‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 224 sur 353 · CLXXVI. — BALADE · texte numérisé non relu

CLXXVI. — BALADE

N° cuidiés pas que li cuers ne me dueille, Tres douce dame, et que l’amoureus dueil Moult durement ne m’assaille et accueille, Quant je me part de vostre bel accueil, s Qu’au departir si grant doleur recueil Qu'’à vo dous vis dire ,, à Dieu ” ne puis mie: Tant me fait mal de vous la departie.

Car quant je voy vo biauté nompareille

Et vo gent corps qui n’a point de pareil 10 Et vo fresche coulour qui à merveille

Coulourée est de blanc et de vermeil,

Resplendissant si com or en soleil,

Je n’ay vigour ne sens qui ne m'oublie :

Tant me fait mal de vous la departie.

15 Adont desirs asprement me traveille, Art et bruist et [me] demainne à son vueil N’à riens qui soit il ne pense ne veille Fors au retour que tant desir et vueil.

Einsi partirs et desirs dont me dueil

20 Me font languir en paour de ma vie :

Tant me fait mal de vous la departie.

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