‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 159 sur 353 · CXV. — BALADE · texte numérisé non relu

CXV. — BALADE

É ! gentils cuers, loyaus, dous, debonnaire, En qui tous biens sont mis sans departir, Il me convient de vostre dous viaire Mon corps sans cuer en plourant departir.

Las ! si ne sçay que puisse devenir, Car je ne puis sans vous veoir durer ; Et si m’estuet ensus de vous aler.

Mais de vrai cuer, loiaument, sans retraire, Vous serviray tous jours sans repentir,

Ne ja voloir ne me doint de retraire

Dieus ne Amours, car plus chier y morir Vorroit mes cuers c’un tout seul souvenir Peüst en moy d’une autre demourer ;

Et si m’estuet ensus de vous aler.

Et quant j'aim si loyaument, sans meffaire, Que j'y met tout cuer et corps et desir, Certes, mout doit mon dolent cuer desplaire, Quant long de vous me convenra languir, Car nulz ne puet plus amer ne chierir

Que je vous aim, sans folie penser ;

Et si m'estuet ensus de vous aler.

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