‹ PoésiesChapitre 77 sur 107 · LIVRE III. a · texte numérisé non relu

LIVRE III. a

Alors que d'une voix haletanie et piteuse , Le chanoine demande une grâce honteuse.

Brontint vaillant et bon s'appaise , lui sourit , L'ëcoute y le relève , et fièrement lui dit : Je t'accorde en ce jour et la voix et la vie , Mais si tP entrer en lice il te reprend l'envie N'espère plus de moi ni pitié , ni quartier ; Que ce combat pour toi soit le seul et dernier. Il dit y et vers Sidrac le poussant en arrière 11 le lui donne en garde et poursuite sa carrière. Pendant que le Prëlat les observe à l'ëcart » Le chantre avec Girot et le sonneur Girard , Par un détour adroit , joignent le coffre antique Et prllent à Penvi cet ai'senal gothique^ Malgré les vaillans conps de Grandin le fausset , De Guërin , de Gerbais , de Guibert et Grasset. Le terrible Fabri , devant qui tout recule , Une masse à la main » semble un nouvel Hercule. Autour de ce héros les chanoines groupés Ont armé leurs deux bras de ces débris rouilles. Pour les en empêcher envain Brontin s'élance , 11 a franchi trop tard cette faible distance , Trois des siens sont déjà sur la ten*e étendus Les autres étonnés » se troublent éperdus 1 Mais du savant Prélat la reserve mobile Parait » et montre l'art de ce guerrier habile ; Il entoure le chœur et retient enfermé L'ennemi , qu'à combatUe il voit tant animé.

a38 POÉSIES.

A ce coup imprëva de $a faute première

Le chantre a recoimn la suite nécessaire.

De la porte secrète il voudroit s'emparer ^

Mais vingt fois le Prâat l'oUige de rentrer.

Entre deux ennemis , en dépit de leurs armes ,

Les chanoines alors sont en proie aux alarmes

Leur com-age s'abat , il ne songent qu'à fuir ,

Et la voix de leur chef envain se fait ouïr.

Pour échapper du chœm* ils veulent dans leur crainte »

Des stalles » de la grille » escalader l'enceinte.

Fabri » le grand Fabri seul résîbte en héros ,

Il gourmande les siens et leur parle en ces mots !

ce Guerriers , qu'avez- vous fait de votre antique gloire?

ce De la sorte osez-vous céder votre victoire ?

ce De quel firont direz-vous un combat si honteux

ce Aux dames du quartier , à vos tendres neveux ?

ce On vous repoussera » car des hommes sans cœur

ce Qui pourrait accepter la fausse et molle ardeiu* ?

Inutiles discours I la peur est la plus forte ,

Et déjà les fujards s'avancent vers la poite.

Le valeureux Fabri demeure le dernier ,

Vaincu par le seul nombre » il reste prisonnier ;

Mais son visage altier montre sou assurance ,

Et plus que sa défaite il prise sa vaillance.

Dans un stalle abattu , d'ennemis entouré »

Du prélat ce héros est surtout admiré.

Quand un nouveau tableau tout à coup les attire ;

Etonnés l'un et l'autre , ils éclatent de rire.

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