‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 50 sur 353 · XIV. — BALADE · texte numérisé non relu

XIV. — BALADE

O" dist souvent que longue demourée Fait cuer d'ami et d’amie changier ; Mais quant plus sui en estrange contrée, Tant ai je en moy plus ardant desirier, s Et plus convient l’amour monteplier, Dont mes cuers est enracinés et pleins, Dame, coment que vous soie longteins.

Car souvenirs vo face coulourée Et vo bonté qu’on ne puet esprisier,

10 Et vo biauté qu'est de doucer parée Me ramentoit si fort qu’, à droit jugier, Cilz souvenirs me fait souvent cuidier Que je soie de vo biau corps procheins, Dame, coment que vous soie lonteins.

15 Pour ce vous pri, dame, s’il vous agrée, Que moy de vous ne vueilliez estrangier, Car de vray cuer et de ferme pensée Vueil vivre adès en amoureus dangier ; Et mieus morir vorroie qu’ eslongier 20 Mon cuer de vous, qui tous vous est remeins, Dame, coment que vous soie longteins.

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