‹ PoésiesChapitre 7 sur 16 · APRES · texte numérisé non relu

APRES

Les peuples haletaient sous le poids de sa gloire ,

11 avait sur sa trace enchaîné la Victoire ,

De royaume en royaume il courait triomphant :

îl faisait de l'Europe une sanglante arène, Mais il oubliait Dieu , dont la main souveraine Brise un trône usurpé , comme un jouet d'enfant.

Voila Napoléon captif! Où sont ces braves , D'un soldat parvenu fanatiques esclaves , Et ces nobles valets, naguère si soumis, Et ces adulateurs parés du nom d'amis , Qui ,|fiers de s'atteler au joug de sa puissance , Dégoûtaient l'Empereur de leur obéissance? L'Empereur n'est plus rien , car il est malheureux. Ces affranchis d'hier, longtemps plèbe vassale , Ont craint que sa grandeur fragile et colossale Ne les pulvérisât , en s'écroulant sur eux.

Comme s'il entendait le signal des alarmes .

Le héros expirant s'entoure de ses armes , S'élance dans l'éternité , Et seul . devant l'Être suprême , Courbant son front sans diadème ,

Reconnaît qu'ici-bas tout n'est que vanité.

Il est tombé du haut de son immense empire , Ce nouveau roi des rois , moderne Agamemnon ; Lui , qui ne s'éveillait qu'aux appels du canon ,

C'est loin des combats qu'il expire !

Il vint par son exil ennoblir un écueil ; Un suaire en lambeaux à présent l'environne. Adieu, sceptre, lauriers, glaive, pourpre, couronne;

Tout s'abîme dans un cercueil !

NAPOLEON

HAFOLÉOlf.

Assemblage confus de néant et d'orgueil ,

Toi , trui planais debout sur un char de victoire ,

Et, foudroyé par Dieu, tombas sur un écueil , Comme un cierge d# mort , le flambeau de ta gloire A de nos libertés éclairé le cercueil.

La France t'admirait , mais l'éclat de tes armes De ses yeux éblouis faisait jaillir des larmes ; L'Europe était ta cour ; les rois , tes courtisans \

Le monde entier t'a vu quinze ans Dans ton vol d'ouragan déraciner les trônes ; Les rois même, abreuvés de malheurs et d'affronts , Venaient à tes genoux mendier des couronnes , Que ton pied dédaigneux rejetait sur leurs fronts.

Ta voix faisait trembler leur vaste territoire ;

Ton glaive y dessinait des royaumes nouveaux ; Puis , couronnant en paix tes belliqueux travaux , Dans un bronze animé tu coulais ton histoire. Mais tout ^ excepté Dieu , doit changer ou finir ! Les jarrets dans le sang , le front dans la fumée ,

On atteint à la renommée ; On ne laisse après soi qu'un triste souvenir!

La France sous des rois n'était plus enchaînée; Une lance à la main , le pied sur un affût ,

Elle avait dit à l'Europe étonnée :

* Que la Liberté soit ! » Et la Liberté fut.

Bientôt la République-mère î)e ses flancs déchirés vomit un Empereur -,

Et , jetant une plainte amère , Devant son propre fils recule avec horreur*

Cet Empereur , c'est toi ! d'épouvante frappée L'aigle des Allemands fuit , tombe et se soumet.

Va , comme un autre Mahomet , Convertir par l'effroi , la menace et l'épée ! Plonge dans l'avenir , c'est ton domaine ; pars ! La Victoire , guidant ta marche solennelle , Comme d'un bouclier , te couvre de son aile 5 Ton pied , en les heurtant , fait crouler des remparts. Si les peuples sur toi jettent leur ana thème , Tu combats pour t' absoudre , et ton lugubre nom

Gronde , même à travers les foudres du canon ; Dans la flamme et le sang tu cherches un baptême.

Malheur aux conquérants que la terre a maudits! Tu traînes k ton char les vaincus hors d'haleine ; Mais cette route immense , où tes guerriers hardis Te suivent , pour dompter Vienne , Rome et Cadix , En traversant Moscou , finit à Sainte-Hélène.

Désenivré de tes succès , N'ayant pour étendard qu'un lambeau tricolore , Tu fuis du Borysthène , et ton orgueil implore La Liberté proscrite et le peuple français. Mais ce peuple géant, dont l'œil de feu scintille, Ce peuple , qui d'un bond broyait une bastille , Honteux de ta défaite et las de se courber , Sourit, croise les bras, et te laisse tomber.

Te voilà sans couronne et banni de la France ! Quatre amis dévoués , courtisans du malheur, Dans l'abîme de ta souffrance Jettent une part de la leur.

Quand le soleil s'éteint sous la mer azurée , Ils versent, en gardant ta couche de douleur, Le baume de l'espoir sur ton âme ulcérée , Et parfois , en pleurant , impriment un baiser Sur tes fers glorieux , qu'ils ne peuvent briser.

Mais quel astre-volcan, (*) à ton heure dernière^

Promène dans les cieux sa brillante crinière ?

L'implacable Remords , envoyé de l'enfer ,

Sur ton sein , qui rugit , pose sa main de fer ;

Ta tête lentement se soulève et retombe !

Tu commandais naguère au peuple souverain ;

La Mort aussi commande ; elle parle , et ta tombe

Referme avec fracas ses deux portes d'airain.

Colosse impérial , colosse militaire,

Tu t'appuyais d'un bras sur notre continent ,

De l'autre , tu cherchais à saisir l'Angleterre ;

Mais un gouffre à tes pieds s'entrouvre . et maintenant

Il te reste un vieux saule et quelques pieds de terre.

(*) Dans le mois de février 4824, une comète parut au-dessus deSte.- Hélene; Napoléon songea d'abord a celle de Jules-César, et sembla prévoir que sa propre mort était prochaine.

(Norv'ins , Histoire de Napoléon.)

Gloire et Uéant

âL©OKl ET Mt&WT.

Il est là , sous mes pieds , ce fameux conquérant ! Les peuples devant lui s'inclinaient en silence;

Et ses guerriers , comme un torrent Dont un obstacle même accroît la violence , Brisaient, renversaient tout, et passaient en courant. Les peuples devant lui s'inclinaient en silence ; 11 est là , sous mes pieds , ce fameux conquérant I

D'un souffle Dieu brisa ce colosse fragile ;

Celui dont le nom seul a fait trembler d'effroi ?

Consumé lentement sur sa couche d'argile t

N'est plus même un cadavre.... et ce fut un grand roi î

Jeté par un orage au faîte de la gloire , Avec l'orage il est parti \

Un tombeau rappelait sa lugubre mémoire ,

Ce tombeau s'est anéanti.

Sur le sol « que foulait ce monument superbe , Aujourd'hui le chevreuil bondit et broute l'herbe,

Ainsi , rois et sujets , esclaves et tyrans , Le niveau de la mort égalise vos rangs.

Ainsi tout homme , soit qu'il meure Ou sur le trône ou dans les fers , Doit oublier, au sein d'une étroite demeure , Les maux qu'il a causés , ou ceux qu'il a soufferts.

Dublier! qu'ai-je dit? C'est en vain qu'on l'espère 5

Quand sous un char de bronze on broya les humains* Dieu tient le sort des rois dans ses terribles mains ; Heureux qui trouve en lui moins un juge qu'un père !

Exploits maudits du ciel ! triomphes désastreux !

Vaine et sanglante renommée !

Eclat fascinateur qui se perd en fumée ! Des bourreaux couronnés se disputent entre eux , Et , comme une hécatombe , égorgent une armée \ Us changent en déserts de florissants états , Par des crimes nouveaux comblent leurs attentats , Pétrissent sous leurs pieds la cendre des royaumes i Et l'univers tremblant dit : « ce sont des grands-hommes! «J

Malheur à qui d'un peuple outrage la fierté !

Honte à qui fait ployer les têtes !

Aux sinistres lueurs du glaive des conquêtes ,

Tremble et s'enfuit la Liberté ; Et souvent sur le trône , avec la Tyrannie , Le Crime vient s'asseoir à côté du Génie.

Rois, épargnez le sang des malheureux mortels ,

Et ne le mêlez point avec la fange immonde.

Hélas ! oubliez-vous qu'aux premiers temps du monde ,

La Bienfaisance eut les premiers autels ? Songez , songez plutôt , images de Dieu même , Que le bonheur du peuple est votre loi suprême.

otted-c/tAtuA/ie /.*'

Roi des Français.

Cottts-ptjtUjjpe \et

fëot t/ed J^tançaù.

Monarque-citoyen par la France adopte , Étends sur notre Charte une main tutélaive ;

Fais sur le nouveau trône asseoir la Liberté \ Enlace au diadème un laurier populaire.

Quand à Paris le front de chaque tour Se couronnait d'un turban tricolore , Quand le soleil , brûlant même à l'aurore , De notre gloire annonçait le retour, Des deux partis terminant la querelle Tu fus choisi par trois cent mille voix. La Liberté te prit sous son pavois ; 31 t'en souvient; ne règne que par elle !

Restons unis sans craindre l'étranger.

Si contre nous se liguent les despotes , Toi , ralliant nos frères patriotes , Tu voleras au poste du danger.

Vienne l'instant ; notre invincible armée À pour clairons les chants du coq gaulois ; Nos boucliers sont nos tables des lois Et nos drapeaux brillant dans la fumée.

Vis pour le peuple , et brave le concours De la Licence et de la Tyrannie; Brave ces rois dont la gloire ternie Doit emprunter le vain faste des cours. Qu'une autre gloire à nos yeux t'environne ! Soldat français , de pourpre revêtu ,

Sois vertueux ! l'éclat d'une vertu Efface bien celui de la couronne.

Monarque-citoyen par la France adopté , Etends sur notre Charte une main tutélaire ; Fais sur le nouveau trône asseoir la Liberté ; Enlace au diadème un laurier populaire !

^W^VMIM^

Voici l'instant, messieurs; venez , grands et petits ; Venez voir , venez voir un spectacle gratis ,

Un spectacle risible , un spectacle tragique ; Nous allons Vous montrer la lanterne magique.

Voyez s'ébattre , et rire , et boire et badiner Ces goinfres , accroupis autour d'un bon dîner ! Un malheureux est là , qui gémit à leur porte ; Affamé , languissant , il va mourir ; qu'importe ! Jamais par la Fortune un mortel outragé Devrait-il avoir faim , quand ils ont bien mangé ? Contraste révoltant d'égoïste insolence , Et de misère extrême et d'extrême opulence !

Voyez ce freluquet si bêtement hautain ,

Ce cuistre barbouillé de grec et de latin !

Fier comme un sénateur dans sa chaise curule ,

Comme un sceptre d'ivoire il porte sa férule ,

Et veut tout censurer à tort comme à travers.

Voyez ce rimailleur t qui rabotte des vers ,

A tout ce qu'ont produit la Grèce et Rome antique ,

Préférer de beaucoup son fatras romantique.

Cet autre , décoré du nom de médecin 5 Exerce impunément le métier d'assassin ; Breveté charlatan , il court de ville en ville Exploiter l'ignorance et la crainte servile ; Sa gloire aux yeux des sots , comme un astre , a relui ; Aucun de ses clients ne se plaindra de lui ; Tous sont discrets ; pour mieux les contraindre à se taire, 11 les ferait dormir à quelques pieds sous terre,

Voyez clans un salon cet imberbe faquin ,

Qui , naguère écolier, se dit républicain.

Aurait-il quelques droits à ce beau privilège ?

Sans doute ; il a traduit ses auteurs de collège.

Il peut d'un vieux Romain , d'un rigide Caton

Se donner le maintien, les gestes et le ton.

Nous ne partageons pas (et c'est ce qui l'irrite)

Sa haute opinion sur son petit mérite ;

Fier dans son désespoir , le grotesque marmot

Se dit , comme Brutus : ù la vertu n'est qu'un mot ! a

Voyez ce dameret, jouet des courtisanes, Tout gluant de sirop , s'imbiber de tisanes ; Voyez , messieurs , voyez se traîner d'un pas lent Cet ami des plaisirs , ce cadavre ambulant ,

— fil —

Pâle dès son aurore et vieux dès sa jeunesse; Ce sale débauché ; pétri de lait d'ànessse , Et portant sur le front la marque du trépas , Toujours du fossoyeur croit entendre les pas. Voyez ce vil mari, sans honte et sans scrupule, A la dévotion réunir la crapule , Et , selon la beauté , la fortune ou les rangs , Prostituer sa femme à des prix différents. Voyez , autour de lui , ces Phrynés subalternes , Promener leurs amours au reflet des lanternes , Et, sous leurs pieds fangeux balayant les chemins , Provoquer les passants et leur tendre les mains. Fuyez comme un poison leur perfide tendresse, Jeunes-gens , évitez le piège qu'on vous dresse ! Ces nymphes , dont le front de grâce est revêtu , Sont riches en beauté , mais pauvres eu vertu.

Voyez cet artisan , le cœur gros de vengeance, Ronger avec fureur le pain de l'indigence ; Enfermé nuit et jour dans un sombre atelier, De l'élroite misère il traîne le collier ; Des lâches , insultant à sa pudeur austère , Osent lui proposer un trafic adultère , Et , la bourse à la main , marchandant sa moitié , Au prix de son honneur lui vendraient leur pitié.

Voyez , messieurs, voyez ce crédule jeune-homme; Dans sa ville natale à bon droit on le nomme Artiste, philosophe , écrivain de talent; Mais ce n'est point assez , il veut être opulent. Le voilà dans Paris , dans ce bruyant dédale Où l'intrigue se vautre , où règne, le scandale;

11 cherche la fortune et la céléhrité .

Et meurt dans le besoin et dans F obscurité.

Il se livre aux transports d'une impuissante rage ,

Sans avoir un ami pour lui crier : courage !

Pour soulever sa tête et recueillir ses pleurs ,

Pour amollir du moins sa couche de douleurs.

Mais que dis-je ? un ami! c'est un vrai phénomène !

Une variété de notre espèce humaine !

O toi , <|ui te raidis dans ton dernier linceul,

Dieu te reste du moins , et tu ne meurs pas seul !

Ainsi , littérateurs qu'enflamme le génie ,

Travaillez sans relâche , endurez l'insomnie.

Et puis rassurez-vous ; pour asile dernier ,

A défaut d'hôpital vous aurez un grenier !

Yovez dans son bureau ce seras folliculaire ;

En riant du public, il gagne son salaire.

Son style rebattu brille comme un clinquant ;

Les niais éblouis le trouvent éloquent.

Voulez -vous une phrase ou flatteuse ou maligne ?

Achetez ! tout se vend à quatre sous la ligne.

Voyez ce polyglotte ! II prône Jacotot ;

Tantôt dans sa boutique il dégoise , tantôt

Il récite en public d'assommantes harangues ;

Mais lui-même qu' est-il? un sot en plusieurs langues.

Voyez au clair de lune un chevalier courtois , Qui, pour mieux voir sa dame ; escalade les toits;

Il traverse une cour , et la porte docile A ses pas dérobés laisse un chemin facile. Tout-à-coup , ô revers ! un chien , les yeux ardents , Paraît, dresse l'oreille, et découvre ses dents. Voyez ces deux rivaux arrêtés face à face ; Que deviendra l'amant? que croyez-vous qu'il fasse? Qu'armé d'un froid courage ou d'un mépris moqueur , Sur le cou du Cerbère il pose un pied vainqueur? Oh ! non ; devant le chien notre homme , qui grelotte , Lui laisse dans la gueule un pan de sa culotte ; Honteux comme un renard qu'une poule aurait pris , 11 est heureux encor d'être quitte à ce prix.

Regardez -ce grimaud , appTenti géomètre , Bouffi déclamateur , qui se croit passé maître.

Saurait-il s'élever, clans ses calculs étroits ,

Jusqu'aux proportions d'une règle de trois?

Bien plus ! 11 gesticule, il s'enroue, il s'étrangle

Au sujet d7un sinus, d'une courbe ou d'un angle.

Mais aux poètes-rois du théâtre français

Ce Zoïle hargneux conteste leurs succès.

À l'en croire , « Cinna , Mérope , Iphigénie ,

« Manquent souvent d'intrigue et même de génie.

y Delavigne, Àncelot, Soumet, Dumas, Hugo,

« Rentreraient au néant, s'il disait: quos ego !

o. Beaumarchais , qui du drame ignore le principe ,

« Brille d'un vain éclat , qu'un vain souffle dissipe, w

Et toi , grave Ducis , toi , sombre Crébillon , Un stupide critique , un chiffreur , un brouillon Vous condamne à ramper sur les bancs d'une école ! 11 a d'autres arrêts dressé le protocole : « Arnault , Chénier , Duval , Andrieux et Picard , « Enterrés dans l'oubli , pourriront à l'écart.

« D'Harleville est un sot , et sa muse écolière « Se traîne, en clopinant , sur les pas de Molière.

o Destouches et Régnard, Molière même *i — Assez

De propos saugrenus, l'un sur l'autre entassés1. De Molière aujourd'hui les œuvres sont proscrites ; Molière'..... il est encor l'effroi des hypocrites !

O-Siip™

Voyez , messieurs , voyez ces Tartufes nouveaux

Devant les spectateurs se grimer en dévots.

On les dit bons chrétiens , mais ils font, quoi qu'on dise ,

De leur dévotion métier et marchandise.

Voyez surtout . voyez ce grossier charlatan ,

Souple comme un esclave ou fier comme un sultan ;

Pétri de vanité , de ruse et de bassesse,

Qui sans cesse intriguant , et rebuté sans cesse ,

Tantôt , la tête nue et le cierge à la main , Du Christ , en plein soleil , éclaire le chemin; Tantôt , devant la nef des temples catholiques , S asperge.^ d'eau bénite ou baise des reliques. 0 vous , qu'il a séduits , crédules citoyens , Courage ! flétrissez de semblables moyens. Ouvrez les yeux! Celui que vous croyez fidèle, Celui que vous nommez votre frère modèle , Le sang de votre sang , la chair de votre chair , Est un perfide ami qui vous coûtera cher. Oh ! ne vous fiez point a sa pieuse mine ; Dans le Catholicisme il exploite une mine ! Et son front rougirait , sous la honte abattu , Si vous brisiez d'un coup son masque de vertu. A l'église , il se pose en austère lévite , Et puis , dans les banquets où le monde l'invite , 11 rime . chante et boit, comme les troubadours, Ou valse , en déployant sa gentillesse d'ours.

Scène de carnaval ! Ignoble comédie î Farce de baladin , par les sots applaudie ! Elevé , non sans peine , au rang de marguilliei , Monsieur veut être maire , ou du moins conseiller. Sa folle ambition compte bien des naufrages ! Il persévère ; il court mendier des suffrages. Yoit-il un vieux rentier? Il guette le moment De lui jeter au nez un petit compliment; Il se fait courtisan du richard imbécile , Le conduit par le bras jusqu'à son domicile ; Bref, il doit parvenir ; car toujours les honneurs Sont pour les intrigants et pour les flagorneurs,

Voyez ces érudits voués à la routine , Amuser gravement leur vieillesse enfantine ;

Voyez s'attribuer le nom d'historiens Ces lourds compilateurs , qui ramassent des riens. Vous riez ? croyez-en leur langage candide , Ils égalent Tacite, ou du moins Thucydide.

Voyez cet Harpagon (*) , qui , devant un écu , Fléchirait les genoux, et s'avoûrait vaincu; Voyez-le se gorger de honte et de rapines ! % Il veille dans la crainte , et dort sur les épines. Des biens de sa famille indigne possesseur, Le lâche a ruiné ses neveux et sa sœur. Il entasse chez lui , comme dans un repaire , Les fonds et les contrats qu'a dérobés son père ; Ses enfants grimaciers, qu'il nomme ses bijoux,

(*) L'Avare de Molière.

Singes qui feraient peur , même à des sapajoux , Élevés par lui-même et par sa cligne amie , Comptent l'argent pour tout, et pour rien l'infamie. Que vous dirai-je encor? Ce Bégears (*) effronté , De ses sordides mœurs vante l'austérité . Savez-vous ce que fut et ce qu'est son ménage? Un bourbier d'adultère et de concubinage. Pourrais-je prononcer, sans cracher de dégoût , Son nom ? il salirait la fange d'un égoût !

Le voilà ce spectacle ou risible ou tragique ! Vous avez vu , messieurs , la lanterne magique; Assez pour aujourd'hui ! Si vous êtes contents , Nous vous en montrerons bien plus !.. en d'autres tems.

(*) Le nouveau Tartuve Je Beaumarchais.

oeàteà.

2 Ouvrages de L#-T, Semet :

Jeanne d'Arc, poème en 10 chants (a.c édit.). Guillaume de Nassau, idem (i.re édit.).

Souvenirs poétiques.

mélanges littéraires.

Ouvrages de E<.-T* Semet et •!. Bar rois.

Poésies (i.er recueil, sans noms d'auteurs). Poésies (a.« recueil, avec les noms des auteurs).

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