‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 267 sur 353 · CCXV. — BALADE · texte numérisé non relu

CCXV. — BALADE

ELAS ! dolens, ma rose est mise en mue Soudeinnement, dont je suis en doubtance

Que sa douceur et son oudeur ne mue

Et sa coulour en estrange muance, Car à l1 hurtent souvent

Bise, galerne et tuit li autre vent

LES PRE me. 2 s

pneus,

(fol. 206 vo. b)

Sens zephirus ; n’en riens ne prent deport

Fors seulement en Loiauté qui dort.

Helas ! je doubt qu’elle ne se desnue De ses fueilles que j’apelle esperence,

Foy, scens, raison, taire, oïr, estre mue

De desconfort, souffrir en pacience

Et vivre joieusement Selonc le temps et amoureusement, Penser à Dieu n'avoir ailleurs ressort Fors seulement en Loiauté qui dort.

Par ces -xij: puet estre soustenue

En douce oudour, en coulour, en vaillance,

Et l’agu vent qui renommée tue

Ne porra faire à son renom grevance, Et Loiauté temprement

S’esveillera, car trop dort longuement,

Pour li aidier ; n’1 voy autre confort

Fors seulement en Loiauté qui dort.

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