‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 127 sur 353 · LXXXII. — BALADE · texte numérisé non relu

LXXXII. — BALADE

N ’EsT pas doleur qui metient, einsest rage, (fol.s }v°.a) Dont Amours veut mon las cuer partuer, Qui en nul temps n’amenrist n’assouage, Eins mouteplie et croist, si qu’endurer s Ne la puis plus nullement.

Einsois m’estuet, pour amer loyaument, Morir en dueil et en lonteing desir Pour ma dame que j’aim sans repentir.

Et vraiement de tres humble corage 10 Penray la mort qu'Amours me vuet donner, Com cilz qui siens liges en heritage Sui et seray, tant com porray durer, Et ay esté longuement.

Mais elle m'a, sans nul aligement, 15 En desirant fait trop lonc temps languir Pour ma dame que j’aim sans repentir.

Et s’ Amours a de coustume et d'usage

Qu'elle face morir pour li amer

Ceulz qui sont sien et en son doulz servage 20 Et qui vers li ne saroient fausser,

Ce poise mi vraiement ;

Car je sui cilz qui sui siens ligement

À tous jours mais : si m'en convient morir

Pour ma dame que j'aim sans repentir.

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