‹ PoésiesChapitre 3 sur 16 · MA RETRAITE · texte numérisé non relu

MA RETRAITE

Sitôt que le Printemps sourit à la nature, Qu'au souffle du zéphir tout semble ranimé;

Que sur les champs voilés d'une fraîche tenture S'élève et se balance un nuage embaumé , J'aime à voir les buissons 5 où l'abeille fourmille , Quand sur le blanc sommet des arbustes fleuris ,

Ou sur l'odorante charmille Volent , en gazouillant , mes oiseaux favoris , Qui vont sous les rameaux abriter leur famille. J'aime à voir dans les prés le fougueux étalon,

De ses narines écumantes Aspirer à longs traits , tourné vers l'aquilon , Les miasmes connus qu'exhalent ses amantes.

Il s'enivre de cette odeur; Haletant de plaisir, de courage et d'ardeur, Il tressaille, il se cabre , il s'élance vers elles Et l'amour à ses pieds semble prêter des ailes.

aÇÊK

Partout règne l'amour; il vient tout enflammer,

Dans les bois courbés en arcades , Dans les fleuves tombant en sonores cascades ,

Tout ressent le besoin d'aimer.

Les hôtes des forêts sortent de leur tanière ; J'aime à les voir bondir sur l'herbe printanière. J'aime à voir la colombe , au plumage d'argent , Nuancer de son cou le beau reflet changeant ; Les papillons nouveaux , dont le sort fait envie , Et qui de fleurs en fleurs vont promenant leur vie , Sur la rose ou le lys éclatant de blancheur, Savourer, en jouant , le baume et la fraîcheur.

CM<3i- O

Combien je suis heureux sous la tendre feuillée , Que la brumeuse Nuit de ses pleurs a mouillée,

Hais le printemps est court, hâtez-vous d'eu jouir,

Vous du moins , qui savez unir L'âme du philosophe à celle du poète ! l'ourles cœurs froids et secs la nature est muette.

MHâL>> \

Napoléon, 5 mai 5

Napoléon sur la place Vendôme. .... 15

Napoléon (1834-) , 23

A Napoléon (1835) 33

Gloire et Néant 43

A Louis-Philippe 1.™ (1831) 51

Fantasmagorie. . 55

Lille. Imprimerie d'Emile DUR1EUX.

par

Page 1