L.-T. SEMET et J. BARROIS
LILLE, Emile DURIEUX,
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5 mai-
Le cinq mai î C'est le jour où le grand capitaine . Qui crut sur le monde vassal
(*) On trouve dans les Souvenirs poétiques, publiés par L.-T. S'émet en t853; deux odes sur Napoléon, intitulées : L'ANNiVERSUREet Sainte- Hélène.
Etendre son bras colossal , Mourut abandonné dans une île lointaine. Comme ce Jupiter dont le front radieux ,
En s'inclinant, épouvantait les Dieux, Napoléon vainqueur fit tout trembler ; sa gloire Sillonne en traits de feu les pages de l'histoire , Et les champs ? qu'inondaient ses nombreux bataillons , De nos boulets encor conservent les sillons.
De l'immortalité l'étoile éblouissante
Planait , comme un soleil , sur sa tête puissante ;
Aux nations il imposait ses lois ; Ses yeux avec mépris s'abaissaient sur la terre , Et, se faisant du glaive un sceptre militaire,
11 arpentait l'Europe , en semant des exploits. Celui qui dans les cieux dressait son front sublime ,
Sous ses pieds caeliait le néant.
Les flots gardent sa tombe !... il fallait un abîme
Pour ensevelir ce géant.
QD
Quand parfois un vaisseau sur la mer calme et nue ,
Rampe vers cette île inconnue
Où repose notre Attila , Le nautonnier , voyant sur la rive prochaine Un tombeau, les débris d'un sceptre et d'une chaîne,
Se dit , en pleurant : u U est là ! v> C est là qu'il méditait , au bruit de la tempête , Image des pensers qui roulaient dans sa tête ; Debout sur ce rocher , comme sur un glacis ,
11 promenait au loin ses regards indécis ; Les vents, qui rugissaient sur la vague enflammée Parlaient de ses revers et de sa renommée ; Enfin il disparut , et dans un froid cercueil , Dieu, seul être éternel, resserra son orgueil.
An ! s'il n'eût point , aux yeux de la France trompée , Contre un vain hochet d'or échangé son épée ! Les pieds sur le Kremlin et sur TEscurial , 11 aima mieux régner sur un amas de cendre ; De son beau consulat il aima mieux descendre Jusqaies au trône impérial !