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ODE XX

Les vertus chrétiennes.

Toi qui possèdes la puissance ,

La grandeur et la majesté;

Toi qui tiens sous ta dépendance

Notre orgueilleuse volonté ,

G roi des rois, maître des maîtres,

Etre par qui sont tous les êtres,

Centre et lumière des esprits,

De toi seul nos vertus descendent ,

Et de ta source se répandent

Sur les hommes que tu chéris.

Dans riiorreur d'une nuit si noire, Qui peut vers toi marcher sans toi ?

C'est toi qui m'ordonnes de croire , C'est toi qui me donnes la foi.

Dans son audace sacrilège.

Quand l'impie à toute heure assiège Mon cœur fidèle à te servir , Je sais sur qui je me repose,^ Et dans quelles mains je dépose IjC trésor qu'on veut me ravir.

Sur nous que de vapeurs funèbres A vomi l'abîme infernal! De la puissance des ténèbres Est - ce ici le moment fatal ?

Que de colonnes renversées!

Que de lumières éclipsées!

Quel nuage vient nous couvrir!

Non, mon espoir ne peut s'éteindre :

La tempête n'est point à craindre Quand le vaisseau ne peut périr.

L'homme promet, frivole attente!

Le mensonge marche après lui !

Malheur a la main imprudente Qui d'un roseau fait son appui !

Mais Dieu soutient celui qui l'aime.

J'en crois ton oracle suprême.

Grand Dieu, tu ne trompes jamais.

Tu parles, ta parole est stable :

Mon espérance inébranlable Attend tout ce que tu promets.

Quels sermens nous fait ta tendresse.

Et que de gages inouïs!

C'en est trop : sûr de ta promesse ,

Je n'espère plus, je jouis.

Mon amour me donne des ailes ,

Et vers tes clartés éternelles

Par lui je me sens emporté.

Oui, je vole jusqu'à ta gloire :

Déjà j'y suis, et je crois boire Au torrent de ta volupté.

Ici -bas compagne fidèle De l'espérance au front serein, La charité marche avec elle, Et la foi leur donne la main :

Liens sacrés, nœuds adorables.

Qui les rendent inséparables.

Et que Dieu seul peut désunir :

Le temps d'espérer et de croire Finit au grand jour de sa gloire ; Le temps d'aimer ne peut finir.

Oui, tu seras toujours la même, Et ton temps est l'éternité.

Divine ardeur, vertu suprême.

Inaltérable charité.

Si toujours ton feu nous anime Malgré la nuit qui nous opprime , Et malgré le poids de nos corps.

Quand l'objet dont tu nous enflammes Sans voile éclairera nos âmes.

Qu'il rallumera tes transports!

Quand brillera-t il sur nos têtes Ce jour si cher à notre espoir.

Ce grand jour que tu nous apprêtes, Jour qui n'aura jamais de soir?

Que sa lumière sera pure !

Nous n'en pouvons dans la nature Trouver que d'imparfaits crayons :

Ce soleil n'a rien qui l'égale , Quoiqu'au haut des cieux il étale La pompe de tant de rayons.

Sur cette terre infortunée

Quel temps cruel et ténébreux!

O détestable destinée!

Jours pénibles et rigoureux!

Mais si nous semons dans les larmes,

Que la récolte aura de charmes

Au sein de l'éternel séjour!

Et quel prix heureux de nos peines ,

Quand nous entrerons les mains pleines

Des fruits qu'aura produits l'amour!

Fais -les, Seigneur, germer et croître Dans nos cœurs épris de ta loi.

A tes yeux nous pourrons paroître, Si tu nous rends dignes de toi.

Les vertus que tu nous commandes, La moisson que tu nous demandes, C'est de toi que nous l'attendons.

Le travail est notre partage ; Mais le succès est ton ouvrage , Et nos richesses sont tes dons.

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