‹ PoésiesChapitre 5 sur 150 · SATIRE PSAPHON · texte numérisé non relu

SATIRE PSAPHON

C'est ce monstre!

GILBERT Qu'entends-je ?

PSaPHON

Oui, son œil le décèle; C'est lui-même; sans doute, il médite un libelle.

C'est un mauvais auteur; hâtons-nous de sortir.

PSAPHON

Jeune homme, écoutez-moi; je veux vous convertir.

GILBERT S'il feut vous écouter, j'aime encor mieux vous lire. Vous me calomniez et blâmez la satire ? Vous êtes philosophe?

PSAPHON Oui, j'en fais vanité , Et mes écrits moraux prouvent ma probité. Fameux par ses talents, que la Russie honore , Psaphon par ses vertus est plus célèbre encore, Mais vous dont l'insolence, en des vers imposteurs. De cet âge innocent osa noircir les mœurs, Et qui, des vrais talents déchirant la couronne, Offensez des auteurs qui n'offensent personne; De la religion soldat déshonoré.

Vous qui croyez en Dieu dans un siècle éclairé, Gilbert, de votre cœur savez-vous ce qu'on pense? Hypocrite, jaloux, cuirassé d'impudence.

Vous ne l'ignorez pas, votre méchanceté Donna seule à vos vers queicjue célébrité. Et l'oubli cacherait votre muse hardie Si vous n'aviez médit de l'Encyclopédie. Encor si , d('Mias(|nani K's pprln s, les dcvois, Vous diffamiez leur Dit'U par d'ulilcs bon mots, Peut-être on vous pourrait pardonner la satire.

Lorsqu'on médit de Dieu , sans crime on peut médire. Mais toujours critiquer en vers pieux et froids. Sans daigner seulement endoctriner les rois, Sans qu'une fois au moins, votre muse en eitase Du mot de tolérance attendrisse une phrase; Blasphémer la vertu des sages de Paris, De la chute des mœurs accuser leurs écrits ; Tant de fiel corrompt-il un cœur si jeune encore ? Infortuné censeur, qu'un peu d'esprit décore , Que TOUS a donc produit votre goût si tranchant ? Vous pajez cher l'honneur de passer pour méchant. A-t-on vu votre muse à la cour présentée, Poir décrier les rois, du roi même rentée? Peut-on citer un duc qui soit de vos amis? Parmi vos protecteurs, comptez-vous un commis? Vend-on votre portrait ? Quel corps académique Vous a pensionné d'un prix périodique ? Des quarante immortels journaliste adoptif, Etes-vous du fauteuil héritier presomptii ? Aux cris religieux d'un parterre idolâtre, En face de vous-même, au milieu du théâtre. Jamais en effigie, assis sur un autel.

Vous a-t-on couronné d'un laurier solennel? Quelle bourgeoise enfin, quelle actrice discrète, Plaignant la nudité de votre humble retraite, De ses dons clandestins meubla votre Apollon , Et vint avec respect visiter votre nom ? Tout le monde vous fuit, votre ami dans la rue. N'osant vous reconnaître, à peine vous salue. Jamais à vous chanter un poète empressé De petits vers flateurs ne vous a carressé.

Et jamais, comme nous, en bonne compagnie

On ne voit chez les grands souper votre génie.

Dans nos doctes cafés, par hasard entrez-vous?

L'un vous montre du doigt, l'autre sort en courroux.

« Le voilà, dit l'auteur. » Et l'auteur lui réplique :

tt Gardez-vous de cet homme : il mord, c'est un critique. »

Mais de tant de mépris méchamment consolé.

Vous sifflez l'univers dont vous êtes sifflé ;

Croyez-moi , laissez-nous vivre et penser tranquilles ;

Sur d'utiles sujets rimez des vers utiles;

Chantez les douze mois, prêchez sur les saisons.

Egayez la morale en opéras bouffons,

Elevez désormais vos talents jusqu'aux drames,

Et sur l'agriculture attendrissez nos dames.

Votre jeune Apollon, qui n'a point réussi ,

Dans la satire encoi ne peut être endurci;

Un jour vous pleurerez d'avoir trop osé rire :

Cessez de critiquer

Eh! cessez donc d'écrire.

Tant qu'une légion de pédants novateurs Imprimera l'ennui pour le vendre aux lecteurs, Et par in-octavo publiera l'athéisme, Fanatiques criant contre le fanatisme; Dussent tous les commis à vos muses si chers De leur protection deshériter mes vers ; Quand même des catins la colère unanime, Sans pilie, m'ôterait l'honneur de leur estime, Et qu'enfin mon courage aurait plus de censeurs Que les sages du temps n'ont de sots défenseurs; Appcleï-uioi jaloux, froid riiaeur, hypocrite ;

Donnez-moi tous les noms qu'un sophiste mérite;

Ja veux, de vos pareils ennemi suns retour,

Fouetter d'un vers sanglant ces grands hommes d'un jour.

Philosophe, cxcusoz ma candeur insolente;

Je crois, plus je vous lis, la satire innocente.

Quoiqu'on Llàme le vice, on peut avoir des mœurs.

Et l'on n'est point méchant pour berner des auteurs.

Auriez- vous seul le droit de critiquer sans crime?

Vous vantez l'écrivain dont l'audace anonyme,

Interrogeant les rois sur leur trône insultés,

Leur dit obcurément de lâches vérités;

Et vous osez noircir celui dont la franchise

Fait aux pédants du siècle une guerre permise;

Qui d'un style d'airain flétrit ses corrupteurs,

Et signe hardiment ses vers accusateurs !

Eh! quel autre intérêt peut dicter ses censures,

Qu'un généreux désir de voir les mœurs plus pures

Pteflearir sur nos Lords, de vertus dépeuplés,

Et nos froids écrivains, au bon goût rappelés,

Onier d'un style heureux une saine morale ;

De leurs partis rivaux étouffer le scandale.

Et, l'un et l'autre amis, noblement s'occuper

De mériter la gloire, et non de l'usurper?

Parlez : au bien public s'immolant par malice.

Vengerait-il le goût, proscnrait-il le vice

Pour l'étrange plaisir de perdre son repos.

D'être gratifie de la haine des sols.

Doté sur vos journaux d'une rente d'injures.

Ou clandestinement diffamé par brochures?

Non; s'il fait dans ses vers parler la vérité.

C'est qu'au fond de son cœur sa franche probité

Ne sait point retenir la haine vertueuse

Que porte au vice heureux l'équité courageuse,

Et cette impatience, et ce loyal mépris

Que tout mauvais auteur inspire aux bons esprits.

A la satire enfin quel poète fidèle,

Vengeur de la vertu, n'en fut pas le modèle?

Perse, qui vécut chaste, en mérita le nom.

Là reposent Condé, Colbert et Lamoignon,

Et toute cette cour de héros ou de sages

Que Boileau pour amis obtint par ses ouvrages :

Interrogez leur cendre, et du fond des tombeaux

Leur cendre véridique, honorant Despréaux,

Justifîra son art que vous osez proscrire.

Et ses mœurs, de son siècle éternelle satire.

Disciple jeune encor de ces maîtres fameux,

Sans gloire, et cependant calomnié comme eux,

Je pourrais au mensonge opposer pour défense

L'estime de Grillon (1), ma vie et le silence.

Mais je veux vous confondre, et voici mes forfaits :

Ma muse, je l'avoue, amante des hauts faits,

Pour rappeler mon siècle au culte de la gloire.

De sa honte effrontée osa tracer l'histoire.

0 douleur! ai-je dit, ô siècle malheureux!

D'une morale impie ô règne désastreux!

Le crime est sans pudeur, l'équité sans courage :

Et c'est de la vertu qu'on rougit dans noire âge.

Visitons nos cités : helas ! que voyons-nous

Qui de l'homme de bien n'allume le courroux!

(1) U. l'abbé de Grillon, dont le suffrage et les bienfaits ne cessèrent d'encourugor le talent poétique de Gilbert.

L'athéisme en déserts convertissant nos temples, Des forfaits dont l'histoire ignorait les exemples. De célèbres procès, où Taincus et vainqueurs Prouvent également la honte de leurs mœurs ; Tous les rangs confondus et disputant de vices, Le silence des lois, du scandale complices. Peindrai-je ces wauxhall dans Paris protégés. Ces marchés de débauche en spectacle ériges, Oti des beautés du jour la nation galante. Des sottises des grands à l'envi rayonnanLe, Promenant ses appas par la vogue enchéris, Vient m corps afficher des crimes à tout prix ; Oii parmi nos sultans la mère court répandre Sa fille vierge encor, qu'elle instruit à se vendre; Jeune espoir des plaisirs d'un riche suborneur, Qui cultive à grands frais son futur déshonneur? Mais partout affligée et partout méconnue, La pudeur ne sait plus où reposer sa vue ; Et l'opprobre, et le vice, et leur prospérité. Blessent de toutes parts sa chaste pauvreté : La fille d'un valet, qu'entraina dans le crime Le spectacle public des respects qu'il imprime. Par un grand dérobée aux soupirs des laquais. Longtemps obscurs fermiers de ses obscurs attraits. Possède ces hôtels dont la pompe arrogante Reproche à la vertu sa retraite indigente : Bientôt de sa beauté, fameuse dans Paris, Vous verrez la fortune échappée au mépris. Au sein de Paris même, encor plein de sa honte, Epouser les aieux d'un marquis ou d'un comte; Armorier son char de glaives, de drapeaux,

Et se masquer d'un nom porté par des héros. Et n'imaginez pas que sa richesse immense Ait de son fol amant dévoré l'opulence; Qu'il soit, pour expier sa prodigalité.

Réduit à devenir dévot par pauvreté.

L'Etat volé paya ses amours printanières, L'Etat jusqu'à sa mort paîra ses adultères. Tous les jours dans Paris en habit du matin Monsieur promène à pied son ennui libertin. Sous ce modeste habit déguisant sa naissance, Penlhièvre quelquefois visite l'indigence, Et, de trésors pieux dépouillant son palais, Porte à la veuve en pleurs de pudiques bienfaits; Mais ce voluptueux, à ses vices fidèle, Cherche pour chaque jour une amante nouvelle. La fille d'un bourgeois a frappé sa grandeur; Il jette le mouchoir à sa jeune pudiîur : Volez, et que cet or, de mes feux interprète, Coure avec ces bijoux marchander sa défaite; Qu'on la séduise. Il dit. Ses eunuques discrets, Philosophes abbés, philosophes valets, Intriguent, sèment l'or, trompent les yeux d'un père. Elle cède, on l'enlève : en vain gémit sa mère; Kchue à l'opéra par un rapt solennel.

Sa honte la dérobe au pouvoir paternel. Cependant une vierge aussi sage que belle. Un jour à ce sultan se montra plus rebelle; Tout l'art des corrupteurs auprès d'olle assidus Avait pour le servir fait des crimes perdus. Pour son pliiisir d'un soir que loui Paris périsse! Voilà que dans la nuit, de ses fureurs complice,

Tandis que la beauté, viclime de son choix, Goûte un chaste sommeil sous la garde des lois, Il arme d'un flambeau ses mains incendiaires, II court, il livre au feu les toits héréditaires Qui la voyaient braver sou amour oppresseur, Et l'emporte mourante en son chai* ravisseur : Obscur, on l'eût flctri d'une mort légitime; Il est puissant, les lois ont ignore son crime.

Mais de quels attentats, nés d'infâmes amours, N'arons-nous pas souillé l'histoire de nos jours ? Quel siècle doit rougir de plus de parricides? Plus d'empoisonnements, de fameux homicides Ont-ils jamais lassé le glaive des bourreaux? Dans toutes nos cites, j'entends les tribunaux Sans cesse retentir de rapts et d'adultères; Je ne rois plus qu'époux rendus célibataires; Le suicide enfin, raisonnant ses fureurs, Atteste par le sang le desordre des mœurs.

Tels turent mes discours; mais lorsque mon courage

A de ces vérités importuné notre âge,

Je n'étais que l'echo des hommes vertueux;

Si j'ai blâme nos mœurs, j'en ai parle comme eux ;

Et démenti par vous, leur voix me justifie.

Mais plus d'un grand se plaint que, divulgant sa vie,

L'audaco de mon vei"s, des lecteurs retenu,

A flétri ses amours d'un portrait recomiu :

De quel droit se plaint-il? Ce tableau trop fidèle,

L'ai-je deshonore du nom de i-on modèle?

Quand de traits ditrerenis, recueillis au hasard.

Pour corriger les mœurs, je compose avec art Un portrait fabuleux et pourtant véritable, Si du public devin la malice équitable S'écrie : Ah! c'est un tel, ce marquis diffamé; Qu'il s'en accuse seul, ses vices l'ont nommé. Suis-je donc si méchant, si coupable?

PSAPHON

Oui, vous l'êtes; Non parce que vos vers, du public interprètes, Noircissent quelques grands que nous n'estimons pas : Immolez au mépris ces nobles scélérats.

Moi-même, ami des grands, parfois je les déprime : Vous nommez les auteurs, et c'est là votre crime.

Ah! si d'un doux encens je les eusse fêtés.

Vous me pardonneriez de les avoir cités.

Quoi donc ! un ccrivam veut que son nom partage

Le tribut de louange offert à son ouvrage,

Et m'impute à forfait, s'il blesse la raison,

De la venger d'un vers égayé de son nom !

Comptable de l'ennui dont sa muse m'assomme,

Pourquoi s'cst-il nommé, s'il ne veut qu'on le nomme?

Je prétends soulever les lecteurs détrompés

Contre un auteur bouffi de succès usurpés;

Sous une périphrase étouffant ma franchise.

Au lieu de d'Alembert, faut-il donc que je dise :

C'est ce joli pédant, géomètre orateur,

De l'Encyclopédie ange conservateur.

Dans l'histoire chargé d'iniiumer ses ronfrènîs,

Gruid homme, car il fait leurs extraits mortuaires?

Si j'évoqae jamais, de îonà àa son journal, Des sophistes du temps l'adulateur banal; Lorscpie son nom suffit pour exciter le rire, Dois-je, au lieu de La Harpe, obscurément écrire : C'est un pe-tit rimeur, de tant de prix enflé, Qui sifflé pour ses vers, pour sa prose siffle. Tout meurtri des faux pas de sa muse tragique. Tomba de chute en chute au trône académique? Ces détours sont d'un lâche et malin détracteur; Je ne veux point offrir d'enigraes au lecteur. Sitôt que l'auteur signe un écrit qu'il proclame, Son nom doit partager et l'éloge et le blâme ; C'est un garant public du plaisir qu'il me vend. S"il fut dans mes bons mots cités pour mon argent, Mon crime fut celui de l'orgueil qui l'enivTe : Lui seul a dû rougir d'avouer un sot livre. Mais qui sont ces auteurs dont les noms offensés Se Tirent par ma plume au sifflet dénoncés?

PSAPHON Qui sont-ils? des savants renommés par leurs grâces, Des poètes loués dans toutes les préfaces, Des hommages du Nord dans Paris assiégés. Craints peut-être à la cour, et pourtant protégés; Que la Sorbonne vante et même excommunie, Et dont les pensions attestent le génie ; Qui, recherches des grands, des belles désirés. Quoiqu'ils soient lus enfin, sont encore admires.

Eh! ce sont ces honneurs qui portent ma colère A revêtir leurs noms d'un opprobre exemplaire. Un critique, jaloux de plaire aux bons esprits,

Ai POÉSIES

Toujours du bien public occupe ses écrits.

Eh ! quelle utilité peut suivre la satire

Lâchement dégradée, et perdue à médire

D'un troupeau d'écrivains au mépris condamnés,

Morts avant que de naître, ou qui ne sont pas nés?

Dois-je exhumer Saint- Ange et mettre au jour Murvillc ?

Dois-je ordonner le deuil de Gudin, de Fréville?

Des cendres de Gaillard dois-je troubler la paix?

Leurs écrits publiés ne parurent jamais :

Quel mal ont-ils produit? D'une affreuse morale

Leur plume a-t-elle fait prospérer le scandale?

Prêché par eux, le vice eût perdu ses appas :

Corrompent -il s le goftt des lecteurs qu'ils n'ont pas?

Mais ceux qu'au moins décore un masque de génie,

Qui d'ailleurs par l'intrigue avec art réunie

A l'obscène licence, au blasphème orgueilleux.

Soutiennent leur crédit sur des succès honteux,

Dont le nom parvenu sollicite à les lire.

Et donne à leur morale un dangereux empire;

Voilà les écrivains que le goût et les mœurs

Ordonnent d'étouffer sous les sifflets vengeurs.

PSAPHON Eh! que pourraient vos cris contre leur vaste gloire? Soixante ans de succès défendent leur mémoire. On se rit, croycr-moi, d'un jeune audacieux Qui du Pinde français pense avilir les dieux.

On juge, rrojez-moi, les vers et non point l'âge. Si je suis jeune enfin, j'en ai plus de courage : Qu'ils tremblent, ces faux dieux, dans leur temple insolent; Je l'ai juré, je veux vieillir en les sifflant.

D'ennuyer nos neveux vainement ils se flattent ;

Si soixante ans de gloire en leur faveur combattent,

Je suis, contre leur gloire, armé de leurs écrits.

Je ne m'aveugle point; d'un sot orgueil épris,

Mon crédule Apollon, sur son faible génie,

N'a point fondé l'espoir de leur ignominie;

Mais sur l'autorité de ces morts immortels.

Des peuples différents flambeaux universels;

Grands hommes éprouvés, dont les vivants ouvrages

Sont autant de censeurs des livres de nos sages ;

Qui, parlant par mes vers, du goût humbles soutiens,

Couvrent de leurs talents l'impuissance des miens : Aux regards du public, que roa voix désabuse, De leur antiquité semblent vieillir ma muse, Et devant mes écrits, ai leur nom appuyés, Font taire soixante ans de succès mendiés. Peut-être ma jeunesse, objet de vos injures, Donne encor plus de poids à mes justes censures : On connaît ces vieillards, sur le Pinde honorés, Politiques adroits, charlatans illustrés : Ceux-ci, pour assurer leur gloire viagère. Dévouant aux faux goût leur Apollon vulgaire. De la philosophie arborent les drapeaux ; Ceux-là, pour ménager leur illustre repos, Flattant tous les partis de caresses égales, Ont juré de mentir aux deux ligues rivales, Et tous, par intérêt, taisant la vérité, Vendent le bien public à leur célébrité. Le jeune homme, ignoré des partis qu'il ignore. De leurs préventions n'est point esclave encore. Rempli des morts fameux, ses premiers précepteurs.

Cest par leurs yeux qu'il voit, qu'il juge les auteurs :

Son goût est aussi vrai que sa franchise est pure :

Comme il sort de ses mains, il sent mieux la nature :

Son libre jugement est désintéressé,

Et son rers dit toujours tout ce qu'il a pensé.

De totre honte enfin vos cris viennent m'instruire.

Pourquoi vous plaignez-vous, si je n'ai pu vous nuire?

PSAPHON C'est toi seul que je plains, intraitable riraeur; Ta mère te conçut dans un accès d'humeur : Depuis, cherchant à nuire, et nuisant à toi-même, Tu deviens satirique et méchant par système.

Ne me prêchez donc plus.

P?APHON Hélas ! l'humanité.

Mon frère, à vous prêcher excite ma bonté : Voyez dans l'avenir quels regrets vous dévorent; Vous n'aurez point d'amis.

Les ennemis honorent.

PSAPHON Point de preneurs.

GTLRERT J'aurai mes écrits pour prôncars,

PSAPHON Quels seront vos appuis?

OTLRERT

Tous les amis des mœurs.

Tons ceux qui du fïuix goût ont rejeté l'empire, Un roi qu'on peut louer même dans la satire.

PSAPHON

Qu'importe? aux pansions nous serons seuls admis. Ayez pour vous le roi, nous aurons les commis,

Sous un roi qui voit tout, ils suivent la justice. Mais soit; n'écrivez plus, et qu'on vous enricliisse; Vous aimez la fortune, et moi la vérité. Trop heureuse à mes yeux la douce pauvreté D'un poète ennobli de mœurs et de courage. Qui peut dire : Jamais de mon avare hommage. Je n'ai flatté le vice, en mes vers combattu; J'ai perdu ma fortune à venger la vertu. Si je vois mes travaux payés d'un peu d'estime, Ce peu de gloire au moins est noble et légitime ; Tous mes écrits, enfants d'une chaste candeur. N'ont jamais fait rougir le front de la pudeur ; Ils plaisent sans blasphème et vivent sans cabales; Mes modestes succès ne sont point des scandales ; Ma muse est vierge encore, et mon nom respecté Sans tache ira peut-être à la postérité.

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