‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 91 sur 353 · XLVII. — CHANSON ROYAL · texte numérisé non relu

XLVII. — CHANSON ROYAL

SE trestuit cil qui sont et ont esté Et qui seront estoient en acort Qu'il vosissent descrire la grieté (fol. so r°. b) Et la doleur que couvertement port, Je sui certeins que en [tres]toute leur vie N'’en diroient la millemme partie ; Car il n’est cuers qui le peüst penser, N’entendemens humeins considerer Ne le porroit ne savoir proprement, Et tout pour ce que j'aim trop loyaument.

Car Meseürs m’a mis et enserré

En crueus las de Fortune si fort

Que je me sens nu et desherité

De tous les biens, sans recevoir confort.

Toute tristesse est en mon cuer fichie

Et par li est toute dolour norrie

En moy,n' Amours ne me vuet partuer, Einsois me fait vif languissant durer,

Pour moy faire plus peinne et plus tourment, Sans esperer mercy n'aligement.

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