‹ PoésiesChapitre 6 sur 16 · PE»DA»T · texte numérisé non relu

PE»DA»T

Le masque du Consul est brisé ; l'Empereur , Couronné par ses mains , se dévoile et se nomme ;

La Loi se tait devant un homme ;

C'est le calme de la terreur.

Peuple déçu , rougis de honte et de colère î Foulant, pour s'élever, tes droits et son devoir, Ce roi républicain , ce tyran populaire S'isole, avec orgueil, au sommet du pouvoir. Droit sur un trône il rêve , et sa tête baissée Succombe sous le poids d'une vaste pensée.

Il s'élance soudain ; ne Je voyez-vous pas,

Brillant comme l'éclair et prompt comme la foudre ?

Ceux qui meurent pour lui bénissent leur trépas ;

Et les rois , le front dans la poudre ,

Baisent l'empreinte de ses pas.

Tandis que notre aiglon s'écliappe de son aire , Et s'ouvre vers le ciel un sublime chemin , Au grand jour d'Austerlitz , le vieux aigle germain Tombe et roule écrasé sous cent coups de tonnerre.

Tout monarque est muet ; tout peuple est interdit.

Mais le bruit du canon , ce tocsin militaire ,

Sous les murs d'Iéna bondit et rebondit ;

Les Français dans la Prusse ont vaincu l'Angleterre.

Partout Napoléon marche en triomphateur ;

On n'ose sans effroi mesurer sa hauteur.

Son glaive sera-t-il le sceptre de la terre?

Non , le feu de Moscou séchera ses lauriers.

Le géant fait un pas , il touche au Borysthène ,

Par bonds désordonnés suit sa route lointaine....

Un sépulcre de neige engloutit nos guerriers.

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