‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 317 sur 353 · CCLXVII. — BALADE · texte numérisé non relu

CCLXVII. — BALADE

R'" ne me puet annuler ne desplaire Que je puisse pour ma dame sentir, Quar la douçour de son tres dous viaire Fait doucement mes doulz maus adoucir ; Son cuer joieus fait le mien esjoir.

Mais s’un petit tient mon cuereneffroy, (fol. 66 ve. b) Que sur tout l’aim et pou souvent la voy.

Riens n’est qu’elle ne peüst dire ou faire

Qui me fut dur n’enuieus à souffrir,

Car son gent corps est de si bon afaire

Et si parfait que n’en puet riens issir

Que je ne preingne en saveur de joir. ° Or m'ont si ueil pris et mis en tel ploy

Que sur tout l’aim et pou souvent la voy.

Mais doulz espoirs maint en moy et repaire Qui ne s’en puet à nulle heure partir, Ains me conforte et joït et esclaire

Par doulz penser et plaisent souvenir.

Et se Diex veult que la voie à loisir,

Je li diray et jurray par ma foy

Que sur tout l’aim et pou souvent la voy.

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