ACTE III, SCÈNE YI
ARISTE
^ l'on TOUS faisait voir que ce bon air, ces grâces. Ce clinquant de l'esprit, ces trompeuses surfaces, Cachent un homme affreux qui veut vous égarer. Et que l'on ne peut voir sans se déshonorer ?
VALÈRE
C'est juger par des bruits de pédants, de commère*.
ARISTE
Non, par la voix publique ; elle ne trompe guères. Géronte peut venir, et je n'ai pas le temps De vous instruire ici de tous mes sentiments : Mais il faut sur Cléon que je vous entretienne ; Après quoi choisissez son commerce ou sa haine. Je sens que je tous lasse, et je m'aperçois bien A vos distractions, que vous ne croyez rien : Mais, malgré vos mépris, votre bien seul m'occupe ; D serait odieux que vous fussiez sa dupe. L'unique grâce encor qu'attend mon amitié, C'est que vous n'alliez poiLt paraître si lié Avec lui : vous verrez avec trop d'évidence Que je n'exigeais pas une vaine prudence. Quant au ton dont il faut ici vous présenter, Rien, je crois, là-dessus ne doit m'inquiéter : Vous avez de l'esprit, un heureux caractère. De l'usage du monde, et je crois que, pour plaire. Vous tiendrez plus de vous que des le^ns d'autnde Géronle vient; allons...
i02 LE MÉCHANT