‹ PoésiesChapitre 31 sur 64 · ODE XIII · texte numérisé non relu

ODE XIII

TIREE DU PSAUME 8l Contre les mauvais juges.

Juges, ouvrez les yeux, tremblez, dieux de la terre, Le Dieu du ciel arrive armé de son tonnerre :

Nos soupirs vers lui sont montés.

Ce Dieu prête l'oreille à tous tant que nous sommes; Ce Dieu ju^e à son tour ceux qui jugent les hommes;

Il vient , il vous parle, écoutez :

a Serez -vous donc toujours vendus à l'injustice? <f De votre ambition et de votre avarice

c( Quand faut -il espérer la fin?

« Que fait auprès de vous ce riche méprisable? « Pourquoi n'y vois- je point l'indigent qu'il accable?

« Jugez le pauvre et l'orphelin.

« Eh quoi! l'humble soupire, et vous êtes ^tranquilles ! « Quoi! de vos tribunaux, ses plus sacrés asiles,

« L'innocent ne peut approcher!

« S'il gémit sous les mains du méchant qui l'opprime, « S'il y périt, sa mort deviendra votre crime:

« C'est à vous de l'en arracher. »

SACRÉES. /|Oi

Que lui répondront -ils? Hélas! pour lui répondre, Que dis -je! pour l'entendre , et se sentir confondre,

Leurs esprits sont trop aveuglés.

Ils se taisent î 6 honte ! 6 stupide ignorance ! G terre, désormais tu n'as plus d'espérance!

Tes fondemens sont ébranlés.

Vous que j'ai nommés dieux, rentrez dans la poussière. En vain celui qui craint votre puissance altière

Vous porte son encens flatteur :

Au tombeau comme lui vous devez tous descendre. La mort réunira dans une même cendre

Et l'idole et l'adorateur.

Et toi qui vois les maux que souffre l'innocence. Lève-toi donc, Seigneur, prends en main sa défense

Elle attend son secours de toi.

Ta présence peut seule adoucir son martyre; Nous sommes tes sujets , la terre est ton empire :

Viens toi-même y donner la loi.

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