‹ PoésiesChapitre 43 sur 150 · LA SIBYLLE PERSIQUE · texte numérisé non relu

LA SIBYLLE PERSIQUE

Pour la reine.

Que Bellone et Mars se détachent, Et de leurs cavernes arrachent Tous les vents des séditions; La France est hors de leur furie, Tant qu'elle aura pour alcyons L'heur et la vertu de Marie.

LA SIBYLLE LIBYQUE Pour la reine.

Cesse, Pô, d'abuser le monde :

Il est temps d'ôter à ton onde

Sa fabuleuse royauté.

L'Arne, sans en faire autres preuves,

Ayant produit cette beauté,

S'est acquis l'empire des fleuves.

LA SIBYLLE DELPHIQUE Sur le double mariage.

La France à l'Espagne s'allie; Leur discorde est ensevelie.

Et tous leurs orai^es finis.

Aiincs du reste de la terre, Contre ces deux peuples unis Qu'êtes-vous que paille et que verre?

LA SIBYLLE CUMÉB

Sur le même sujet.

Arrière ces plaintes communes Que les plus durables fortunes Passent du jour au lendemain; Les nœuds de ces grands hyménées Sont-ils pas de la propre main De ceux qui font les destinées?

LA SIBYLLE ÉRYTHRÉB

Sur le même sujet.

Taisez-vous, funestes langages, Qui jamais ne faites présages Où quelque malheur ne soit joint; La Discorde ici n'est mêlée, Et Thetis n'y soupire point Pour avoir épouse Peloe.

LA SIBYLLE SAMIEXNE Au ^roi.

Roi, que tout bonheur accompagne.

Vois partir du côte d'Espagne Un Soleil qui te vient chercher.

0 \Taiment divine aventure, Que ton aspect fasse marcher Les astres contre leur nature !

LA SIBYLLE GUiLA.NE

Au roi.

0 que l'heur de tes destinées Poussera tes jeunes années

A de magnanimes soucis !

Et combien te verront répandre De sang des peuples circoncis Les flots qui noyèrent Léandre !

LA SIBYLLE HELLESPONTÏQUB Au roi.

Soit que le Danube t'arrête, Soit que l'Euplirate à sa conquête Te fasse tourner ton désir; Trouveras-tu quelque puissance A qui tu ne fasses choisir Ou la mort, ou l'obéissance?

LA SIBYLLE PHRYGIENNE A la reine.

Courage, Reine sans pareille, L'esprit sacré qui te conseille Est ferme en ce qu'il a promis.

Achève, et que rien ne t'arrête; Le ciel tient pour ses ennemis Les ennemis de cette fête.

LA SIBYLLE TIBURTINE A la reine.

Sous ta bonté s'en va renaître Le siècle où Saturne fut maître; Thcmis les vices détruira; L'Honneur ouvrira son école ; Et dans Seine et Marne luira Même sablon auc dans Pactole.

Stances chantées à la suite des précédentes par une Sibylle, au nom de tous les Français.

Donc après un si long séjour, Fleurs de lis, voici le retour De vos aventures prospères; Et vous allez être à nos yeux Fraîches comme aux yeux de nos pères.

Lorsque vous tombâtes des cieux.

A ce coup s'en vont les Destins Entre les jeux et les festins Nous faire couler nos années, Et commencer une saison Où nulles funestes journées Ne verront jamais l'horizon.

Ce n'est plus comme auparavant, Que, si l'Aurore en se levant D'aventure nous voyait rire, On se pouvait bien assurer, Tant la Fortune avait d'empire.

Que le soir nous verrait pleurer.

De toutes parts sont éclaircis Les nuages de nos soucis; La sûreté chasse les craintes; Et la Discorde, sans flambeau, Laisse mettre avecque nos plaintes Tous nos soupçons dans le tombaaa.

Oh ! qu'il nous eût coûté de morts, Oh ! que la France eût fait d'efforts. Avant que d'avoir par les armes

Tant de provinces qu'en un jour, Belle Reine, avecque vos charmes Vous nous acquérez par amoui' !

Qui pouvait, sinon vos bontés, Faire à des peuples indomptés Laisser leurs haines obstinées.

Pour jurer solennellement, En la main de deux Hyménées, D'être amis éternellement?

Fleui' des beautés et des vertus, Après nos malheurs abattus D'une si parfaite victoire.

Quel marbre à la postérité Fera paraître votre gloire Au lustre qu'elle a mérité?

Non, non, malgré les envieux, La raison veut qu'entre les Dieux Votre image soit adorée; Et qu'aidant comme eux aux mortels, Lorsque vous serez implorée, Comme eux vous ayez des autels.

Nos fastes sont pleins de lauriers De toute sorte de guerriers :

Mais, hors de toute flatterie, Furent-ils jamais embellis Des miracles que fait Marie Pour le salut des fleurs de lis»

Couplet chanté par toutes les Sibylles, à la suite des deux pièces précédentes.

A ce coup, la France est guérie :

Peuples, fatalement saurés, Payez les vœux que vous devez A la sagesse de Marie.

Au sujet de la guerre des princes.

Allet à la malheure, allez, âmes tragiques, Qui fondez votre gloire aux misères publiques, Et dont l'orgueil ne connaît point de lois; Les fléaux de la France et les pestes du monde. Jamais pas un de vous ne reverra mon onde; Regardez-la pour la dernière fois.

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