‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 261 sur 353 · CCX. — BALADE · texte numérisé non relu

CCX. — BALADE

D° ma dolour ne puis avoir confort, Puis que ma dame en riens ne me conforte, Car de li vient le tres grant desconfort Et le meschief qui si me desconforte Qu’ onques mais nuls homs mortels Ne pot estre si fort desconfortez, Que sa douceur de moy grever ne fine, Pour ce qu'aim tant sa plaisant biautéfine. (fol. 206r°. a)

De tant com je l’aim et desir plus fort

Est la doleur que j'endure plus forte,

Car je l’aim tant que je me tieng pour mort,

Sans nul retour, dont m’esperence est morte Que jamais de li amez,

Nès par penser, soie n’amis clamez.

Helas ! dolens, einsi ma vie fine,

Pour ce qu'aim tant sa plaisant biauté fine.

Et nompourquant j'ay plaisence et deport

En mon meschief, quant elle se deporte

Et prent deduit en la piteuse mort

Qu’ay pour s’amour ; riens plus de li n’emporte. Einsi sui guerredonnez,

Car j’ay langui, dès qu’à li fu donnez,

Et en la fin elle m'ocist et mine,

Pour ce qu’aim tant sa plaisant biauté fine.

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