APRES
Les peuples haletaient sous le poids de sa gloire ,
11 avait sur sa trace enchaîné la Victoire ,
De royaume en royaume il courait triomphant :
îl faisait de l'Europe une sanglante arène, Mais il oubliait Dieu , dont la main souveraine Brise un trône usurpé , comme un jouet d'enfant.
Voila Napoléon captif! Où sont ces braves , D'un soldat parvenu fanatiques esclaves , Et ces nobles valets, naguère si soumis, Et ces adulateurs parés du nom d'amis , Qui ,|fiers de s'atteler au joug de sa puissance , Dégoûtaient l'Empereur de leur obéissance? L'Empereur n'est plus rien , car il est malheureux. Ces affranchis d'hier, longtemps plèbe vassale , Ont craint que sa grandeur fragile et colossale Ne les pulvérisât , en s'écroulant sur eux.
Comme s'il entendait le signal des alarmes .
Le héros expirant s'entoure de ses armes , S'élance dans l'éternité , Et seul . devant l'Être suprême , Courbant son front sans diadème ,
Reconnaît qu'ici-bas tout n'est que vanité.
Il est tombé du haut de son immense empire , Ce nouveau roi des rois , moderne Agamemnon ; Lui , qui ne s'éveillait qu'aux appels du canon ,
C'est loin des combats qu'il expire !
Il vint par son exil ennoblir un écueil ; Un suaire en lambeaux à présent l'environne. Adieu, sceptre, lauriers, glaive, pourpre, couronne;
Tout s'abîme dans un cercueil !
NAPOLEON
HAFOLÉOlf.
Assemblage confus de néant et d'orgueil ,
Toi , trui planais debout sur un char de victoire ,
Et, foudroyé par Dieu, tombas sur un écueil , Comme un cierge d# mort , le flambeau de ta gloire A de nos libertés éclairé le cercueil.
La France t'admirait , mais l'éclat de tes armes De ses yeux éblouis faisait jaillir des larmes ; L'Europe était ta cour ; les rois , tes courtisans \
Le monde entier t'a vu quinze ans Dans ton vol d'ouragan déraciner les trônes ; Les rois même, abreuvés de malheurs et d'affronts , Venaient à tes genoux mendier des couronnes , Que ton pied dédaigneux rejetait sur leurs fronts.
Ta voix faisait trembler leur vaste territoire ;
Ton glaive y dessinait des royaumes nouveaux ; Puis , couronnant en paix tes belliqueux travaux , Dans un bronze animé tu coulais ton histoire. Mais tout ^ excepté Dieu , doit changer ou finir ! Les jarrets dans le sang , le front dans la fumée ,
On atteint à la renommée ; On ne laisse après soi qu'un triste souvenir!
La France sous des rois n'était plus enchaînée; Une lance à la main , le pied sur un affût ,
Elle avait dit à l'Europe étonnée :
* Que la Liberté soit ! » Et la Liberté fut.
Bientôt la République-mère î)e ses flancs déchirés vomit un Empereur -,
Et , jetant une plainte amère , Devant son propre fils recule avec horreur*
Cet Empereur , c'est toi ! d'épouvante frappée L'aigle des Allemands fuit , tombe et se soumet.
Va , comme un autre Mahomet , Convertir par l'effroi , la menace et l'épée ! Plonge dans l'avenir , c'est ton domaine ; pars ! La Victoire , guidant ta marche solennelle , Comme d'un bouclier , te couvre de son aile 5 Ton pied , en les heurtant , fait crouler des remparts. Si les peuples sur toi jettent leur ana thème , Tu combats pour t' absoudre , et ton lugubre nom
Gronde , même à travers les foudres du canon ; Dans la flamme et le sang tu cherches un baptême.
Malheur aux conquérants que la terre a maudits! Tu traînes k ton char les vaincus hors d'haleine ; Mais cette route immense , où tes guerriers hardis Te suivent , pour dompter Vienne , Rome et Cadix , En traversant Moscou , finit à Sainte-Hélène.
Désenivré de tes succès , N'ayant pour étendard qu'un lambeau tricolore , Tu fuis du Borysthène , et ton orgueil implore La Liberté proscrite et le peuple français. Mais ce peuple géant, dont l'œil de feu scintille, Ce peuple , qui d'un bond broyait une bastille , Honteux de ta défaite et las de se courber , Sourit, croise les bras, et te laisse tomber.
Te voilà sans couronne et banni de la France ! Quatre amis dévoués , courtisans du malheur, Dans l'abîme de ta souffrance Jettent une part de la leur.
Quand le soleil s'éteint sous la mer azurée , Ils versent, en gardant ta couche de douleur, Le baume de l'espoir sur ton âme ulcérée , Et parfois , en pleurant , impriment un baiser Sur tes fers glorieux , qu'ils ne peuvent briser.
Mais quel astre-volcan, (*) à ton heure dernière^
Promène dans les cieux sa brillante crinière ?
L'implacable Remords , envoyé de l'enfer ,
Sur ton sein , qui rugit , pose sa main de fer ;
Ta tête lentement se soulève et retombe !
Tu commandais naguère au peuple souverain ;
La Mort aussi commande ; elle parle , et ta tombe
Referme avec fracas ses deux portes d'airain.
Colosse impérial , colosse militaire,
Tu t'appuyais d'un bras sur notre continent ,
De l'autre , tu cherchais à saisir l'Angleterre ;
Mais un gouffre à tes pieds s'entrouvre . et maintenant
Il te reste un vieux saule et quelques pieds de terre.
(*) Dans le mois de février 4824, une comète parut au-dessus deSte.- Hélene; Napoléon songea d'abord a celle de Jules-César, et sembla prévoir que sa propre mort était prochaine.
(Norv'ins , Histoire de Napoléon.)
Gloire et Uéant
âL©OKl ET Mt&WT.
Il est là , sous mes pieds , ce fameux conquérant ! Les peuples devant lui s'inclinaient en silence;
Et ses guerriers , comme un torrent Dont un obstacle même accroît la violence , Brisaient, renversaient tout, et passaient en courant. Les peuples devant lui s'inclinaient en silence ; 11 est là , sous mes pieds , ce fameux conquérant I
D'un souffle Dieu brisa ce colosse fragile ;
Celui dont le nom seul a fait trembler d'effroi ?
Consumé lentement sur sa couche d'argile t
N'est plus même un cadavre.... et ce fut un grand roi î
Jeté par un orage au faîte de la gloire , Avec l'orage il est parti \
Un tombeau rappelait sa lugubre mémoire ,
Ce tombeau s'est anéanti.
Sur le sol « que foulait ce monument superbe , Aujourd'hui le chevreuil bondit et broute l'herbe,
Ainsi , rois et sujets , esclaves et tyrans , Le niveau de la mort égalise vos rangs.
Ainsi tout homme , soit qu'il meure Ou sur le trône ou dans les fers , Doit oublier, au sein d'une étroite demeure , Les maux qu'il a causés , ou ceux qu'il a soufferts.
Dublier! qu'ai-je dit? C'est en vain qu'on l'espère 5
Quand sous un char de bronze on broya les humains* Dieu tient le sort des rois dans ses terribles mains ; Heureux qui trouve en lui moins un juge qu'un père !
Exploits maudits du ciel ! triomphes désastreux !
Vaine et sanglante renommée !
Eclat fascinateur qui se perd en fumée ! Des bourreaux couronnés se disputent entre eux , Et , comme une hécatombe , égorgent une armée \ Us changent en déserts de florissants états , Par des crimes nouveaux comblent leurs attentats , Pétrissent sous leurs pieds la cendre des royaumes i Et l'univers tremblant dit : « ce sont des grands-hommes! «J
Malheur à qui d'un peuple outrage la fierté !
Honte à qui fait ployer les têtes !
Aux sinistres lueurs du glaive des conquêtes ,
Tremble et s'enfuit la Liberté ; Et souvent sur le trône , avec la Tyrannie , Le Crime vient s'asseoir à côté du Génie.
Rois, épargnez le sang des malheureux mortels ,
Et ne le mêlez point avec la fange immonde.
Hélas ! oubliez-vous qu'aux premiers temps du monde ,
La Bienfaisance eut les premiers autels ? Songez , songez plutôt , images de Dieu même , Que le bonheur du peuple est votre loi suprême.
otted-c/tAtuA/ie /.*'
Roi des Français.
Cottts-ptjtUjjpe \et
fëot t/ed J^tançaù.
Monarque-citoyen par la France adopte , Étends sur notre Charte une main tutélaive ;
Fais sur le nouveau trône asseoir la Liberté \ Enlace au diadème un laurier populaire.
Quand à Paris le front de chaque tour Se couronnait d'un turban tricolore , Quand le soleil , brûlant même à l'aurore , De notre gloire annonçait le retour, Des deux partis terminant la querelle Tu fus choisi par trois cent mille voix. La Liberté te prit sous son pavois ; 31 t'en souvient; ne règne que par elle !
Restons unis sans craindre l'étranger.
Si contre nous se liguent les despotes , Toi , ralliant nos frères patriotes , Tu voleras au poste du danger.
Vienne l'instant ; notre invincible armée À pour clairons les chants du coq gaulois ; Nos boucliers sont nos tables des lois Et nos drapeaux brillant dans la fumée.
Vis pour le peuple , et brave le concours De la Licence et de la Tyrannie; Brave ces rois dont la gloire ternie Doit emprunter le vain faste des cours. Qu'une autre gloire à nos yeux t'environne ! Soldat français , de pourpre revêtu ,
Sois vertueux ! l'éclat d'une vertu Efface bien celui de la couronne.
Monarque-citoyen par la France adopté , Etends sur notre Charte une main tutélaire ; Fais sur le nouveau trône asseoir la Liberté ; Enlace au diadème un laurier populaire !
^W^VMIM^
Voici l'instant, messieurs; venez , grands et petits ; Venez voir , venez voir un spectacle gratis ,
Un spectacle risible , un spectacle tragique ; Nous allons Vous montrer la lanterne magique.
Voyez s'ébattre , et rire , et boire et badiner Ces goinfres , accroupis autour d'un bon dîner ! Un malheureux est là , qui gémit à leur porte ; Affamé , languissant , il va mourir ; qu'importe ! Jamais par la Fortune un mortel outragé Devrait-il avoir faim , quand ils ont bien mangé ? Contraste révoltant d'égoïste insolence , Et de misère extrême et d'extrême opulence !
Voyez ce freluquet si bêtement hautain ,
Ce cuistre barbouillé de grec et de latin !
Fier comme un sénateur dans sa chaise curule ,
Comme un sceptre d'ivoire il porte sa férule ,
Et veut tout censurer à tort comme à travers.
Voyez ce rimailleur t qui rabotte des vers ,
A tout ce qu'ont produit la Grèce et Rome antique ,
Préférer de beaucoup son fatras romantique.
Cet autre , décoré du nom de médecin 5 Exerce impunément le métier d'assassin ; Breveté charlatan , il court de ville en ville Exploiter l'ignorance et la crainte servile ; Sa gloire aux yeux des sots , comme un astre , a relui ; Aucun de ses clients ne se plaindra de lui ; Tous sont discrets ; pour mieux les contraindre à se taire, 11 les ferait dormir à quelques pieds sous terre,
Voyez clans un salon cet imberbe faquin ,
Qui , naguère écolier, se dit républicain.
Aurait-il quelques droits à ce beau privilège ?
Sans doute ; il a traduit ses auteurs de collège.
Il peut d'un vieux Romain , d'un rigide Caton
Se donner le maintien, les gestes et le ton.
Nous ne partageons pas (et c'est ce qui l'irrite)
Sa haute opinion sur son petit mérite ;
Fier dans son désespoir , le grotesque marmot
Se dit , comme Brutus : ù la vertu n'est qu'un mot ! a
Voyez ce dameret, jouet des courtisanes, Tout gluant de sirop , s'imbiber de tisanes ; Voyez , messieurs , voyez se traîner d'un pas lent Cet ami des plaisirs , ce cadavre ambulant ,
— fil —
Pâle dès son aurore et vieux dès sa jeunesse; Ce sale débauché ; pétri de lait d'ànessse , Et portant sur le front la marque du trépas , Toujours du fossoyeur croit entendre les pas. Voyez ce vil mari, sans honte et sans scrupule, A la dévotion réunir la crapule , Et , selon la beauté , la fortune ou les rangs , Prostituer sa femme à des prix différents. Voyez , autour de lui , ces Phrynés subalternes , Promener leurs amours au reflet des lanternes , Et, sous leurs pieds fangeux balayant les chemins , Provoquer les passants et leur tendre les mains. Fuyez comme un poison leur perfide tendresse, Jeunes-gens , évitez le piège qu'on vous dresse ! Ces nymphes , dont le front de grâce est revêtu , Sont riches en beauté , mais pauvres eu vertu.
Voyez cet artisan , le cœur gros de vengeance, Ronger avec fureur le pain de l'indigence ; Enfermé nuit et jour dans un sombre atelier, De l'élroite misère il traîne le collier ; Des lâches , insultant à sa pudeur austère , Osent lui proposer un trafic adultère , Et , la bourse à la main , marchandant sa moitié , Au prix de son honneur lui vendraient leur pitié.
Voyez , messieurs, voyez ce crédule jeune-homme; Dans sa ville natale à bon droit on le nomme Artiste, philosophe , écrivain de talent; Mais ce n'est point assez , il veut être opulent. Le voilà dans Paris , dans ce bruyant dédale Où l'intrigue se vautre , où règne, le scandale;
11 cherche la fortune et la céléhrité .
Et meurt dans le besoin et dans F obscurité.
Il se livre aux transports d'une impuissante rage ,
Sans avoir un ami pour lui crier : courage !
Pour soulever sa tête et recueillir ses pleurs ,
Pour amollir du moins sa couche de douleurs.
Mais que dis-je ? un ami! c'est un vrai phénomène !
Une variété de notre espèce humaine !
O toi , <|ui te raidis dans ton dernier linceul,
Dieu te reste du moins , et tu ne meurs pas seul !
Ainsi , littérateurs qu'enflamme le génie ,
Travaillez sans relâche , endurez l'insomnie.
Et puis rassurez-vous ; pour asile dernier ,
A défaut d'hôpital vous aurez un grenier !
Yovez dans son bureau ce seras folliculaire ;
En riant du public, il gagne son salaire.
Son style rebattu brille comme un clinquant ;
Les niais éblouis le trouvent éloquent.
Voulez -vous une phrase ou flatteuse ou maligne ?
Achetez ! tout se vend à quatre sous la ligne.
Voyez ce polyglotte ! II prône Jacotot ;
Tantôt dans sa boutique il dégoise , tantôt
Il récite en public d'assommantes harangues ;
Mais lui-même qu' est-il? un sot en plusieurs langues.
Voyez au clair de lune un chevalier courtois , Qui, pour mieux voir sa dame ; escalade les toits;
Il traverse une cour , et la porte docile A ses pas dérobés laisse un chemin facile. Tout-à-coup , ô revers ! un chien , les yeux ardents , Paraît, dresse l'oreille, et découvre ses dents. Voyez ces deux rivaux arrêtés face à face ; Que deviendra l'amant? que croyez-vous qu'il fasse? Qu'armé d'un froid courage ou d'un mépris moqueur , Sur le cou du Cerbère il pose un pied vainqueur? Oh ! non ; devant le chien notre homme , qui grelotte , Lui laisse dans la gueule un pan de sa culotte ; Honteux comme un renard qu'une poule aurait pris , 11 est heureux encor d'être quitte à ce prix.
Regardez -ce grimaud , appTenti géomètre , Bouffi déclamateur , qui se croit passé maître.
Saurait-il s'élever, clans ses calculs étroits ,
Jusqu'aux proportions d'une règle de trois?
Bien plus ! 11 gesticule, il s'enroue, il s'étrangle
Au sujet d7un sinus, d'une courbe ou d'un angle.
Mais aux poètes-rois du théâtre français
Ce Zoïle hargneux conteste leurs succès.
À l'en croire , « Cinna , Mérope , Iphigénie ,
« Manquent souvent d'intrigue et même de génie.
y Delavigne, Àncelot, Soumet, Dumas, Hugo,
« Rentreraient au néant, s'il disait: quos ego !
o. Beaumarchais , qui du drame ignore le principe ,
« Brille d'un vain éclat , qu'un vain souffle dissipe, w
Et toi , grave Ducis , toi , sombre Crébillon , Un stupide critique , un chiffreur , un brouillon Vous condamne à ramper sur les bancs d'une école ! 11 a d'autres arrêts dressé le protocole : « Arnault , Chénier , Duval , Andrieux et Picard , « Enterrés dans l'oubli , pourriront à l'écart.
« D'Harleville est un sot , et sa muse écolière « Se traîne, en clopinant , sur les pas de Molière.
o Destouches et Régnard, Molière même *i — Assez
De propos saugrenus, l'un sur l'autre entassés1. De Molière aujourd'hui les œuvres sont proscrites ; Molière'..... il est encor l'effroi des hypocrites !
O-Siip™
Voyez , messieurs , voyez ces Tartufes nouveaux
Devant les spectateurs se grimer en dévots.
On les dit bons chrétiens , mais ils font, quoi qu'on dise ,
De leur dévotion métier et marchandise.
Voyez surtout . voyez ce grossier charlatan ,
Souple comme un esclave ou fier comme un sultan ;
Pétri de vanité , de ruse et de bassesse,
Qui sans cesse intriguant , et rebuté sans cesse ,
Tantôt , la tête nue et le cierge à la main , Du Christ , en plein soleil , éclaire le chemin; Tantôt , devant la nef des temples catholiques , S asperge.^ d'eau bénite ou baise des reliques. 0 vous , qu'il a séduits , crédules citoyens , Courage ! flétrissez de semblables moyens. Ouvrez les yeux! Celui que vous croyez fidèle, Celui que vous nommez votre frère modèle , Le sang de votre sang , la chair de votre chair , Est un perfide ami qui vous coûtera cher. Oh ! ne vous fiez point a sa pieuse mine ; Dans le Catholicisme il exploite une mine ! Et son front rougirait , sous la honte abattu , Si vous brisiez d'un coup son masque de vertu. A l'église , il se pose en austère lévite , Et puis , dans les banquets où le monde l'invite , 11 rime . chante et boit, comme les troubadours, Ou valse , en déployant sa gentillesse d'ours.
Scène de carnaval ! Ignoble comédie î Farce de baladin , par les sots applaudie ! Elevé , non sans peine , au rang de marguilliei , Monsieur veut être maire , ou du moins conseiller. Sa folle ambition compte bien des naufrages ! Il persévère ; il court mendier des suffrages. Yoit-il un vieux rentier? Il guette le moment De lui jeter au nez un petit compliment; Il se fait courtisan du richard imbécile , Le conduit par le bras jusqu'à son domicile ; Bref, il doit parvenir ; car toujours les honneurs Sont pour les intrigants et pour les flagorneurs,
Voyez ces érudits voués à la routine , Amuser gravement leur vieillesse enfantine ;
Voyez s'attribuer le nom d'historiens Ces lourds compilateurs , qui ramassent des riens. Vous riez ? croyez-en leur langage candide , Ils égalent Tacite, ou du moins Thucydide.
Voyez cet Harpagon (*) , qui , devant un écu , Fléchirait les genoux, et s'avoûrait vaincu; Voyez-le se gorger de honte et de rapines ! % Il veille dans la crainte , et dort sur les épines. Des biens de sa famille indigne possesseur, Le lâche a ruiné ses neveux et sa sœur. Il entasse chez lui , comme dans un repaire , Les fonds et les contrats qu'a dérobés son père ; Ses enfants grimaciers, qu'il nomme ses bijoux,
(*) L'Avare de Molière.
Singes qui feraient peur , même à des sapajoux , Élevés par lui-même et par sa cligne amie , Comptent l'argent pour tout, et pour rien l'infamie. Que vous dirai-je encor? Ce Bégears (*) effronté , De ses sordides mœurs vante l'austérité . Savez-vous ce que fut et ce qu'est son ménage? Un bourbier d'adultère et de concubinage. Pourrais-je prononcer, sans cracher de dégoût , Son nom ? il salirait la fange d'un égoût !
Le voilà ce spectacle ou risible ou tragique ! Vous avez vu , messieurs , la lanterne magique; Assez pour aujourd'hui ! Si vous êtes contents , Nous vous en montrerons bien plus !.. en d'autres tems.
(*) Le nouveau Tartuve Je Beaumarchais.
oeàteà.
2 Ouvrages de L#-T, Semet :
Jeanne d'Arc, poème en 10 chants (a.c édit.). Guillaume de Nassau, idem (i.re édit.).
Souvenirs poétiques.
mélanges littéraires.
Ouvrages de E<.-T* Semet et •!. Bar rois.
Poésies (i.er recueil, sans noms d'auteurs). Poésies (a.« recueil, avec les noms des auteurs).