‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 6 sur 353 · XXII · texte numérisé non relu

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Il est difficile de déterminer la cause des erreurs et des confusions que présente le passage de la Prise d'Alexandrie cité précédemment. Peut-être les renseignements fournis à Machaut sur le voyage de Cracovie étaient-ils trop vagues ; peut-être le poète a-t-1l, de son propre fond et d’après des souvenirs personnels imprécis, introduit des détails arbitraires dans sa description. Une seule chose est claire, c’est qu'il a ajouté aux renseignements positifs qu'il possédait des données nouvelles, dont il est malaisé de déterminer la source et de préciser la valeur.

Après l’expédition de Cracovie, Machaut parle de la campagne de Lithuanie (Lestoe) ; il s’agit de celle des années 1328-1329. |

Le poète s’y arrête avec plus de complaisance ; il mentionne en particulier les victoires remportées sur les «mescreans » et les conversions en masse au christianisme qui s’ensuivirent (1).

À partir de l’époque d’Ottokar Il, les rapports entre les rois de Bohême et de l’Ordre teutonique avaient été des plus amicaux. Les relations personnelles de Jean de Luxembourg avec le grand-maître de l’ordre, la crainte inspirée à l’un et à l’autre par Vladislas avaient encore contribué à resserrer ces liens. Lorsque le grand-maître Werner d’Orseln, demanda des secours à Jean, ce dernier répondit immédiatement à son

(1) Confort d'ami, dans Tarbé, G. de M., p. 106:

Chrestienner fist en une ville

De mescreans plus de :vj: mille.

Li lieus avoit non Medovagle (var. Medoagle }).

Ne tenez pas que ce soit fable,

Qu'’encor prist il -iiij- fortresses

Qui dou païs furent maistresses,

Xedeystain (var. Tedeytain C, C'est Deictan /) et Gedemine, Geguse (var. Eguse /), Aukahaïin (var. Aukahan C, aubain/),etsine Demoura là homme ne femme

Qui ne perdist le corps et l'âme,

Ne riens qui demourast en vie

Malgré le Can de Tartarie

A qui Lectoe est tributaire.

Voy. sur cette campagne en Lithuanie, outre les deux articles cités du comte de Puymaigre, Jirecek, art. cité, p. 81-82 et surtout Jaroslav Goll, Cechy a Prusy ve stredovéku, Prague, 1897, p. 60 et suiv.

appel. Le 6 décembre 1328, il quitte Prague cum magna multitudine bellatorum et se dirige en toute hâte vers les bords de la Vistule. Le 1° janvier 1329, il avait déjà atteint Thorn; de là, après avoir conclu un accord provisoire avec les Polonais, il se rend, en passant par Kœænigsberg, à Ragnit (Machaut connaît le nom de cette ville, cf. la Prise d'Alex., p. 32 : Raguenite) sur le Niémen, un peu en amont de Tilsitt. Il traverse ensuite le Niémen et s'enfonce dans le territoire de Korchef (gouvernement de Kovno, district de Rossiény, paroisses de Skadvilé, Koltyniany, Némokhchty et Odakhof). Dans les premiers jours de février, il assiégeait déjà la forteresse de Medewagen (comme l’appellent les chronistes) (1) — Medovagle, c’est-à-dire Medveigola.

Medovagle, que le comte de Puymaigre identifie à tort avec Miedniki ou Mittau (2), est actuellement une localité inhabitée, de 7,664 pieds d'altitude, située à 59 verstes (63 kim) de Kovno (3).

Grâce à un hiver rigoureux qui avait congelé marais et rivières, le mouvement des troupes s’accomplit sans entraves, et 1l ne fut pas trop difficile de pénétrer dans l’intérieur du pays. Mais Jean se heurta à une résistance énergique de la part des Lithuaniens. Medveigola se défendit avec tant d'acharnement, que Werner irrité décida l’extermination de tous les habitants sans exception. Cependant, lorsque la forte- resse tomba, le grand-maître, sur l'intervention de Jean de Bohême, renonça à son cruel projet. D’après Machaut 6,000 habitants, 3,000 seulement d’après les chronistes reçurent le baptême.

Confort d'ami: mentionne encore la prise de quatre autres forteresses : Geguse, Aukaham ou Aukahain (-an), Gede-

(1) Cf. Schôtter, 1, p. 375.

(2) Rev. des quest. hist.,t. 42, p. 172. — On rencontre déjà la première de ces deux identifications dans Przezdziecky, ouvr. cit., p. 5 et même dans l'étude de M. A. Prochaska, Stosunki krzyiakôw z Gedyminem s Eokietkiem, parue dans le Kwart. histor., t. x, 1896, p. 58; M. Goll, p. 60, n’explique pas ce nom.

(3) Voy. L. Krzywicky, Zmudi staroiytna, p.44 et suiv., 64.

mine et Xedeytain (-am). Geguse, que le comte de Puymaigre n'a pas identifié, est sans doute Guégoujé, c’est-à-dire Geguzkalnis ou Montagne du coucou, tout près de Medveigola. Aukahain, identifié par le comte de Puymaigre, à la suite de Tarbé,avec Auklam en Poméranie, doit être cherché évidemment dans le mêmé rayon : c’est Aukhaim, situé à petite distance de la rivière Doubisse ; vieux sanctuaire païen, il devait étre détruit en 1413 par Vitoft et Jagellon, qui y firent baptiser environ 3,000 Jmoudes. En 1328,les chevaliers teutoniques assiégeaient déjà cette forteresse (Aukahain ou Aukahaim = *Aukakaimas, *Aukakaim) (1).

Quant à Gedemine, on ne peut l'identifier avec Dantzig (Gedenum), comme le prétend Puymaigre (2). Il faut plutôt y voir le Castrum Gedemini ou « Gedeminen hus »,tous deux sur la rive gauche de la Minia, près de Gorjdy,sur le territoire de la Prusse actuelle. Du reste, on peut également proposer son identification avec Gedeminochki, village situé à $0o-51 verstes (s3 kim) de Kovno, dans la paroisse de Koltyniany. Il est beaucoup plus difficile d'identifier Xedeytain.

Avec le professeur Wolter, à qui j'offre ici l'expression de ma profonde gratitude pour le concours précieux qu’il m'a fourni dans l’explication des termes géographiques en question, je serais porté à voir dans cette forme une transformation de Kviedainiai, le Chveidany actuel, situé à 8o verstes (8s klm) de Kovno, à 504 pieds d’altitude (3). Chviedainiai donnerait dans la transcription de Machaut Ksedeïtain + * Kheïdain.

La nouvelle de la trahison des Polonais et de leur marche sur Kulm décida Jean à quitter la Lithuanie et à pénétrer en Pologne, pour se venger de ce manque de parole. Vers le 12 mars, nous voyons le roi à Thorn, et peu après dans la Pologne du nord, sous les murs de Dobrin qu’il assiège.

La première campagne en Lithuanie avait donc été heureuse, « malgré le can de Tartarie a qui Lestoe est tributaire ».

(1) Puymaigre, art. cité, p. 176; Tarbé, G. de M., p. 158. (2) Ibid.

(3) Krzywicky, ouvr. cité, voy. l'Index, s. v.

Si Gédimine se donnait officiellement le titre de prince de Russie, rien d'étonnant à ce que Machaut et ses contemporains l’aient tenu pour un vassal du Khan : à cette époque-là, les princes russes étaient réellement tributaires de la Horde d'Or.

Machaut mentionne encore deux autres campagnes de Jean en Lithuanie et en Russie : pour lui Lithuanie et Russie ne font qu’un.

En effet, nous savons par ailleurs que Jean, outre l’expédition de 1329, en entreprit deux autres en Lithuanie, la première en 1336-37, la seconde en 1345.

En janvier 1337, Jean s’approcha de la frontière ennemie, mais le dégel l’empêcha de pousser plus avant. Il se contenta d'établir sur les bords du Niémen une petite forteresse, appelée Baïerbourg, en l’honneur du duc de Bavière qui avait pris part à cette démonstration (1). En février, il rentrait déjà à Thorn. C’est au cours de ces derniers travaux qu’il contracta sa maladie d’yeux, dont une cécité complète fut plus tard la conséquence.

Les mêmes circonstances défavorables firent échouer la tentative de 1345. Les troupes traversèrent le Niémen, assiégèrent quelques châteaux-forts; mais le dégel survenant, il leur fallut rétrograder (2).

L'allusion malheureusement trop vague de Machaut ne

permet pas de déterminer la part qu'il prit, dans l’un et l’autre cas, à ces opérations militaires.

Nous n’en savons guère plus sur sa participation aux guerres de Jean en Italie. Dans son Confort d'ami, il parle des exploits accomplis alors par le roi. Les détails qu’il donne se rapportent à la première année (1330-1331). Il est muet sur celles de 1332 et 1333. Son but manifeste étant d’exalter son héros, il devait uniquement enregistrer ses succès, écarter les résultats douteux et par conséquent laisser dans l’ombre ses deux dernières campagnes.

(1) Voy. J. Goll, ouvr. cité, p, 68 et suiv.; Schôtter, 11, p. 120 et suiv.

(2) J. Goll, p. 74 et suiv.; cf. Grünhagen, Ueber dic Chronologie des letzten Kreuzzugs Kôünig Johanns dans la Zesfschrift für schlesische Geschichte, xvi.

Quant aux faits qui rentrent dans le cadre de son panégyrique, il les relate avec un certain souci d’exactitude.

Après conquist en Lombardie Parme, Rege, Mode, Pavie Et jusques à -xij- citez;

Et sçay bien que c'est veritez.

Il fut sires de Pietrecent

Et de Lucques... (1).

Pendant l’hiver de 1330, Jean descendit dans l'Italie du nord (2). Après avoir obligé son adversaire Martino della Scala à rétrograder, il entra le 31 décembre à Brescia. Sa popularité grandit rapidement en Italie, grâce à l’attitude conciliante qu'il adopta à l’égard de la population. Plusieurs villes passèrent de son côté : le 12 janvier Bergame, le 26 Crémone, et après elles, en février, Pavie, Verceil, Novare et Milan. Vers la fin de février, Lucques le reconnut comme son seigneur ; le 2 mars, il entra solennellement à Parme, où il réussit à réconcilier les guelfes et les gibelins. Îl soumit également Reggio, Modène, Bobbio, Pavie et Crémone.

Parmi ces localités, Machaut ne mentionne que les plus importantes. Pietrecent, dont il parle entre autres, est évidemment Pietrasanta, qui appartenait à la principauté de Lucques.

Ainsi donc Machaut, dans son récit, n’a garde d’omettre les événements importants et les exploits auxquels est attaché le nom de son protecteur. Quelques détails complètent le

tableau :

Que fist il devant Bassenouve,

À Senoain (var. Senouain C), à Lendove

Et devant là où fu li Hongres

À -c+ + m: homme, — c’est li nombres. (3)

Je suis porté a identifier Lendove avec Landau sur l’Isar,

et de voir dans cette mention une allusion à la campagne entreprise en 1336 par Jean en Bavière contre Louis de

(1) Tarbé, G. de M., p. 106.

(2) Voy. pour la campagne d'Italie, Schôtter, 11, p. 19 et suiv. et Puymaigre, Rev. des quest. hist., t. 52, p. 425 et suiv.

(3) Tarbé, G. de M., p. 106.

Bavière et ses alliés (1). Les adversaires du roi, qui s'étaient fortifiés près de Landau dans une position très avantageuse, ne se risquèrent pas à lui offrir le combat. Ils préférèrent abandonner leurs positions et pénétrer en Bohême par une marche détournée, afin de livrer bataille au roi dans ses propres domaines.

Cette décision fut, à n’en pas douter, le résultat de la peur que leur avait inspirée l’apparition soudaine de Jean sur l'Isar.

Bassenove, qui rime avec Lendove, nous ramène aux expéditions de Jean dans l'Europe orientale. Déjà nous avons rencontré Bassenove rimant avec Glagouve dans le récit du voyage du roi de Chypre ; ce nom n’est, sans doute, qu’une altération de Posen, due à l’analogie de leur consonance (comparez toute une série de noms géographiques de la Silésie en — au, comme Breslau, Glogau et autres). Cette mention de Posen fait naturellement songer à l’époque des relations polono-tchèques, et particulièrement à l’année 1331, date du siège de Posen et de la lutte de Jean contre la coalition que lui opposait Louis de Bavière (2).

Enfin la mention des « Hongres » me paraît également rappeler cette année 1331, au cours de laquelle Jean eut à faire face à l'ennemi sur différents points à la fois, et plus particulièrement l’épisode de Laa. Le duc d'Autriche Othon et le roi de Hongrie, à la tête de forces imposantes, étaient venus offrir la bataille à Jean. Il était au pouvoir de celui-ci de retarder la rencontre, mais non de l’éviter. Le roi de Bohëme ne fut sauvé que par les froids intenses qui survinrent inopinément. Ses adversaires durent battre en retraite. Le secrétaire de Jean écrivit, dans une lettre à l'abbé de Konigsaal, que Dieu avait sauvé le roi : Deus misit lerrorem suum super adversarios nostros et dissipavit eos... Quoi qu'il en soit, Jean avait réussi à se tirer d'affaire, et même, dans

(1) Voy. Schôtter, n1, p. 110 et suiv.

(2) Ibid., p. 32 et suiv.

une certaine mesure, à sortir avec succès de cette aventure périlleuse (1).

De ce côté du Rhin, sur le Danube et au delà des Alpes, la lutte avait pour le prince un intérêt vital. Pour défendre sa situation politique et réaliser ses ambitieux desseins, il lui fallait des ressources considérables, et pour se les procurer, il dut au besoin recourir à la violence envers des populations étrangères encore peu civilisées.

Comme chevalier et comme homme de cœur, une pareille existence ne pouvait que lui être à charge. Aussi, plus se prolongeaient ses séjours dans l’est de l’Europe, plus il se sentait attiré vers le Luxembourg, son pays d’origine, et vers la France, patrie de la haute culture et de l'esprit chevaleresque. Il nese passait guère d'année que Jean ne les visitât l’un et l’autre. Son nom d’ailleurs y brillait d’un aussi vif éclat que dans l’est ou dans le midi de l’Europe.

De ce qu'il fist deça le Rin Me tais, car moult bon pelerin,

‘ Maint chevalier et mainte dame Savent qu'il n’i ot point de blame (2).

Ainsi s'exprime le secrétaire à propos des hauts faits de son héros, qu'il passe sous silence.

À partir de 1327, Jean eut à Paris un pied-à-terre fixe. Philippe de Valois, pendant sa régence, lui avait fait don d’une « meson, dite de Nesle, seant à Paris entre la porte Saint-Honoré et la porte de Montmartre » (3).

Quant il avait besoin de solitude et de repos, il allait les chercher dans sa résidence favorite de Durbuy, en Luxembourg, fief que les comtes de Luxembourg tenaient des

(1) Schôtter, 11, p. 32 et suiv. — Quant à Senoaïn cité plus haut, je suis porté à l'identifier avec Znaim et à voir dans cette mention une allusion au conflit de Jean avec Frédéric d'Autriche et au siège de cette ville en 1328. — Voy. Schôtter, 1, p. 371 et suiv.

(2) Tarbé, G. de M., p. 107.

(3) L'acte qui contient cetie donation nous a été conservé. Voy. Puymaigre, Rev. des quest. hist., t. 52, p. 421, note 6.

comtes de Hainaut (1). C’est dans ce milieu pacifique que Machaut, en son Jugement du roi de Bohême, nous dépeint Jean dans le rôle de juge de controverses amoureuses entre un chevalier et une dame. Le poète nous décrit le château et il entre, à ce propos, dans des détails qui prouvent l’abondance de ses souvenirs personnels :

C'est une roche en mi une vallée, Qui tout entour est d'iaue environnée, Grande, bruiant, parfonde, roide et lée.

Et li vergier Sont tout entour si bel, qu'à droit jugier, On ne porroit nulz plus biaus souhaidier ; Mais d'oisillons y a si grant frapier, Que jour et nuit La valée retentist de leur bruit.

Et l'iaue aussi seriement y bruit, Si c'on ne puet en nul milleur deduit.

Et puis après Li grant rocher tout entour, non pas pres ; Eins sont si long dou chastel, qu'il n'est fers, Engiens ne arcs qui y jetast ja mès. Mais la maison Sur la roche est si bien, qu'onques mais hom Ne vist autre de plus belle fasson, Car il n'i a nessune mefasson.

Et li fontaine An mi la cour, qui n’est mie vilaine, Ains est vive de roche clere et saine, Froide com glace et plus douce que Seine; « Mais le vaissel Ou elle chiet est tailliez à chisel, En un marbre fin, [et] blanc, et si bel Que tels ne fut depuis le temps Abel.

Sus la riviere Est la prée large, longue et pleniere Ou on trouve d'erbes mainte maniere... (2).

Ce que nous venons de dire de Machaut et de son héros se rapporte à la période antérieure à 1330, et suffit, croyonsnous, à caractériser les conditions de vie et d'activité du poète.

(x) C'est aujourd'hui un petit village de Belgique à 13 kilomètres de Marche, sur la rive droite de l'Ourthe. Voy. pour les détails l’article cité de Puymaigre, p. 408, note 2.

(2) Ms. fr. 22545 de la Bibl. Nat., fol. xvi.

Si son service auprès du roi avait ses côtés pénibles, il trouvait, comme je l'ai dit, une ample compensation à ces ennuis dans les rapports de franche cordialité qu’il entretenait avec son maître, comme dans la satisfaction d’avoir pris part à ses glorieux succès. Appui matériel et soutien moral, il s'était assuré l’un et l’autre par la sincérité de son dévouement.

Dans son Confort d'ami, voulant appuyer ses conseils d’un exemple, c’est celui du « bon fils de l’empereur Henri » que notre poète reconnaissant met sous les yeux de Charles le Mauvais.

Venant à parler de largesse et de générosité, Machaut en expose ainsi la théorie :

.…. partout soit li tiens donnez

De tres bon cuer et volentiers, Qu'onques princes pleins d'avarice

Ne fu vaillans : c'est trop grant vice.

Et certes c'est plus grant noblesse D'avoir honneur et povres estre,

Que sans honneur estre grant mestre.

N'est richesse qui honneur vaille :

Honneur est grains, richesse est paille .

Donc qui ha honneur il est riches (1).

A ce propos, le poète donne pour exemple le bon roi de Bohême :

Il ne pouoit estre lassez

De donner, et s'avoit assez Toudis, quelque part qu'il venist.

Et, par ma foy, s'il avenist

Qu'il eust -1j: © mille livres,

Il en fust en un jour delivres, Qu'à gens d'armes les departoit, Et puis sans deniers s’en partoit.

Je le say bien, car je l'ay fait Plus de cinquante fois de fait.

Je ne dis pas en si grant somme Com dessus se devise et somme; Einsois le di par aventure.

Briefment, il n'avoit d'argent cure, Ne riens qu'onneur ne desiroit :

Là ses cuers seulement tiroit (2).

(1) Tarbé, G. de M., p. 102. (2) Ibid., p. 103.

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