‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 323 sur 353 · Que tu F · texte numérisé non relu

Que tu F

Tu sces que je n’ay en moy rien, Ne ce que j'ay n'est mie mien,

Car mon cuer et mon corps sont sien.

S'en di: ,,aimy !” Quant tout ce que tu as est tien, Car je ne truis qui die: ,,tien”, Ne qui die: ,,je te retien

A mon amy.

Dont je n’ay bon jour ne demy.

Et certes, il pert bien à my Que plus souvent pleure et gemy Que je ne sueil.

S'en ay cuer teint et vis pali.

N'onques par toy tant ne vali Que je sceüsse dire à li Ce dont me dueil.

Or en soit dou tout à son vueil,

Car tout ce qu'elle vuet je vueil,

Soit bien, soit mal, soit joie ou dueil, Car petit vail,

Pour estre amés de son accueil,

Resgardés de son tres dous oueil.

Mais mors sui dou mal que recueil, S'à s’amour fail.

Amours, je t’ay donné le bail

De moy, et encor le te bail.

Mais bien voy qu’en vein me travail, Qu'adès te truis

Preste pour moy faire travail.

Si n’ay fortresse ne murail

Que ne soie dessous le mail Dangier destruis.

[. 93. tout manque dans DF ; est tien manque dans D. 94. Ne je ne truis qui die tien /N.

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