‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 31 sur 353 · Ms. : fort a f · texte numérisé non relu

Ms. : fort a f

Plaisant ymagination

Met en son cuer l'impression De sa douce plaisant figure, Dont son fait cent fois embelist.

Sages est qui tel vie eslist.

Mais quant li tristes ymagine

La grant biauté, la douceur fine De celle qui n’a de li cure,

Dont li venroit envoiseüre,

Ou elle aimme un autre que li,

Je ne me tieng pas à celi,

Qu'il a tant de dueil et de rage Que c’est merveille qu’il n’enrage, Ou qu'il ne se tue ou se pent,

Ou que d’amer ne se repent ;

Si qu’il ne porroit nullement Riens faire si joliement

De sa matiere dolereuse

Com li joieus de sa joieuse,

Pour ce qu'il n’a riens qui l’esgaie, Ne matiere lie ne gaie ;

Et s’a desir et povre espoir

Qui sa doleur empire espoir.

Et Musique est une science

Qui vuet qu'on rie et chante et dence ; Cure n’a de merencolie

A chose qui ne puet valoir,

Eins met telz gens en nonchaloir.

Par tout, où elle est, joie y porte; Les desconfortez reconforte,

Et nès seulement de l’oir

Fait elle les gens resjoir.

N'instrument n’a en tout le monde

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