‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 160 sur 353 · CXVII. — CHANSON ROYAL · texte numérisé non relu

CXVII. — CHANSON ROYAL

GE loyautés a vertus ne puissance Ne bien amer ne celer sagement N'amer de cuer, en pure obeissance Ne redoubter n’endurer humblement, S Bien me devroit venir aligement, Car par ces sept ay ma dame servie Et serviray tous les jours de ma vie.

Mais tant ne puis envers li desservir Qu'’à son ami me vueille retenir.

10 En li servir voy ma mort qui s’avance Sans nul retour, se pité ne l’en prent, Car je ne puis, sans avoir aligence, Ma grant dolour endurer longuement.

Einsi use ma vie en grief tourment, 15 Car mes fins cuers se tient de sa maisnie Et je sçay bien qu'elle ne le vuet mie ; Einsois m’estuet tout seul, sans cuer, languir, Car je n’en puis ne tant ne quant garir.

S’elle m’ocist, c’iert pechiés et enfance, 20 Puis que je l’aim sans nul decevement ; (fol. 56 v°. b)

CXVIT. 1. Ms. : loyautes et; Loiaulte et v. F. 2. bien servir ne c. DFJN ; bien celer ne servir B. 12. SaDs faire a. E.

Page 1