LES FLAMBEAUX
Les dieux ont les soleils qui gravitent, sans bruit,
Loin du monde où nous sommes ; Mais le puissant César, pour éclairer sa nuit,
Fait allumer des hommes !
Il ordonne: et, soudain, comme d'un linceul noir,
Couverte de résine, La victime enflammée illumine, le soir,
Les jardins de Sabine î
On entend dans les airs, parmi les chants joyeux,
Monter les cris sans nombre De ces flambeaux vivants qui luttent sous les feux
Et qui hurlent dans l'ombre !
Sabine, cependant, guide un rapide char,
Par la longue avenue, Ou laisse errer ses doigts sur le luth de César,
Rêveuse et demi-nue !