‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 128 sur 353 · LXXXIV. — BALADE · texte numérisé non relu

LXXXIV. — BALADE

M cuers ne puet à nulle riens penser Fors qu’à l’amour de ma dame honnourée, Ne je ne puis nulle riens desirer, Fors que veoir sa face coulourée ; s Et puis qu'’einsi loyal amour l’agrée, Je vueil mon temps user, sans repentir, En ce penser et en ce dous desir.

Car la joie de ce plaisant penser

Fait qu'en moy est doleur entroubliée, 10 Et li desirs fait croistre et embraser

L'amour qui n'iert ja de moy dessevrée ;

Et la biauté ma dame desirée,

Qui n’a nul per, souventefois remir

En ce penser et en ce dous desir.

15 S'en vueil Amours mercier et loer Qui m'a donné si noble destinée Que j'aim et serf et desir sans fausser Celle envers qui nulle n’est comparée.

Pour ce li pri, com ma dame et m'amée, 20 Qu'elle vueille mon cuer adès tenir En ce penser et en ce dous desir.

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