MA RETRAITE
Sitôt que le Printemps sourit à la nature, Qu'au souffle du zéphir tout semble ranimé;
Que sur les champs voilés d'une fraîche tenture S'élève et se balance un nuage embaumé , J'aime à voir les buissons 5 où l'abeille fourmille , Quand sur le blanc sommet des arbustes fleuris ,
Ou sur l'odorante charmille Volent , en gazouillant , mes oiseaux favoris , Qui vont sous les rameaux abriter leur famille. J'aime à voir dans les prés le fougueux étalon,
De ses narines écumantes Aspirer à longs traits , tourné vers l'aquilon , Les miasmes connus qu'exhalent ses amantes.
Il s'enivre de cette odeur; Haletant de plaisir, de courage et d'ardeur, Il tressaille, il se cabre , il s'élance vers elles Et l'amour à ses pieds semble prêter des ailes.
aÇÊK
Partout règne l'amour; il vient tout enflammer,
Dans les bois courbés en arcades , Dans les fleuves tombant en sonores cascades ,
Tout ressent le besoin d'aimer.
Les hôtes des forêts sortent de leur tanière ; J'aime à les voir bondir sur l'herbe printanière. J'aime à voir la colombe , au plumage d'argent , Nuancer de son cou le beau reflet changeant ; Les papillons nouveaux , dont le sort fait envie , Et qui de fleurs en fleurs vont promenant leur vie , Sur la rose ou le lys éclatant de blancheur, Savourer, en jouant , le baume et la fraîcheur.
CM<3i- O
Combien je suis heureux sous la tendre feuillée , Que la brumeuse Nuit de ses pleurs a mouillée,
Hais le printemps est court, hâtez-vous d'eu jouir,
Vous du moins , qui savez unir L'âme du philosophe à celle du poète ! l'ourles cœurs froids et secs la nature est muette.
MHâL>> \
Napoléon, 5 mai 5
Napoléon sur la place Vendôme. .... 15
Napoléon (1834-) , 23
A Napoléon (1835) 33
Gloire et Néant 43
A Louis-Philippe 1.™ (1831) 51
Fantasmagorie. . 55
Lille. Imprimerie d'Emile DUR1EUX.
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