‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 318 sur 353 · CCLXX. — BALADE · texte numérisé non relu

CCLXX. — BALADE

p'’ qu'onques mais vous desir à veoir, Dame, que j’aim, ser, desir et aour ;

Car chascuns dit, et je le tien pour voir,

Que vous estes la souverainne flour

De quanque Diex et Nature et Amour

Puelent creer. Or me doint Diex tel joie,

Douce dame, que temprement vous voie.

Car s’il avient einsi, com je l'espoir, Que je voie vo parfaite douçour, Doubler ferez ma joie et mon espoir, Et si penray scens, maniere et vigour En remirant vostre faitis atour

Et vo biauté. Or me doint Diex tel joie, Douce dame, que temprement vous voie.

Et quant desirs fait que d’umble voloir Vous aim et ser, sans penser deshonnour, Ne me devez pas mettre en non chaloir, Einsois devés et pité et tenrour

Avoir de moy, en gardant vostre honnour Et vostre pais. Or me doint Diex tel joie, Douce dame, que temprement vous voie.

CCLXXI — BALADE

ToucEUR, charité ne confort Ne truis en homme de l’eglise ; N'i a celui qui me confort, Nèfs] que se j’estoie de Frise Venus tous nus en ma chemise, Querans mon pain de jour en jour. (fol. 67 r°. a) Vraiement, c’est petite amour.

Un en y a qui pas ne dort,

Eins m’ameinne maiste devise.

Ces -ij. me confortent mout fort Et me font amour et servise;

Plus n’en y a qui tant me prise Qu’i[l] deingne vers moy faire tour.

Vraiement, c’est petite amour.

Or je vivray jusqu’à la mort:

Aussi feront il, c’est la guise.

Mais trop ha cuer rude et entort, Loing de pité et de franchise, Cilz qui son corage ne brise, Quant son frere voit en dolour.

Vraiement, c’est petite amour.

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