‹ PoésiesChapitre 85 sur 107 · LIVRE m · texte numérisé non relu

LIVRE m

Dont les coufM, loin «le là vont , rëp^adre l'effroi ^ Comme le triste son du sonore beTroi.

Le grand Prélat trop tard voit sa faute ûineste , Mais croit venger les chefs dont il est le seul reste. O Muse ^ k ce sujet redouble de vigueur Pour .peindre des rivaux et l'adresse et le cœur ! Chacun d'eux prend du champ , se mesure et s'arrête , Tel un silence affreux précède la tempête.

Tels encor ces guerriers qui partageaient les Dieux , Sous les remparts trojens , se montrèrent aux yeux. Mais le vaillant Hector pris d'un triste présage , Montra quelque pàleui* sm* son guerrier visage ; Taudis que ni Lamoui* ni le vaillant Prélat Ne monti'ent de faiblesse au moment du combat. De bonnet , de chapeau , tous deux se débarrassent ; Ils marchent en avant , S'atteignent et s'embrassent. L'un est armé d'un fouet et du bâton fameux £t l'autre d!uue masse et d'un vieux fer tout creux. Lamour^ sans nul respect pour le chef d'un chapiti-e » L'aposti'ophe , l'insulte , et lui donne le tetre De tartuffe , paillard et mauvais garnement.

Le prélat se dégage et revient promptem^nt L'atteindi*e avec le fer de sa vieille rapière Sur le col découvert ; puis sautant en arrière » Il croit être à l'abri des coups de sou rival Qui l'ajuste et l'atteint sur le muscle frontal. Mais ce front aguerri retentit et résiste , Et Lamour ^ qui riposte » à l'assommer persiste.

iGo POÉSIES.

Quand , l'babile prëlat , qui sait l'art Aes combats , L'évite avec adresse , et revient sur ses pas ; L'attaque par derrière avec sa lourde masse ; Lamour au dos frappe , tombe pom* lors sur place. Comme un boidet rapide , aux yeux qu'il vient tromper^ Parait , tombe , et soudain part encor- pour frapper. Ainsi le perruquier se relève de terre , Revient sur son rival qu'il embrasse et qu'il serre Avec un bras nerveux dont le tembl» efifort Va de son ennemi bient^ causer la mort»

Comme dans un étau , succombant sons la pi'esse , Le -prélat haletant témoigne sa déttesse.

Ses yeux n'ont que du blanc , ses cheveux sont dressés ; \Dans ceux du perruquier ses bras embarrassés Ne peuvent plus agir ; Lamour a la victoire.

Mille voix h Penvi déjà chantent sa gloire.

Hélas t le trésorier chancelant , énervé , Se traîne quelques pas , puis gU sur le pavé. Ses 6dèles guerriers » pleuï*enl k cette vue ; Leurs longs gémissemens montent jusqu'à la nue. Cependant k dépit ranimant leurs transports Ils préservent leur chef des fers et de la mort. Us traversent les rangs de la troupe ennemie ^ Qui pom* les entourer redouble de furie.

Mais les portes déjà roulent en mugissant ; Le prélat et les siens se ferment au dedans , £t le fouet à la main le vainqueur , sans scrupule , Les suit comme un pédant asmé de la fertile ,

ÎJVRE lit %6i

Jusqu'au saci*^ parvis où forcé de rester Le bouillant perruquier gémit de s'arrètçir* Ânae de son mari redoutant la blessure Croit la paix nécessaire en cette conjoncture. Elle sait que noA Icm des remparts de Paris « Le séjour de la paix eSt dès long-tems assis , Près d'un grand magistrat savant et vénérable Qu'Anne veut à tout prix se rendre favorable > Pour goàteir de l'hymen le fortuné repos , Et former à loisir le bonheut* d'uû héros.

Elle part k l'instant , Âli^on l'accotepàgnç ; Tontes dt^ux « pour trouvei* au plutôt la campagne ^ Passent le marché neuf » le quai de la cité » Leurs regards ont perdu le bord qu'ils ont quitté* Les ponts » le boulevard ». du trône la barrière » Promptement U'Aversés > demeurent en arrière. Elles touchent au sol où l'art avec orgueil Montre les espali^s du fertile Montreuil.

Une simple maison à leurs yeux se présente »

D'él^ance et de fleurs seulement éclatailte* Â cette aimable aspect elles sentent soudain Un calme bienfaisant se glisser dans leur sein. Leurs yeux sont plus ouverts » l'air ^st plus salutaire , Le jour semble plus doux et bien joaieux les éclaire ; Ont dirait ce séjom' }a Source des bienfaits : . . C'est le modeste asile où triomphe la paix.

Lk vivent retirés » chéris de la contrée , Un père vertueux , une fenUme adorée.

tf.n^ Poésies.

De leurs nombrctix enfans modèles et ^otitréMf»

Puîssans par lears vertus plus cpie par leur grands hiêttié

Leur demeure , qu'entoure uu charmant paysage »

Touche et forme Pappuî du modeste village.

Lamoignon de tons deux est le nom ador^ ;

Nom chérî de la pais , de Thëbiis vi^nérë.

Là se courbe le fleuve , admirant sa carrière ,

Avant de traversa àe$ cites la première.

Au delà , Tœil s'élève av«c de verds cÀieaua»

Couronnés des vieux bois de chênes et d'ormeaux^

Taudis que vers la Seine mie vaste prairie

Se montre constamment verdoyante ou fleurie.

C'est là que de Paris chacun vient admirer

Et la gi'asse génisse et le pesant beHer »

La jument anglicane et l'ëtalon arabe »

L'âne des Castillans , le tauresu de Souabe.

On compte tout autour du prospère hameau

De nombreuses maisons et pas un seul châteaa.

De quelque patt que l'o&il parcoure cet asile

11 voit le peuple heureux et la terre fé-tile.

Là , l'aisance s'allie aux plus rudes travaux ,

Les plaisirs à la peine , et la peine au repo».

Lamoignon s'abritait auprès d'otie cabànne ,

Surveillant la moisson , quand il vit la baille Aniier

Vers elles le héros s'avance posëmetft.

Leur parle avec boute' , mais santf Util c6mpiimeiitr

Dès qu'il a reconnu la belle peiTuquière ,

L'objet de son voyage , et l^«t de la guerre »

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