‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 265 sur 353 · CCXIIL. — BALADE · texte numérisé non relu

CCXIIL. — BALADE

ie maudi l’eure et le temps et le jour, La semainne, le lieu, le mois, l’année, Et les .1ij: yeus dont je vi la douçour De ma dame qui ma joie a finée.

Et si maudi mon cuer et ma pensée,

Ma loiauté, mon desir et m’amour,

Et le dangier qui fait languir en plour Mon dolent cuer en estrange contrée.

Et si maudi l’acueil, l’attrait, l’atour

Et le regart dont l'amour engendrée | Fu en mon cuer, qui le tient en ardour ; | Et si maudi l’eure qu'elle fu née,

Son faus samblant, sa fausseté prouvée, | Son grant orgueil, sa durté où tenrour :

N'a ne pité, qui tient en tel langour (fol. 206 v°. a)

Mon dolent cuer en estrange contrée.

Et si maudi Fortune et son faus tour, La planette, l’eür, la destinée

Qui mon fol cuer mirent en tel errour Qu’onques de moy fu servie n’amée.

Mais je pri Dieu qu’il gart sa renommée, Son bien, sa pais, et li acroisse honnour Et li pardoint ce qu’ocist à dolour

Mon dolent cuer en estrange contrée.

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