‹ PoésiesChapitre 11 sur 29 · POEME DE NARCISSE · texte numérisé non relu

POEME DE NARCISSE

PAGE 43, vers lo. — Le poème de Narcisse est rempli d'heureuses imitations des anciens. On ne s'attachera point à les faire remarquer toutes : ce soin conduiroit trop loin. On se bornera à rapporter ici le texte de deux morceaux fameux que Malfilâtre a imités d'une manière vraiment digne de ses modèles. L'un de ces morceaux est \ Invocation a Vénus par Lucrèce, l'autre est le Récit de la mort de Laocoon par Virgile. On placera, à la suite du premier, la traduction d'Hénault, et, à la suite du second, celle de M. Delille. Ces traductions tiendront, en quelque sorte, lieu du texte à ceux qui ne sont point en état d'entendre les vers de Virgile et de Lucrèce ; et d'ailleurs quelques personnes aimeront peut-être à comparer entre elles les traductions et les imitations, après avoir rapproché celles-ci des passages originaux.

.ffneadum genetrix, hominum divûmque voluptas, Aima Venus, cceli subter labentia signa.

[. Les notes sont d'Auger.

Notes du poème de Narcisse. 105

Quœ mare navigerum, quœ terras frugifcrenteis Concélébras ; per te quoniam genus omne animantûm Concipitur, visitque exortum lumina solis : Te, dea, te fugiunt venti, te nubila cœli, Adventumque tuum : tibi suaveis da:dala tellus Summittit floreis ; tibi rident œquora ponii, Placatumque nitet diffuso lumine cœlum.

Nam simul ac species patefacta'st verna diei, Et reserata viget genitabilis aura favonî, Aeriae primùm volucreis te, diva, tuumque Significant initum, percussaî corda tuâ vi. Inde ferai pecudeis persultant pabula lœta, Et rapidos tranant amneis ; ita capta lepore Illecebrisque tuis omnis natura animantûm Te sequitur cupide quô quamque inducere pergis : Denique per maria, ac monteis, fluviosque rapaceis, Frondiferasque domos avium, camposque virenteis, Omnibus incutiens blandum per pectora amorem, Efficis ut cupide generatim sœcla propagent. Qua; quoniam rerum naturam sola gubernas, Ncc sine te quidquam dias in luminis oras Exoritur, neque fit lœtum, nec amabile quidquam, Te sociam studeo scribundis versibus esse Quos ego de rerum natura pangere conor.

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