‹ PoésiesChapitre 37 sur 64 · ODE XIX · texte numérisé non relu

ODE XIX

TIRÉE d'iSAIE, C. 1 4-

Cantique des Juifs à leur délivrance de Babylonc.

Comment est disparu ce maître impitoyable! Et comment du tribut dont nous fûmes chargés

Sommes- nous soulagés!

Le Seigneur a brisé le sceptre redoutable Dont le poids accabloit les humains languissans : Ce sceptre qui frappa d'une plaie incurable

Les peuples gémissans.

Nos cris sont apaisés , la terre est en silence. Le Seigneur a dompté ta barbare insolence ,

O fier et rigoureux tyran !

Les cèdres même du Liban

Se réjouissent de ta perte ; a 11 est mort, disent -ils, et l'on ne verra plus

« La montagne couverte f( Des restes de nos troncs par le fer abattus. »

Roi cruel, Ion aspect fit trembler les lieux sombres Tout l'enfer se troubla, les plus superbes ombres Coururent pour te voir.

/po ODES

Les rois des nations, descendant de leur trône,

T'allèrent recevoir.

« Toi-même, dirent -ils, 6 roi de Babylone, «Toi-même, comme nous te voilà donc percé!

« Sur la poussière renversé ,

« Des vers tu deviens la pâture !

« Et ton lit est la fange impure !

(( Gomment es - tu tombé des cieux , « Astre brillant , fils de l'aurore ?

« Puissant roi, prince audacieux, a La terre aujourd'hui te dévore.

« Comment es - tu tombé de cieux , « Astre brillant , fils de l'aurore ? »

Dans ton cœur tu disois : « A Dieu même pareil, « J'établirai mon trône au-dessus du soleil; « Et près de l'aquilon, sur la montagne sainte

« J'irai m'asseoir sans crainte; « A mes pieds trembleront les humains éperdus! »

Tu le disois , et tu n'es plus.

Les passans qui verront ton cadavre paroître Diront en se baissant, pour te mieux reconnoître : « Est-ce là ce mortel, l'effroi de l'univers, « Par qui tant de captifs soupiroient dans les fers; « Ce mortel dont le bras détruisit tant de villes, a Sous qui les champs les plus fertiles a Devenoient d'arides déserts ? »

Tous les rois de la terre oui de la sépulture

Obtenu le dernier honneur.

Toi seul privé de ce bonheur, En tous lieux rejeté, l'horreur de la nature. Homicide d'un peuple à tes soins confié, De ce peuple aujourd'hui tu te vois oublié.

Qu'on prépare à la mort ses enfans misérables : La race des médians ne subsistera pas ; Courez à tous ses fils annoncer le trépas. Qu'ils périssent : l'auteur de leurs jours déplorables

Les a remplis de son iniquité.

Frappez , faites sortir de leurs veines coupables Tout le malheureux sang dont ils ont hérité.

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