‹ PoésiesChapitre 49 sur 107 · K)ÉS1ES · texte numérisé non relu

K)ÉS1ES

Je sens eii ce moment , je sens transir mon atne« Ah 1 fuyons un sëjom* oà. s'acci-ote mon effroi 1 Mais le spectre me voit et sa main me réclame.... Quel sinistré friisson s^est emparé de moi!

C'est la mort... je l'entends: ce jeaiie imprudènt^approche; ce Ne crains pas mon aspect , je t'ëpargne aBJt>ùrd'lhiî....« Mais quoil par quel pouvoir sur la rapide roche Le spectre en un moment, ine fane aupi^ de lui ?

« Je voeux te protéger , calme ton épouvante , « Pom* rire des iaortels près demoî vieni t^asseoîr^ « Connaît àt tes pai^rls là folie incèssàntfi : •« Ceux «jue je tiens déjà refusent de me '^oirl

ce Mes bras peuvent toucher INm et l'autre hémisphère ce 'Et l'homme cej^endaiit troit pouvoir m'éviter ! ce Ridicules efforts , la route qtz'îl préfère a Plus vite en mon pouvonr , va bientôt lé porter i

ce Jusqu'au dernier instant aveugle dans son zèle , ce II chérdie contre moi d'inutiles secours : ce Vois-le me renier à Pombre de mon aile , ce Et sous l'affreut tranchant vouloir filer ses jours I

ce O mortels insensés que rien ne pcnt instruire ? a Tombez donc sous mes coups » et dans PÀntrë umvér»^ ce Reconnaissez enfin mon souverain empire , ce L'erreur et le néant de vos projets diVer*. '

UVRE II. iS5

Soas Pëdftt de «es yeox » j'entrevois la perfide Sourire et me railler par ces cruels accens , Qu'accompagne l'ëclat de son souffle homicide : ce Us -tombent de la vie enfin les fiers enfans I »

a Elle a beau les ciMer et sans cesse et sans nombre » (c Les jemies et les forts tomberont k ma voix , ce Oui , moi seule j'existe et la vie est une ombi'e ce Faîte ponr m^occuper mais pour subir mes lois 1

ce Sons le tranchant aigu de ma faulx diligente y ce Observe ces milliers de cadavres presses... ce G't^tait des combattans la foule adolescente » ce Se disputant tantôt des jours^ dëjk passes.

« £hl que pourrait sans moi la mortelle puissance ? ce Le combat est cesse » la victoire est aux forts 1 ce Mais vainement la vie a prÀtië leur vaillance ; « Qoi peut les coHi'onner?.. ils sont chez les mortsl

ce Vois-tu ce groupe heureux enivre d'alëgresse ? ce Tout exhale autour d'eux le bonheur le plus doux 9 ce La force , la santrf , relèvent letir jeunesse.^., ce Mais ma faulx est partie .,.. ils ont disparu tous 1

ce Vois cet ambitieux sur la force et la vie ce Appuyant sa grandeur et son long avenir ?... ce Avec les innocens qu'immole sa furie ce Pâle et défigure vois-le dëjà venir 1

ce De ce vieillard mourant vois la sotdse extrême i a Sous des montagnes d'or il pense m'ëcbapper t a Cache sous le métal unique objet qu'il aime y >3 II ne sent pas les coups dont je viens le firapper?

ft ' Vob*ttt ces vojrageurs qu'entraîne leur fiiriey ce A travers cent diknats ils se font transporter !.••. ce J'eusse épargne leurs jours peut-être en Içur patrie : ce Mais sur tant de chemins pourront-ils m'ëviter?

ce En vain » avec ardeur , la vie infatigable ce Germe « renaît » fourmiUe et vient braver ma loi \ ce De ses produits nombreux l'existence peu stable ce Ne parait sous le ciel que poiur se perdre en moi.

ce Sortez donc , 6 mortels , de votre erreur profonde» « De la trompeuse vie inutiles jouets :

ce En vain elle ranime et repeuple le monde , ce EUle vous trompe un jour^ je vous tiens à jamais I

« Elle a beau vous ci^er et sans cesse et sans nombre , ce I^es jeunes et les forts tomberont à ma voix ; ce Oui , moi seule j'existe ••.. et la vie est une ombre ce Faite pour m'occuper » et pour subir mes lois 1 »

TUÈ <9aàMSL wm ]bviia«

f^os lœtofnfluvUs , et nemomm comd, Quœcufnque twt gelido prominet ÀlgUlo^ Nigris aut Rryinanthi Silvis , aut viridb Cragi,

HOR

1 out dortl.» )^ vaille <eul sur la haute colline , l^s prochaines forèU le féroce liabitant , Les hameaux , la cité que mon regard domine Gisent profondément I

Salut 4es longues nuits douce consolatrice !

Toi dont les tenues feux viennent noua éclairer Pour adoucir nos maut par leur voile propice Mais sans les pénétrer I

Le silence profond » W solitude amie , De plaisir et d'efiroi troublent mon cœur cliarmé : L'absence des mortels abandonne la vie A l'èire inanimé I

Comme sous ton éclat y sous ta clarté moelleuse ,» Tout retentit poi|r moi d'une magique voix !

L'édifice, les monts» la forêt ténébreuse S'animent à la fois 1

i58 POÉSIES.

J'entends leurs fiers accens » leur muette éloquence I En élevant mes yeux jusques au firmament »

Je vois sur mes regards s'ouvrir ce d6me immense » Toujours s'agrandissant I

Livre dans ce moment k des pensers sans nombre , Dont la foule s'accroît sous mes sens confondus , Je sens que ta secrète et mystérieuse ombre M'en dérobe encor plus I

L'image des coteaux » voyageuse immobile , Monte de l'horizon aux murs abandonnés :

Le séjour de César et la cabane utile , Sont par elle enchaînés.

L'ombre du haut palais sur la pldine étendue Semble unir les tombeaux an séjour de l'orgueil D'où le riche puissant n'ose abaisser la vue Sur le frêle cercueil.

Et la hutte du pauvre au seuil du cimetière Dont encore la croix le sépare aujourd'hui :

Les travaux , le besoin , sont l'unique barrière Entre la mort et lui I

Oubliant tous mes maux , dédaignant dotre terre » Je m'élève avec toi sur l'immense univers : • Seul avec la nature et ta douce lumière J'ose me croire en tiers.

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