‹ PoésiesChapitre 74 sur 107 · LIVRE III. a3i · texte numérisé non relu

LIVRE III. a3i

tt Obtenez cette clef ^ le succès est certain. » Les soldats k ces mots suspendent leur dessein. L'enfant de cbœur Guillaume est envoyë de suite ; Ont veut avec la clef du renfort au plus vite ; On demande , avant tout le fortune retour Du vaillant général le perruquier Lamour.

La guerre eu attendant demeure suspendue ; Les partis l'un sur l'autre ont constammant la vue ; Et pour mieux surveiller leurs postes , leurs travaux , Dans l'ëglise chacun allume des flambeaux.

Les deux camps sont ainsi formés durant la trêve. Quand au dehors soudain un tumulte s'élève.

La Discorde a trop fait pour augmenter les maux ; Elle a troublé la tête et le cœur d'un héros. Sous les traits d'une femme à la langue mobile , De mensonges sans nombre elle a rempli la ville. Du Prélat et d'Anna l'innocent rendez-vous Exaspère le cœur d'un trop sensible époux , Qui 9 quoique prisonnier , apprend trop-t6t sa honte Par cette renommée au scandale si prompte. Dès qu'il se voit blessé d'un trait si dèdiirant , Il conçoit un projet qu'il suit au même instant. Il déserte des siens l'étendard et la gloire ; An chantre se propose et promet la victoire.

Ce chef avec transport reçoit un tel appui Lui cède le pouvoir et se range sous lui.

Ainsi le même instant d'Anne vit la défaite.

Et de son fier jaloux la fatale retraite.

iVi POÉSIES.

D'allégresse et de vîn enivrés et ravis ,

Les chanoines dans l'aîr en poussent mille cris.

Tandis que du quartier les femmes éperdues

S'éveillent en sursaut et courent dans les rues.

L'une raconte à l'autre , et d'avance en frémit y

La cause de ce trouble au milieu de la nuit ,

Et chacune à l'envî l'augmente et l'exagère.

De l'églige en voyant la clarté singulière ,

Ou dirait que la flacùme est dans tout le quartier.

Quand sous les murs troyens im indigne guerrier

Par son hardi mensonge et sa ruse effroyable »

D'IUye eut amené la fin épouvantable

Dans la rue on voyait les Troyens accourir »

Les femmes , les enfaus se presser et gémir ;

Ainsi dans le quartier de la sainte chapelle »

Ce théâtre uouveau d'une guerre nouvelle »

Aux femmes , aux maris , aux nombreux jeunes gens »

Se joignent les vieillards et même les enfans ,

Tout s'assemble et s'émeut. Dans sa terreur subite

Vers l'église la foule alors se précipite.

Au bruit de mille coups se joignent à la fois

Des partis opposés les discordantes voix.

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