‹ PoésiesChapitre 2 sur 65 · LEVÉE AU BORD DE LA MER · texte numérisé non relu

LEVÉE AU BORD DE LA MER

Pourquoi pleurer, ma petite, Lorsque le jour est fini ?

Fais silence ! et dors bien vite, Comme un oiseau dans son nid !

Au bruit des vents de décembre, Songe, songe, entre tes draps, Comme il fait bon dans ta chambre, Et comme on a froid là-bas !

Loin des flots et du rivage, Dans mon pays, quelquefois, Un enfant qui n'est pas sage Est pris par le loup des bois ;

Mais ici ! . . . quelle voix gronde Et se roule, dans la nuit?...

C'est la mer, la mer profonde!

Jeanne, ne fais point de bruit I

Dès que Dieu, sous le ciel sombre, Rallume ses astres d'or, Les flots écoutent, clans l'ombre, Si le petit enfant dort;

Ton cri qu'on pourrait entendre Au fond de 1* abîme amer Ferait venir pour te prendre, Les grands poissons de la mer !

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