TRADUCTION PAR HÉNAULT
Déesse, dont le sang a formé nos aïeux.
Toi qui fais le plaisir des hommes et des dieux.
Qui, par un doux pouvoir régnant sur tout le monde
Rends et la mer peuplée et la terre féconde,
Je t'invoque, ô Vénus, ô mère de l'Amour !
C'est par toi qu'est conçu tout ce qui voit le jour ; •
Un seul de tes regards écarte les nuages.
Chasse les aquilons, dissipe les orages,
Redonne un air riant à Neptune irrité,
Et répaqd dans les airs une vive clarté.
io6 Poésies de Malfilâtre.
Dès le premier beau jour que ton astre ramène,
Les zéphyrs font sentir leur amoureuse haleine,
La terre orne son sein de brillantes couleurs,
Et l'air est parfumé du doux esprit des fleurs.
On entend les oiseaux, frappés de ta puissance,
Par mille sons lascifs célébrer ta présence ;
Pour la belle génisse, on voit les fiers taureaux.
Ou bondir dans la plaine, ou traverser les eaux;
Enfin les habitants des bois et des montagnes,
Des fleuves et des mers et des vertes campagnes,
Brûlant à ton aspect d'amour et de désir.
S'engagent à peupler par l'attrait du plaisir :
Tant on aime à te suivre en ce charmant empire.
Qu'exerce la beauté sur tout ce qui respire !
Donc, puisque la nature est toute sous la loi.
Que rien dans l'univers ne voit le jour sans toi,
Que sans toi rien n'est beau, rien n'aime et n'est aimable,
Vénus, deviens ma muse et sois-moi favorable :
Je vais de l'univers étaler les secrets.
On croit devoir rappeler au lecteur que Voltaire dans la Pucellê, le cardinal de Bernis et Saint-Lambert, dans leurs poèmes des Saisons, ont aussi imité ce passage de Lucrèce.
Page 82, vers 23.
Laocoon, ductus Neptuno sorte sacerdos, Solemnes taurum ingentem mactabat ad aras. Ecce autem gemini a Tenedo tranquilla per alta (Horresco referens) immensis orbibus angues Incumbunt pelago, pariterque ad littora tendunt ; Pectora quorum inter fluctus arrecta jubœque Sanguineœ exsuperant undas ; pars cetera pontum Ponè legit, sinuatque immensa volumine terga. Fit sonitus, spumante salo ; jamque arva tenebant; Ardentesque oculos suff"ecti sanguine et igni, Sibila lambebant linguis vibrantibus ora
Notes du poème de Narcisse. 107
Diffugimus visu exsangues. Illi agmine certo Laocoonta petunt ; et primùm parva duorum Corpora natorum serpens amplexus uterque Implicat, et miseros morsu dcpascitur artus, Post ipsum auxilio suheuntem ac tela ferentem Corripiunt, spirisque ligant ingentibus ; et jain Bis médium amplexi, bis collo squamea circùm Terga dati, superant capite et cervioibus altis. nie simul manibus tendit divellere nodos, Perfusus sanie vittas atroque veneno ; Clamores simul horrendos ad sidéra tollit : Quales mugitus, fugit quum saucius aram Taurus, et incerîam excussit cervice securim. At gemini lapsu delubra ad summa dracones Effugiunt, sœvaîque petunt Tritonidis arcem ; Sub pedibusque Dea: clypeique sub orbe teguntur.