‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 161 sur 353 · CXVIL · texte numérisé non relu

CXVIL

Et selle vuet de moy penre venjance, Bien vueil morir pour faire son talent ; Car je ne puis morir plus doucement,

S'il plaist Amours, que pour amer m'ocie.

Mais ma dame est de tous biens si garnie, Car à nul fuer ne me feroit morir,

S’ Amour n'’estoit contraire à mon desir.

Sa grant doucour me tient en esperance, Et c’est raison, que j’ay parfaitement Dedens mon cuer la fine ramembrance De sa fasson, où de biauté ha tant

Que riens n'i faut fors merci seulement.

Mais en li est dou tout pour moi faillie, Car je la truis toudis apparillie

De refuser. quant je li vueil jehir

La grant dolour qu’elle me fait sentir.

Et nonpourquant n’en face nulz doubtance, Je l’ameray de cuer sans finement ;

Car fins amis, qui est de tel vaillance

Qu'il ha son cuer assis si finement,

Ne doit penser nulle riens, fors comment La grant doucour d'Amour soit desservie, Qu'en po de temps est Amours si changie Que son ami puet de joie enrichir

Plus v° fois qu’il n’en puet soustenir.

l’envoy (1)

Dame, en qui j'ai mis toute ma fiance,

A vous complein mes dous maus en chantant,

Car je ne puis mon mal ne ma pesence

Ne ma dolour descouvrir autrement.

M$. : morir vueil ; f. mon talent C.

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