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Un journal me l'a dit : « Prenez- garde, jeune-homme ;
» De satiriques vers soyez plus économe l
« Rien n'est si dangereux qu'un Tartufe irrité i
« Le tigre dans sa rage a plus d'humanité. »
lia dit vrai ; j'ai vu , contre ma poésie
Les cagots déchaîner leur sainte frénésie;
Et , comme je bravais de stupides clameurs ,
Ils ont , sur mes écrits et sur mes chastes mœurs ,
DistiMé les poisons d'une haine mortelle.
On me criait partout : a c'est moi, c'est lui , c'est elle
Que tu désignes , traitre ! « On aurait volontiers
Mis les vers en lambeaux , et l'auteur en quartiers.
Et moi, je leur disais : « Pourquoi prendre la mouche ?
» Vous ai-je cités? Non. Que tout morveux se mouche !
» Messieurs , vous trahissez votre secret penchant.
« Et quoi î Dans le portrait d'un sot ou d'un méchant ,
» Quelqu'un de vous, messieurs, se reconnaît? Oh! diable!
» Tant pis ! Consolez-vous ; c'est irrémédiable.
» Je puis tout avouer sans rougir ; et d'ailleurs
î» Je n'ai fait que répondre à de mauvais railleurs.
» Comme sur un plastron , chacun sur moi s'escrime ;
» Je saisis mon fleuret et je frappe ; est-ce un crime ?
n Je ne serai jamais le premier agresseur ;
» Mais si vous aiguisez, en feignant ia douceur ,
» L'arme du ridicule ou de la calomnie ,
o Je ne laisserai point votre audace impunie .
» Vos projets rancuniers seront bientôt déçus ;
» J'en ai fait le serment ; réglez-vous là-dessus, o
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C'est assez ; abjurons de ridicules haines ,
Et flattons nos regards d'images plus sereines.
Chantons ce beau pays , où je vécus un mois , ( i)
Où T abrupte glacier se dresse , où le chamois
Sur les vieux monts blanchis qu'un vert gazon tapisse ,
Bondit en se jouant au bord du précipice.
(-J) La Suisse.
« Oh ! la nature ici proclame son auteur ! » Disais-je , et de ces rocs la sublime hauteur, Leurs vastes flancs neigeux , leur sourcilleuse crête Mêlaient à mes transports une terreur secrète. Oh ! devant ces tableaux si grands et si divers , Où les arbres en fleurs , défiant les hivers , Opposent aux frimas leur beauté printanière , Pourrais-je secouer ma cinglante lanière ? Non ! Adieu la Satire où souvent je me plus ; Je promets , cette fois , qu'on ne m'y prendra plus.
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