ II · texte numérisé non relu

LIVRÉ II

Ah I combien d'Êtres miiérables Souffraient avant mon premiei* cii 1 Qiie de victimes estimables Daraot ce jour mSme ont péri 1

[5o POÉSIES.

Sur la ixmde et mobile sphère Qui se meut dans l'infinité , L'homme est toujours dans l'atmosphère Suspendu sur l'inmiensité ; Errant sur un sodé mobile , Qu'il semble vainement toucher »

Hâas I ce n'est qu'un point fragile Toujours prêt à se détacher t

n'Aii^Ammmi

Quid ultra tetuUs? Aequa iellus Pauperi reclutUtur Regumque pueris.

Hoâ.

XJautôihne va finir et TÀpré hiver commence , De son aride aspect le ciel même est trouble , L'air qui sifQe et mugît tristement le devance , ' Et les cimes des monts l'ont dëjk signale.

Ce paysage » hélas ! va bientôt disparaître , Les vallons sans acteurs vont perdre leurs travaux 1 Puis tout reverdira, tout semblera renaître ; Et moi seul je n'aurai ni plaisir , ni repos ?

Fuyons , fuyons an loin mes malheureux semblables , Leur aspect repoussant navre et flétrit mon cœur ; Fuyons leur trouble afireux , les vices détestables^ Cherchons du moins la paix \ défaut de bonheur I

Mes voeux sont exaucés , j'ai traversé la plaine f Et déjà loin de moi s'évapore le bruit , Des plaisirs insensés d'imé foule motidaîiie , Des féroces conibats , de rhorrôur qui les suit 1

i5i POÉSIES.

Evitons k jamais ces traverses fatale»^ Un nouvel air parait.... il n'est plus infecta Des malsaines vapenrs des tristes saturnales ; Mon cœur s'ouvre à l'espoii* de la félicite.

La mer , la vaste mer, près de moi se découvre^ Les flots moins agites s'enferment dans son sein ; Au fond du ciel obscur un air plus pur s'entrouvre Et présage à mes vœux un plus doux lendemain I

Aux pieds d'un roc affreux une verte frontière ^ Dont l'automne et l'hiver respectent les sommets , Agitant de sapin une haute barrière , Semble d'un meilleur monde enfenoer les secrets.

Un murmure léger s'échappe du feuillage , Quel fortuné sé)our s'y dérobe à mes yeux 7 Sans doute le bonheur, du moins la paix du sage. S'abrite et se complait en ces modestes lieux.

Me sera-t-il permis de traverser l'enceinte Où régnent isolés , la paix et les vertus ?

Du monde corrompu dont je porte l'empreinte Dois-J€ mêler la voix à la voix des élus t

Là peut-être se trouve une ame sans égale »

Des mortels ignorés du reste des mortels?

hk peut-être Marie a plus d'une rivale , Là m'attendent des vœu^ des regrets éternels I

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