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LIVRE III

ec Ton époux , culratiië par les nombreux fuyards ,

« Fut , malgré sa valeur , soustrait k nos regards.

ce D'ennemis entouré , ce vainqueur fugitif,

« Seulement par hazard , est tombé leur caplîf ,

« Les chanoines dès lors livrés à leur courroux

ce L'accablent lâchement des plus cruels dégoûts.

ex Va : vole à son secours , termine sa souffrance ;

ce Obtiens du trésorier une prompte assistance :

ce II faut pom' le sauver qu'on l'échange d'abord.

ce Le prélat peut lui seul l'arracher k la moit.

ce Tu sais que monseigneur sur le parti contraire

ce A fait maints prisonniers , objets de sa colère ;

a Obtiens qu'il les délivre aussitôt , en retour ,

tt L'ennemi te rendra ton bien aimé Lamour. -

ce Snvain à ta prière on fera résistance ,

ce Presse , pleure , gémis : tout cède h la constance.

ce — Ah I que me dites-vous réponde Anne en pleurai) l ;

ce Hélas 1 vous ignorez un obstacle trop grand

ce A ce plan généreux ; sachez , il faut le dire ,

ce Que pour moi le prélat depuis long-tems soupire ,

ce En secret » il est vrai , mais mon sensible époux

ce Soupçonne cette flamme et s'en montre jaloux.

ce Jamais chez Monseigneur je ne fus à confesse

ce Qu'en cachette et de nuit ; de lui même la messe

ce On me défend d'ouïr. J'y consens sans legrct :

ce D'être de moi jaloux l'on n'a point de sujet.

ce Monseigneiu: ^ sans succès , s'eiforça de me plaire.

ce J'ai su lui résister et braver sa colère ....

ce En vain avec adresse il me surprit un soir . • . .

ce Comprenez mes raisons.... je ne saui*ais le voir....

— Songez y répond la vieille » au sort qui vous menace.

(c Les instans sont bien chers : partez , partez de grâce.

La belle sy refuse ; et pomtant de la nuit

Elle a déjà quitté la coëffure et Thabit.

Un simple négligé que recouvre une mante ,

Aurait dû l'enlaidir et la rend plus charmante.

Sa voix s'est adoucie .... une vive rougeui*

Décèle le projet que combat sa pudeur.

La vieille lui sourit , et devinant le reste

Part pour soufler ailleurs cette guerre funeste.

Après les fiers travaux de ce jour de combat ,

Au fond d'un cabinet se trouvait le Prélat ;

Un soupe délicat est dressé sur la table ,

On y voit étalé plus d'un met délectable ;

C'est le tendre faisan entouré de perdrix ,

Le pâté d'Angoulème , et le soufflé de ris ,

Qui chai'ment à la fois l'odorat et la vue.

Déjà sa révérence a la main étendue

Pour bénir du souper et les plats et le vin ,

Alors qu'un bruit léger vient le frapper soudain.

Gilotîn y qu'est-ce donc ? un bruit s'est fait entendre....

Par l'escalier secret qui pourrait nous surprendre ?

La Marquise n'a plus les deux passe-partouts ,

Quelle autre pénitente a de moi rendez-vous ?

Gilotiu lui répond : dans ce jour de confesse ,

Une pauvre honteuse ou quelque pécheresse ,

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