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ODE XII

Doutes sur la Ptovidence, causés pai- la prospénté des

niéclians.

Que pour une ame fidèle

Le Seigneur a de bonté !

Le vrai bonheur est pour elle;

Et moi j'en avois douté!

Surpris des jours agréables

Que couloient d'heureux coupables ,

Mes yeux en furent troublés.

Jaloux d'un sort si paisible ,

Dans ma carrière pénible ,

Mes pas furent ébranlés.

Par des routes difficiles Quand je marche avec douleur, Quel sont ces hommes tranquilles Que respecte le malheur?

Fils aînés de la fortune.

Exempts de la loi commune Qui nous condamne à souffrir, Et pétris par la nature D'une terre bien plus pure , Sont- ils exempts de mourir?

L'industrieuse élégance Préside à tous leurs plaisirs, Et semble a leur indolence Epargner jusqu'aux désirs.

Dans les festins qu'elle ordonne Tous les mets qu'elle assaisonne Piquent leurs sens endormis; Et la mollesse à leurs tables Verse les vins délectables Qui leur donnent tant d'amis.

A leur rang puis -je prétendre, Moi pauvre , moi malbeureux ?

Ils savent bien me l'apprendre :

Je ne suis fait que pour eux.

De leurs dédaigneux caprices , Salaires de mes services , Pourquoi serois-je surpris?

Pleins de leur grandeur extrême.

Ceux qui bravent le ciel même M'bonorent de leurs mépris.

Si tu regardes la terre, La peux -tu voir sans courroux ?

Grand Dieu, que fait ton tonnerre?

Qu'il parte et nous venge tous.

Hélas! en vain, pour te plaire , J'impose ta loi sévère A mes pas obéissans î Pardon ne -moi ces murmures :

Je lave en vain mes mains pures Au milieu des innocens.

Qu'ai-je dit! plaintes injustes!

Je les cherche : ils ne sont plus.

Déjà nos maîtres augustes A mes yeux sont disparus.

Que de grandeurs terrassées!

Que de pompes éclipsées!

Pompes qui m'a voient trompé, Plus vaines que la folie D'un vain songe qu'on oublie Quand le jour l'a dissipé.

Hélas ! ma perte étoit prête!

Mais Dieu m'a pris par la main , M'a tiré de la tempête, Et m'a placé dans son sein.

Mon ame reconnoissante D'un tendre amour languissante, Ne cherche plus d'autre appui :

C'est lui seul que je demande; Et ma gloire la plus grande Est de m'attacher à lui.

C'en est fait : des biens du monde

Je connois la vanité.

Mon Dieu, sur toi seul je fonde

Toute ma prospérité.

Je te prends pour mon partage ,

Dieu de mon cœur , je m'engage

A t'aimer , a te servir.

0 félicité durable,

() fortune véritable

Que rien ne peut me ravir!

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