‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 223 sur 353 · CLXXV (1). — BALADE · texte numérisé non relu

CLXXV (1). — BALADE

Li ne croy pas qu'oncques à creature

Amours partist ses biens si largement Come à moy seule et de sa grace pure ; Non pas qu'aie desservi nullement

Les douceurs qu’elle me fait,

Mais gari m’a de tous maus et retrait, Quant elle m'a donné, sans retollir, Mon cuer, m'amour et quanque je desir.

Et pour ce sui pleinne d’envoiseüre, Gaie de cuer et vif tres liement Et ren toudis à Amours la droiture Que je li doy ; c’est amer loyaument En foy, de cuer et de fait.

Et ceste amour pensée ne me laist Qui joieuse ne soit pour conjoiïr Mon cuer, m'amour et quanque je desir.

Si qu'il n’est riens où je mette ma cure

Fors en amer et loer hublement

Amours qui me norrist de tel pasture

Com de mercy donnée doucement D'amoureus cuer et parfait.

Mais la merci qui ainsi me refait,

C'est de veoir seulement et oir

Mon cuer, m’amour et quanque je desir.

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