LIVRE III. 26S
Mais 9 6 de cet Urof TÀoniuinte valeur v Ils ne se plaignent point de leur vire douleor I Seulement du repas l'heure est.dëjà pass^.
Les veilles , les combats , ont lefur faim amassée ; C'est là ce qui les touche et les rend frëmissans : Comment s'assouviront des besoins si pressans ?
CHANT DIXIEHB»
ARGUMENT-
Continuation du troisième jour. Regrets du chdntrr de se iroir retenu hors de l'église malgré sa victoire. Ses guerriers , et surtout le chanoine Evrard , ne sentent que le besoin qui les presse. Les maraudeurs retournent frustrés dans leurs recherches. D'un autre coté le Prélat et les siens, qui se trouvent dans l'église, éj)rouvent aussi le même besoin. Secours opportun envoyé par la Marquise au Prélat Les Magistrats arrivent secrètement dans le palais. On introduit dans l'églî&e les députés du chantre et ensuite tous les chanoines. Les propositions de paix sont écoutées y grâce aux vapeurs d'un grand festin préparé dans le palais , et qui pénètrent par des soupiraux laissés ouverts expressément. On convient que le pupitre restera devant le chantre pour cette fois seulement , et qu'ensuite le Prélat, content de la soumission de son rival ^ fera enlever à jamais le Lutrin. Le peuple se rit du chantre en apercevant son œil poché , et sifSe le perruquier Lamour, sa femme, la Marquise et l'enfant Guillaume. Discours vigoureux du perruquier^ Evrard, impatien*
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té , congédie • le puhlic. Les chanoines , et les chantres montent au diné'qiii leur a élé préparé.
vJn se lasse de t<Nit*, à la fin tout fatigue «
Le tranquille plaisir .comme l'ardente brigue.
Ainsi , reconnaissant que tout soin est trompeur ,
Il faut rire de tout puisque tout est ecreur.
L'a&ire la plus grande est en rëalitë
Une pure dhimère , un peu de vanité. .
Il n'en lien de plus sot que Téclat de la joie »
Si ce n'est le mortel à la triatetse en proie.
La gloire » le pouvoir , les peines des jaloux *
Les soupirs de Lamour , que prouvent^^ils ? des foux«
De la cour du palais au parvis Notre-Dame ,
Il n'est aucufi logis que la guerre n'enàamme ;
Près de trois jours passes dans le trouble et l'horreur i
Et pourquoi? ppur placer un Lutrin dans un choeur.
Vainement on dirait que Paris est tranquille
Et rit des <»mbattans et du si^e de l'ile ;
Cette lie du palais importe aux Parisiens • . • •
La justice 9^J rend • on y juge leurs biens.
Si pour rire et jaser tout leur semble pr^qpice #
Ils prennent fort à cceur la plus mince injustice \
Et quels que soient leurs goàts et leur l^re humeur
Ils sont au premier mng pour l'esprit et le cœur.
Depuis que. la victoire a couronne lecfaautre ,
Dans le leipple fermé nul ne sort et nul n'entre.
Ce guerrier , cepend«ot ^ se vbit avec regret
Au dehors retenu , frustre dan» son projet*
11 sait que dans l'^^lise est cache par son ordre
Le Lutrin reconstruit , cause du long désordre ,
Girot , cet aiiin6nier ^ cet adroit con6âent »
Le ravit à Stdinc ', et cacha prudemment.
Le chantre ge flattait pour fruit de sa victoire ,
De rentrer dans le temple et d* j comM^r sa gl<nre
En hrisant de nouveau cet ohjet odieux -
Qui lui fait , malgré lut , lever an ciel les yeux »
Lorsque diirânt l'of&ce ou pendant la grand' messe
11 chante tout couvert de ce bois qàt l'oppresse.
Mais le Pr^at le brave ^ au dedans reiir^ »
Tandis qu'il- se- morfond sur le perron sacre ,
Lamour , sdn génëral , fier et plein d'assurance ,
Ranime son ardeur et sa noble espëraace »
Pendant que Jean , Fabri , le gro» chanoine Evrard ,
Le fidèle Girot , et le sonneur Girard ,
S'inquiètent fort peu de ces regrets rablimes ^
Mais craigneiit 'Sous la laim Ae tomber en victimes.
ce Gomment donc , dit Evrard an grand diantre «touné ,
ce Midi vient de sonner et je fi'aipoim«dinë? -
ce Vo jea mon estomac qui ÛMAi sôus la main
cff Et ce ventre affaisse qui. résonne dé faim-^
ce Dbis-)é y quand le besoin m'altère et me dévore ,
te Ainsi rester' oisif et m'affaiblit encore? i
ce Attaquons » visitons traiteurs et boulangers;
ce Les caves, les cafés, et les garde-mangers^