‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-PétersbourgChapitre 283 sur 313 · EN AMER · texte numérisé non relu

EN AMER

ps que je voy que j'ay le temps perdu Par simplece de loyaument amer

Et foy porter ne m'a pas secouru

Sur desespoir, je vueil tout oublier,

Et des or mais lessier desir ester,

Car nulz ne doit estre tenuz pour sage

Qui femme croit se ce n’est sur bon gage.

Je l’aperçoy à ce que deceü

En ay esté pour croire le parler

De celle qui m'a comme fol tondu

Fait longuement en son regart muser

Et m'a apris c’on ne doit pas cuidier

Et que faillir doit celui par usage

Qui femme croit se ce n’est sur bon gage.

Certainement, se j’eusse cogneü

Au premerain la nature d’amer,

Je n’eusse mie tant com j'ai atendu D'entreprendre sus ces choses gaigier.

Or est trop tart, n’i voy nul recovrier ; Honni soit il et trestout son lignage

Qui femme croit se ce n’est sur bon gage.

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