PE»DA»T
Le masque du Consul est brisé ; l'Empereur , Couronné par ses mains , se dévoile et se nomme ;
La Loi se tait devant un homme ;
C'est le calme de la terreur.
Peuple déçu , rougis de honte et de colère î Foulant, pour s'élever, tes droits et son devoir, Ce roi républicain , ce tyran populaire S'isole, avec orgueil, au sommet du pouvoir. Droit sur un trône il rêve , et sa tête baissée Succombe sous le poids d'une vaste pensée.
Il s'élance soudain ; ne Je voyez-vous pas,
Brillant comme l'éclair et prompt comme la foudre ?
Ceux qui meurent pour lui bénissent leur trépas ;
Et les rois , le front dans la poudre ,
Baisent l'empreinte de ses pas.
Tandis que notre aiglon s'écliappe de son aire , Et s'ouvre vers le ciel un sublime chemin , Au grand jour d'Austerlitz , le vieux aigle germain Tombe et roule écrasé sous cent coups de tonnerre.
Tout monarque est muet ; tout peuple est interdit.
Mais le bruit du canon , ce tocsin militaire ,
Sous les murs d'Iéna bondit et rebondit ;
Les Français dans la Prusse ont vaincu l'Angleterre.
Partout Napoléon marche en triomphateur ;
On n'ose sans effroi mesurer sa hauteur.
Son glaive sera-t-il le sceptre de la terre?
Non , le feu de Moscou séchera ses lauriers.
Le géant fait un pas , il touche au Borysthène ,
Par bonds désordonnés suit sa route lointaine....
Un sépulcre de neige engloutit nos guerriers.