‹ PoésiesChapitre 88 sur 107 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

et Mangeons » el faisons bien fepattre noire troupe , ce Le robuste soldat l'est par la bonue soupe. Il achevait ces mots , quand plusieuii maraudeurs » Chanoines affames » retournent tout en pleurs. Us se plaignent tout haut et l'ëpandent Palaime : ce Ahl que chacun de nous dépose ici son. arme » ce Disent-ils » tout est vain , nos soins sont superflus ; ce La famine nous presse , et nous sommes perdus, ce £n vain pour découvrir quelque objet de mangeaille, ce Nous avons tout fouillé ; pas mémo une volaille ce Ne se trouve en ce lieu .... le dernier habitant ce Va périr de famine , et périr promptement. Gomme on voit fréquemment dans les beaux jours d'automne Qu'un orage imprévu soudain noircit et tonne » Puis , entr'ouvrant ses flots sur mille spectateurs \ Disperse d'un seul coup les nombreux promeneurs , Qui vout de tous cÀtés éperdus se répandre ; Tels courent ces guerriers sans savoir où ée rendre » Car les ponts sont fermés , gardés et défendus. Mais le besoin bientôt les ramène rendus De- fatigue et de faim' ; dans leur vive détresse , C'est Lamour qu'à Tenvi Pou implore , Pon presse. Bien plus de ses conseils que de ses grands travaux La foule attend du pain et la fin de ses maux. Pendant que les guemers que le. héros assemble , S'unisseQt en conseil » et discutent ensemble » Les chantres du prélat dans le temple enfermés Se monti-eut abattus et surtout afl&més,

«To , POÉSIES.

Quand tout-à-coup parait un tendre et beau jeune homme

Dans l'église arrivant . • . • c^était l'enfant Guillanme.

De vivres et de vin pour le prâat cbtr^ ,

Et dont le gros panier n'est point endoiftmagë.

Par les toits cet enfant , aussi brave que sage ,

Au përil de^sa vie a rempli le message

De la tendre marquise au prélat valeureux »

Qui se montre en ce jour et grand et généreux.

En ^épit du besoin » de la faim qui le presse ,

Il fait de son panier aux seuls blessés largesse.

Autour des sacrés murs cependant mille voix

De besoin et de faim éclatent k la fois.

Leur masse dans les airs s'élevant menaçante

Accuse le prélax par sa plainte outrageante.

Elle veut que lui seul soit cause des horreurs De la gueiTe civile , et de ses longs malheurs.

Voilà donc tout le prix de mes je&nes et veiUes ?

Mais tout venti*e affamé n'a point d'yeux ni d'oreilles

Dit le prélat f&ché . . • • Laissons*les bavarder ,

Qui n'a rien à manger a droit de clahauder »

Nul n'ignore à Paris que cette sainte église

Dans les mtu*s du palais est en entier comprise ;

Et que les magistrats de Thémis et sa cour

Dans ce même palais ont fixé leur séjour.

La paix et Lamoignon » en secret et silence ,

Dans un coin du palais ont ouvert leur séance ,

Là de leurs messagers amis et confidens

Us dirigent les pas et les discours prudens .

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